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MARIE RENNARD a écrit

MARIE-LAETITIA GAMBIE a écrit

CHRISTINE SPADACCINI a écrit

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Dimanche 8 juin 2008

Femme
: En général elle est bien moins forte que l’homme, moins grande, moins capable de longs travaux; son sang est aqueux, sa chair moins compacte, ses cheveux plus longs, ses membres plus arrondis, les bras moins musculeux, la bouche plus petite, les fesses plus relevées, les hanches plus écartées, le ventre plus large. Ces caractères distinguent les femmes dans toute la terre, chez toutes les espèces, depuis la Laponie jusqu’à la côte de Guinée, en Amérique comme à la Chine.

C’est Voltaire qui cause[1]. Et quand Voltaire cause, on ferme sa gueule[2]. Tout au plus se peut- on permettre de relever les occurrences, et constater qu’il use dans sa comparaison de cinq moins contre six plus. Il serait aisé de s’en tenir là. Aisé mais malséant, aussi tentons de développer plus avant le sujet - qui est un l’espèce une sujette. Car ne nous y trompons pas, c’est bien ce qu’est, ce qu’a toujours été la femme, sujette, et même assujettie. Le vocabulaire lui-même en témoigne. Par simple curiosité, et aussi parce que ça nous arrange, listons les synonymes du dissyllabique vocable femme qui figurent au dictionnaire du CNRS, corps sérieux s’il en fut. Amante, bourgeoise, commère, concubine, compagne, conjointe, dame, demoiselle, donzelle, fille, garce, gonzesse, gouge, grande bringue, grognasse, légitime, matrone, maîtresse, moitié, moukère, muse, ménesse, nana, nénette, poule, prostituée, rombière, régulière, servante, virago, égérie, épouse.

On pourra constater sans peine que sur ces trente-et-un termes académiquement choisis, six seulement, voire sept si l’on inclut épouse, ont une connotation positive, tous les autres induisant un jugement de valeur défavorable aux créatures du sexe. Par souci d’équité, nous avons également vérifié les synonymes listés au terme homme, soit cinquante-huit équivalents échelonnés du laudateur au neutre, contre six induisant une idée amoindrissante, tant moralement que socialement.

Comment la femme, qui vient après le verbe et l’homme dans l’ordre de la création, pourrait-elle lutter si même les dictionnaires l’enfoncent ? La femme a de tout temps suscité chez son quasi alter ego homo sapiens sapiens nombre d’interrogations rationnelles. La femme a-t-elle une âme ? Et faut-il la réduire en esclavage ? Dans sa grande sagesse, il a répondu oui aux deux questions, et, comme le souligne Voltaire, il n’est pas étonnant que partout dans le monde l’homme se soit rendu maître de la gueuse, attendu qu’il a d’ordinaire plus de force physique et d’esprit. On a quelquefois, ajoute-t-il, vu des femmes très savantes ou guerrières, on n’en a jamais vu d’inventrices.

And my ass is it chicken[3]? Que Machin n’essaie pas de nous faire croire qu’il ignorait que d’Alembert a beaucoup pioché dans les recherches de Julie Lespinasse pour asseoir ses calculs, et que Pierre Curie n’était qu’un charlot comparé à Marie, et qu’Einstein lui-même n’est pas tout à fait aussi clair qu’on veut bien le prétendre. Si la femme longtemps n’a eu dans le développement des sciences qu’un rôle, non pas subalterne mais discret, c’est qu’on lui a longtemps nié (et nous employons on, dans toute l’acception populaire qui affirme que on est un c..) le droit même d’user de la parole. Qu’on pouffe autant qu’on veut à la lecture de cette assertion, nous nous en battons l’œil, à défaut (encore) d’autre chose. Pourtant force est de reconnaître que laisser les femmes s’exprimer sur leur propre condition, n’est sans doute pas ce qui leur permettra un jour d’atteindre à l’égalité à laquelle elles prétendent.

Qu’un homme brillant fasse part de ses avis sur le beau sexe, ce sera souvent avec un humour qui manque à toute une greluche, même policée, quand elle s’aventure à la harangue. Ainsi devons nous bien admettre que quand une femme qui a réussi cause des autres femmes (ce qui n’est pas tout à fait la même chose que de causer d’elle même), c’est rarement pour les servir. Rendons cependant grâces à Françoise Giroud qui affirma un jour que la femme sera vraiment l’égale de l’homme le jour où, à un poste important, on nommera une femme incompétente. Les évènements politiques français de l’année 2007 semblent d’ores et déjà indiquer qu’on est sur la bonne voie. Sommés de choisir aux présidentielles entre deux candidats également inopérants, 46 % des votants se sont prononcés pour une femme, le plus souvent d’ailleurs pour de mauvaises raisons, mais enfin, ça montre qu’il ne faut pas désespérer de l’humanité. Encore un effort, les filles !

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[1] Dictionnaire Philosophique.
[2] Même s’il nous semble qu’à l’époque tout de même, on aurait dû commencer à cerner avec plus de rigueur les différences physiologiques entre les deux sexes.
[3] Cette citation là n’est pas de Voltaire.
par Marie Rennard publié dans : Vivons heureuses !
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Lundi 5 mai 2008

Un petit beurre de Touyou

Un petit beurre de Touyou

Un petit beurre de TOUUUUUuuuuuyouuuuu, Mariléti !

Un petit beurre de Touyou !

par Les zôt' Princesses publié dans : Vivons heureuses !
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Vendredi 2 mai 2008


Le temps est hésitant aujourd'hui. Moi qui rêvais de me vêtir légèrement d'une robe un peu évasée, en corolle, et d'aller promener ma nonchalance dans les jardins du Luxembourg, il me faudra patienter encore un peu. J'attends l'été plus avidement qu'une abeille, comme elle le soleil me fera renaître à la vie, mon sang délicatement tiédi par ses rayons parviendra enfin à réchauffer un peu mon coeur. J'aspire à l'étouffement que l'on tamise sous un marronnier, en écoutant les cris et les rires des enfants dans le bac à sable. Les sandales largement découpées poudrées par les volutes de sable que la brise et la chaleur soulèvent par bouffées, la peau brillante et colorée, je cèderai en riant aux invitations des amies, nous irons tremper nos petons dans une fontaine. Ah, le délice de me sentir une seconde gagnée toute par l'engourdissement glacé qui m'envahit par les orteils ! je savourerai le long frisson dessiné en arc électrique le long de mon dos, puis je poserai mes pieds transis sur la pierre tiède de la fontaine, je sens sa texture rapeuse contre ma peau, je respire tout contre elle. Nous nous tiendrons silencieuses, les lunettes de soleil nous dissimulant les unes aux autres mais un même sourire de connivence aux lèvres, nous observerons les passants, les passifs, les hallucinés à demi dévêtus affalés sur les chaises vertes artistiquement dispersées autour des points d'eau, les parents attentifs les yeux félinement mi clos et sursautant avec un cri pour corriger l'exécution d'une magistrale bêtise pourtant si tentante !, les amants fatigués et heureux cuisant côte à côte les mains nouées, promesse d'une communion plus intime attendue avec la nuit et sa fraîcheur, les solitaires, les esseulés, les adolescents en quête d'une identité façonnée dans le regard des autres et parlant très fort et en bandes, les romantiques affrontant, le regard crispé et les yeux desséchés, l'insoutenable luminosité d'un livre dont ils ne peuvent différer plus longtemps la découverte ...
par Marie-Laetitia Gambié publié dans : Vivons heureuses !
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