J'me marre

Mercredi 1 avril 2009
Le Viking de ma vie que j'ai (1 m 90, 130 kilos, roux à crinière quand on s'est connus aujourd'hui cheveux courts, comment tu veux que je l'appelle, genre Edge(1) en moins chevalin) c'était son anniversaire il y a deux jours. Il a pas pris cher puisqu'il est plus jeune que moi et je te permets pas de dire que 34 c'est déjà vieux, et ce même si tu as moins de 20 ans. 34 ans c'est à peine le début de l'âge adulte, comme tu vas te le voir démontré pas plus tard que tout de suite : c'est extrêmement vert, jeune et frais.

Donc ... le Viking jeune, vert, et frais d'une année de plus, fait partie de cette catégorie de la population (les "hommes" me souffle-t-on) qui ne te donne JAMAIS d'idées pour son anniv (ou Nowel, puisque le Pernowel est magique et qu'il doit trouver par lecture wifi des pensées ...) ; donc, soit tu as LA révélation ("oooh un dépoileur de trous de nez, il fallait pas mon amour") soit tu lui offres une chemise (déclinable en : cravate, veste, costard, string panthère ...) mais même si tu l'as humilié publiquement à dessein la fois d'avant, pour rien au monde il ne te guidera, parce que ce que lui il aime c'est la surpriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiise. Coup de pot (pour lui et pour moi : c'est la plaie d'offrir un cadeau bof) cette année c'était une année Révélation !

J'y ai acheté,



pour Wii,



le famoso "Guitar Hero".


Eh ouais.

Guitar Hero tu sais c'est le jeu où on te fournit une guitare en plastique Playschool (mon dieu pourvou qué l'homme il lise pas ...) avec cinq touches de couleur sur le manche, que tu dois activer pile au bon moment et de la bonne manière quand sur l'écran s'affiche la couleur correspondante. Si tu fais tout bien en rythme et avec la manière, tu peux vraiment t'y croire, dans les baskets d'un Kirk Hammett (en moins tatoué) ovationné par une foule hystérique en délire.

Fut-ce vraiment une inspiration divine.... depuis deux jours je m'interroge. Parce que depuis deux jours, l'homme n'est plus lui-même. Sous mes yeux zébahis, et dès après que le paquet fut déchiqueté dans un délai que même ma fille aînée ne pourra égaler avant de longues années de pratique (2 secondes 58 centièmes, elle est trrrrèèèès loin avec ses 6 secondes 03), le rockeur qui sommeillait en lui a pris le contrôle de son corps. Mais d'un coup. Et pour te situer, l'homme son trip c'est plutôt AC-DC et Metallica que Sting et Dire Straits ... genre ...

Depuis deux jours, donc, à l'heure de la sieste, l'homme que le docteur Kawashima gratifie d'un "22 ans" s'en déleste encore d'une bonne dizaine d'un coup, et je me retrouve avec un ado à peine attardé (ah, on me souffle qu'à 34 ans ce n'est ni dramatique ni exceptionnel) qui malmène sa "gratte" comme un furieux, torsepoil, jambes écartées bien posées au sol, et donne, en plus de furieux coups de pouce de la main droite et de coups de bassin à la Pelvis Elvis, de la voix heureusement à peu près en rythme. "Heureusement" parce que de la voix, je t'assure, il en a. Hier il était tellement enthousiaste quand le coach lui a dit "Hagar, tu déchires" que j'ai vu le moment où il pétait, en plus de mon tympan survivant, la table basse d'un grand coup de guitare !

L'étonnant c'est que la métamorphose est à effet permanent ! Il est venu me réveiller de ma somnolence bienheureuse devant la mièvrerie de l'après-midi de la 6 pour me signaler que "t'as vu y'a des autocollants pour décorer la gratte c'est délire ! ouaaaaah regarde y'a un viking !"

... o tempora ...

C'est difficilement que j'ai pu l'empêcher de l'accrocher au mur une fois artistiquement décorée comme une R5 tunée, et il a boudé un fameux moment. Jusqu'à ce qu'on aille se coucher en fait...

... o mores ....

Bon, je t'avoue, je regrette quand même pas mon achat. Parce que le hard-rockeur, même boudeur, une fois couché ben ça t'a le câlin viril et décidé, et même si ça sent un peu fort tu le laisses prendre les choses, toutes les choses, en main, et Rock'n'Roll !! Enfin j'me comprends.


Epilogue subreptice : Ce matin sur Ebay j'ai posé une enchère pour la batterie. Qu'on peut jouer avec un autre jeu ... que j'y ai mis une enchère dessus aussi ... et je me suis acheté un tatouage de Hell's angels en décalcomanie. Groaaaaar.


Marie-Laetitia GAMBIE


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(1) Edge, c'est THE méchant pleutre à crinière rousse de la WWE. Ouvre ton Google et va chercher bonheur à testostérone. Amateuses (littéralement a-mateuses d'ailleurs) de chétifs à lunettes s'abstenir ... Moi j'aime le poil et je le vis bien.
Par Marie-Laetitia Gambié
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Lundi 19 janvier 2009


Le site qui accueille mon employeur et, par ricochet, mon auguste présence aux bons jours, s'héberge en un vaste campus verdoyant coincé entre deux autoroutes. Et ça verdoie, et ça verdoie, et aux beaux jours on est hébété de chants d'oiseaux, et y'a deux semaines ça neigeoyait aussi tant et plus ... Des hectares qu'on a, à deux pas des bois d'un côté et des pistes d'exercices à pompiers en short moulant de l'autre, mmmmh. Bref.

Lorsque la horde fonctionnariale a déserté les lieux, soit entre 18 heures et 8 heures le lendemain matin, la Nature enfin délassée reprend ses droits et surtout ses aises ... M'est arrivé de m'y trouver présente, à l'endormissement ou au réveil fébriles, et de croiser encore ensommeillés lièvres, garennes, chats à griffes ou huants, toute cette vie parallèle et cachée que la présence humaine confine aux heures diurnes aux sous-sols truffés de galeries, émaillés de tuyaux très-antiques en réseau serré dont certains, même, percent jusqu'au Château de Versailles. Ca grouille, ça se bat, ça se bouffe.

Il y a quelques mois, au sortir à peine de l'été, on nous avertissait d'une grève meumeuh des transports ; avec une collègue prévoyante et multimère comme moi, on avait obtenu de not'bon mait' le privilège de décaler nos horaires de boulot : arrivées à 7 heures, nous repartirions vers 15 h 30, hors d'atteinte espérions-nous du flot des importuns automobilisés pour peu qu'ils n'aient pas eu la même brillante idée que nous. Il faisait donc vachement nuit et encore bien froid, aux aurores professionnelles, ça n'incite pas à la causette, on se tenait par le bras serrées l'une contre l'autre, on devisait même pas on se hâtait accrochées et tanguant, quand passa devant nous un des gras lapins blancs que les tontes régulières de pelouse ne suffisent pas à effrayer, un de ces lapins d'Alice bêtement tout nu sans sa montre mais très pressé. C'est plaisant de voir des bêtes, au coeur de la ville, on se sent toujours vivre plus fort quand ça arrive, on est surpris, pas besoin d'un Bambi majestueux, rien qu'un bout de lapin et hop on est content. J'avais donc le sourire en regardant les trois bonds du garenne qui s'enfuyait plus vite que je pouvais le suivre, et ma collègue figée à mon bras me sembla tout de même bien lourde d'un coup quand je me remis en branle.

"A quoi tu penses d'un coup là ?
-Le lapin ... tu l'as vu ?
- Bah oui, un beau lapin de laboratoire bien blanc.
- On dirait le mien.
- Ah bon tu as aussi un lapin ? chien je me souvenais mais pas lapin.
- Oui ...
- C'est sympa ça comme bête ?
- (soupir) ... Ah non alors ! ...
- ... ?
- Non c'est une vraie carne ...
- Explique.
- Ben déjà le mien il arrête pas de mordre
- Cela dit tu peux pas lui en vouloir, pour un rongeur c'est même pas une seconde nature ...
- Ah mais il mord que les doigts cette saleté. Quand tu prends un lapin pour tes gosses, c'est pour qu'ils puissent le caresser, lui y'a jamais eu moyen ... Il mord fort comme tout !
- Eh ben ... Ca fait longtemps que tu l'as ?
- ... (mine déconfite)
- Ca doit pas vivre très vieux en principe ça, non ?
- Il est malade depuis des années le mien en plus ...
- ...
- Tu sais tout à l'heure je regardais le lapin et je me disais que j'allais amener le mien et le lâcher sur le domaine ...
- A ce point ?
- Oui je peux plus le supporter. Cette saleté il a commencé à faire des boules, le vétérinaire a dit "c'est un cancer laissez-le tranquille et s'il souffre, s'il arrête de manger, on le piquera"
- Bon tu vas pas avoir à l'abandonner alors !
- ...  !
- ?
- Ca fait trois ans.
- ... ?
- Le vétérinaire, les boules. Ca fait trois ans qu'il a des boules. Maintenant il en a partout. Il a pris un kilo, tu te rends compte un kilo sur un lapin nain ? Il arrête pas de bouffer.
- ...
- Il veut pas crever. Et il arrête pas de mordre le salaud.
- ..."

Je ne saurais pas dire pourquoi, peut-être parce que c'est une personne qui fait usage en principe d'un langage toujours châtié et que seul un lapin cancéreux hargneux pouvait faire sortir de ses gonds verbaux, mais à ce point-là du dialogue, le fou rire m'a prise. L'énorme fou rire, l'inextinguible, celui qui emporte les foules quand il est bien mené, qui vous ruine un amphi, qui vous coule un orateur.
Elle m'a regardée, désemparée, vexée une demi-seconde .... A tenté de poursuivre ... J'essayai de me contenir mais rien n'y fit, une fois lancée je ne peux plus m'arrêter. Je tentai bien d'en placer une entre moi et moi :
"et ... et ... et il a quel âge maintenant ?"
Elle m'a regardée une dernière fois sévèrement : "cette salope de pute il a sept ans !" les sourcils froncés et la mine austère ... Je me suis assise par terre pour baver à mon aise. Et plus elle râlait et jurait sur cette pauvre bête plus je hoquetais, elle a enfin été gagnée par mon hilarité. On s'est retrouvées donc, deux follasses hystériques, le cul sur le sol trempé, à regarder sauter ces cons de lapins à sept'du en morvant à qui mieux mieux notre gaité inattendue. Je crois que c'est un de mes meilleurs souvenirs professionnels.

A l'heure où j'écris ces lignes, le lapin est toujours vivant.


Marie-Laetitia GAMBIE
Par Marie-Laetitia Gambié
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Vendredi 5 décembre 2008

Ah, l’adolescence !

 

Douce période à laquelle on repense souvent avec un brin d’émotion, même si beaucoup de souvenirs adolescents sont empreints de ridicule et de moments gênants. Bon, ça ne me concerne pas vraiment, parce que j’ai toujours été une enfant adorable, gentille, polie, respectueuse, bonne élève, bref, une vraie princesse. Dans les faits, je n’avais pas vraiment le choix, parce qu’être adolescente, dans ma famille, c’était comme jouer dans un remake du Prisonnier (I’m not a number, I’m a free woman !). Sauf que ma mère, elle répondait toujours : « tant que tu vivras sous mon toit, tu ne seras ni free, ni woman. » Quant à mon père, dans son regard, je reste un truc maigre couvert de sparadraps et vêtu d’un sempiternel short rouge, raison pour laquelle il continue aujourd’hui encore à m’appeler « Mowgli ».

 

Bref, tandis que les copines (autorisées, elles, à se rendre à des boums) se déhanchaient sur « Touch me now », moulées dans leur salopette-short, moi, je visionnais une énième diffusion de Thierry La Fronde à la télé. Dur. Alors qu’elles découvraient leur corps et les premières sensations du désir dans les bras de concentrés d’hormones montés sur ressort, je dois mes premiers rêves érotiques à un type engoncé dans un collant et dont le torse velu était dissimulé sous une grosse médaille. J’en ai passé des nuits à coller mes lèvres à celles inexistantes de Thierry de Janville, planqués dans des fourrés épineux pendant que la garde passait son chemin… Par bonheur, Billy Idol a sorti son tube Rebel Yell et a remplacé aussitôt le bas collant dans mes rêves. Rah, quelle fille des années 80 n’a jamais fantasmé sur le buste dénudé du beau blond aux airs de bad boy, hein, en vrai ?

Bon, dans la vie réelle, à l’époque, les garçons de mon village portaient le jeans  à  hauteur de nombril et le t-shirt Lacoste, pour les plus coquets, Modia pour les autres. On se retrouvait le samedi après-midi sous le préau de l’école (oui, l’après-midi, j’avais le droit de sortir, pour de sombres et obscures raisons de parties électriques qu’on ne touche pas lorsque le soleil est levé) et on passait notre temps à se moquer les uns des autres. Si un garçon prenait pour cible une fille en particulier et la harcelait jusqu’à ce qu’elle soit au bord des larmes, ça signifiait qu’il voulait sortir avec elle. C’est un peu compliqué à suivre au début, mais on s’y fait rapidement. Si une fille et un garçon se fâchaient vraiment entre eux, toutes les filles et les garçons ne se parlaient plus. En général, après trois jours les garçons désignaient un médiateur chargé de rétablir la communication entre tous. S’ensuivaient encore quelques virulents échanges verbaux, avant que certains en profitent pour se raccommoder en se partageant des Hollywood Chewing-gum prémâchés au goût citron. Ou des Malabar Menthe. Parfois, ces baveuses réconciliations débouchaient sur une véritable histoire d’amour, qui durait au moins deux semaines. Tout le problème des relations résidant dans le fait qu’on voulait bien s’embrasser, mais pas passer du temps ensemble. Parce qu’à choisir, perso, je préférais et de loin rester des heures durant avec ma pote Yas à avaler des pains à l’ail en écoutant U2, en discourant sur nos problèmes de seins qui poussaient et autres soucis de pilosité, à se plaindre du terrible joug parental, à s’échanger des considérations philosophiques sur les mecs et à échafauder des plans sur la comète pour quand on sera indépendantes et libres, plutôt que de laisser un maigrichon boutonneux prendre les mesures de mes bonnets A.

 

 

A croire que si le vocabulaire a changé, les problèmes existentiels restent éternellement les mêmes !

Marie-Christine BUFFAT

 

Par Marie-Christine Buffat
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Jeudi 4 décembre 2008
"Ouais mais nan paske stuveux .... ouais ... ouais ... nan mais chu trop d'accord quoi j'veux dire ... ouais ... haaaaaaan nan tu charries ? ... nan ... ouais ... à donf ... ah nan mais c'est trop trop ça en plus quoi ... grave ... ouais mais on est trop trop d'accord à chaque fois ça m'fait trop trop marrer .... hi hi hi..."

Après cette forte démonstration de complicité adolescente par portable entremis, la demoiselle raccroche et se tourne vers sa coreligionnaire en transports urbains pour lui faire part séance tenante de son ressenti exalté sur la conversation haletante qui l'a tenue occupée dix longues minutes, en des termes laconiques et efficaces.

 "S'tait Valou. T'sais la pouff à gros nibards. T'vois c'est qui ? Quelle conne chte jure celle-là. Ouais elle arrête pas de draguer le keum que j'kiffe". 

Là où ça devient rigolo c'est lorsque je croise le lendemain la même coreligionnaire seule, sur laquelle se rue du bout du wagon une jeune fille dont au premier coup d'oeil et malgré toute ma bonne volonté hétérosexuelle je ne peux m'empêcher de noter les attributs sexuels fortement corpulents exhibés à grand renfort de couleurs criardes, qui se dandinent agréablement et sans la contrainte d'un soutien-gorge au rythme de son amble de droite et de gauche. Et que son téléphone sonne. 

" Ouais mais nan paske stuveux .... ouais ... ouais ... nan mais chu trop d'accord quoi j'veux dire ... ouais ... haaaaaaan nan tu charries ? ... nan ... ouais ... à donf ... ah nan mais c'est trop trop ça en plus quoi ... grave ... ouais mais on est trop trop d'accord à chaque fois ça m'fait trop trop marrer .... hi hi hi..."

"S'tait Loula. T'sais la crevette à gros cul. T'vois c'est qui ? La pauv' meuf a croit qu'elle a une chance avec Kevin ..."

J'ai chaussé mon lecteur mp3 et laissé Bobby McFerrin m'emporter... Et sans rigoler en plus.


Marie-Laetitia GAMBIÉ
Par Marie-Laetitia Gambié
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Mardi 27 mai 2008

Chers internautes, chères internautes,
pour la première fois depuis l'invention de l'internet,
pour la première fois depuis l'invention de l'euromillion,
moi, Marie-Laetitia Gambié, grande prêtresse de la caste des suce-tirets,
grande ordonnatrice des accents aigus fâchés,
je vous livre,
en exclusivité mondiale,
AVANT le tirage de VENDREDI !
et avec un taux de réussite de 99,99999% ...


un des RESULTATS de l'EUROMILLIONS :


6   -   14    -   22    - 25     -  36     - 40     - 45 

est bel et bien, avec un taux de sécurité de 99,99999%, une COMBINAISON GARANTIE PERDANTE !

J'invite mes coreligionnaires à faire de même et à vous permettre, ainsi, D'ECONOMISER EN TOUT 6 MISES PERDANTES !

Vous pouvez adresser vos dons en liquide, espèce, nature, à mon adresse personnelle pour obtenir toute autre combinaison perdante avec une marge de sécurité de 99,9999%.

Ici-même, demain, par simple apposition des mains sur l'écran, en huit dixièmes de seconde, vous saurez avec certitude si oui ou non vous êtes enceinte et crédule (2)!


___________________________________
(1) Perdants. Résultats perdants. Ah mais si mais si, ce sont aussi des résultats ! Juste un peu plus longs à donner, comme le tiercé dans le désordre, on vous donne pas toutes les combinaisons ? Ben c'est pareil ! Comme quoi faut toujours lire les renvois, notes et toutes petites lignes en bas de page !
(2) Probablement crédule, si vous avez réfléchi ne fût-ce qu'une sprouchième de seconde, si si ne niez pas j'ai vu le plissement dans votre oeil (gauche).  Quant à  la cruciale question "enceinte ou pas",  quand on voit qu'il existe des sites internet qui vous prédisent le sexe de votre futur bébé à condition de renseigner la date de conception, l'heure, la position, la taille du zi... pouf pouf ... enfin bref, y'a des nanas pour aller sur des sites aussi con, alors je suis certaine que ça marcherait le cybertest de grossesse !
(2 bis) Si vous êtes un homme, vous n'êtes probablement pas enceinte. Je sais, c'est moche mais c'est ainsi. Ne pleurez pas, vous êtes le sexe fort on peut pas tout avoir non ? Si ? M'enfin vous êtes trop gourmand ! Et pi croyez-moi, les nausées c'est pas de la tarte ! Franchement ! Et l'accouchement, vous y avcez pensé à l'accouchement ? Ah ben oui parce que c'est pas le tout qu'il entre, faut qu'il sorte, le bambin, pi vachement plus grand en plus qu'à l'entrée ! Ah, on y réfléchit à deux fois finalement hein ?
(2 ter) Rien de spécial mais si vous êtes arrivé jusque-là : on se tape une belote ? J'm'emmerde.

Par Marie-Laetitia
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Vendredi 25 avril 2008

Une petite fille d’Acadie à sa mère :

- maman, maman, j’ai entendu un airplane.

- on dit avion, ma chérie.

- maman, maman, j’avions entendu un airplane.

 

Par Marie Rennard
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Vendredi 18 avril 2008



"Salomé-Aaaaaaaaaaannnnnnnne !!!! Salomé-Aaaaaaannnnne !!!!! Attrape z'y moi un vingt minutes faut que j'retapissais !" Vlan que je t'ouvre le sac-besace aux couleurs de la starac en écrabouillant les coudes pourtant timides de ma quinquagénaire de voisine, que je te sors le fard à paupières VERT et que j'entreprends la remise en état du siècle. Jamais compris comment elles arrivent à se mettre du crayon entre les cahots du train sur une ligne parfaitement droite.

"Oooaaah maman, c'est pas possible que quand t'étais môme il était encore vivant Desproges ! chanmééééééé .... n'empêche .... 'tain t'es drôlement vieille en fait !"

J'invente rien, j'l'ai entendue dans le RER ce matin celle-là.

"Non mais oh, la mouflette, d'où tu causes comme ça à ta mère ? Elle est vulgos et a cause pas français mais un peu d'respect quand même bordel, ça pourrait être tammm...."
Ben non, pensez bien, j'ai rien dit...
A bien détailler la matronne, loquetée comme sa fille en plus fluo, je me suis aperçue qu'elle me faisait l'effet d'une gamine et je m'ai pris un sale coup de vieux derrière la nuque ... Putain de gosses ....

Ben ouais, quand qu'on était mômes, nous le Desproges on le voyait à la télé dans sa Minute dérisoire dont la verbeuse acidité manque tant à l'intelligence très relative des actuels humoristes de la vague "cynique". Je comprenais pas tout, mais ce doux dingue à la tronche poupine m'éclatait par son air de ne pas y toucher et je chopais toujours un mot que je connaissais pas et que mon père mettait deux plombes à m'expliquer, c'était bien chouette.
Alors voilà, en hommage et aussi parce que j'ai un fond de mayo à finir, je lance le "poussin cru sauce melba", sûr qu'il aurait adoré.
A la bonne vôtre !

Par Marie-Laetitia Gambié
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Vendredi 4 avril 2008
Comme vous ne le savez sans doute pas si vous n'êtes pas de mes intimes, j'ai eu la malchance, l'été dernier, sans l'avoir pour autant aucunement sollicitée puisque je fuis avec application tout ce qui ressemble de près ou de loin à du sport en général et à un lever de poids en particulier, or donc j'ai eu la malchance, disais-je, de constater personnellement en mon for intérieur à moi que le poumon n'est collé à la paroi du thorax que par le caprice d'une dépression entre les deux plèvres qui, pour nous permettre de respirer sans que ça fasse "scratch - aïïïïïïeeeeee" à tout bout de champ glissent en outre l'une sur l'autre sans être collées, avec une onctuosité presque sensuelle enfin ça c'est quand tout marche bien ... Parce que quand ça marche pas, plus, les deux plèvres, celle qu'est collée au poumon pi celle qu'est collée aux côtes, s'écartent l'une de l'autre par exemple parce qu'une saleté de bulle pourrie qui dormait là depuis votre vie intrautérine explose plop ! de l'air pénètre là où il n'en faut pas, et plouf en moins de temps qu'il n'en faut à un arthritique pour monter les trois marches de son perron et tourner la clé dans la serrure - ce qui peut je vous l'accorde faire quelques paires de minutes ... - eh ben le poumon qui n'est qu'un sac plein d'air, cessant d'être aspiré par le vide entre les plèves, s'affaisse comme un ballon de baudruche après trois jours d'ensoleillement, jusqu'à, parfois, tomber complètement dans la cage thoracique. Et alors là, forcément, avec un poumon sur deux, vous respirez moins bien. Enfin *je* respire moins bien, en l'occurrence. Donc je m'ai fait un pneumothorax, c'est ainsi que ça s'appelle. "Aaaaaah c'est ça le truc qu'i z'en causent tout le temps dans Urgences ...." votre regard s'illumine ! Voui, c'est ça ! Or donc, quand on en a eu un, on vous avertit gentiment que les risques sont élevés d'en refaire un, deux, douze autres, dans les deux ans qui suivent. Après, ma foi, soit les statistiques n'existent pas parce que vous avez changé de médecin, soit y'a réellement moins de risques. Du coup ça rend un peu parano ... Si si ... Au moindre petit point de côté après un fou rire, au premier début d'essoufflement parce que vous avez repris trois fois du confit et/ou du Gevrey-Chambertin 2002, vous vous précipitez chez le radiologue pour lui montrer en sus, enfin plutôt en d'sous, de votre généreuse poitrine que vous gonflez à bloc, vos côtes, vos poumons, vos bronches, toute la tuyauterie. Je confesse que dans le genre parano je me pose là, et je pense que je dois afficher un nombre de becquerel assez phénoménal ces temps-ci ... Mais même les bonnes choses ayant une fin, les mauvaises aussi a fortiori ! Après quelques semaines d'hystérie j'ai fini par me calmer et j'ai appris à temporiser un peu avant d'appeler les secours. Je me contente d'angoisser mon époux...

Et puis, y'a une semaine de ça, vlatipas qu'une douleur vive me prend sous le sein gauche. Persistante, pointue, précise. Une douleur qui m'est hélas familière. Je fais mine de n'y pas prêter attention et vaque à mes occupations saturniales tout en gardant le pivert sous surveillance, repassage, balai, hop un petit verre de Gevrey (ah non merde je l'ai fini la veille), dessin avec Mathilde, bains des filles, sieste ... Hop je m'assois, "toc toc" la vrille revient. Hop je me relève vlan elle se déplace, mais toujours là. Merde. Je me penche en avant, me rélève, me penche, me relève, me tortille... Pas moyen de faire passer la douleur. Je gonfle à fond les poumons, expire profondément, aïe aïe aïe que c'est pénible. Ca fait bien deux mois que je n'ai pas eu de radio. Je me tâte encore et encore ... Le point déterminant en juillet avait été cette affreuse sensation de truc dégonflé qui se déplace dans ma poitrine quand je me balance d'arrière en avant, c'était, m'a-t-on expliqué, ce trou d'air dans mes vols réguliers, qui bougeait avec moi.Flic floc chlop, essoufflement, décollement, déchirement, un scotch qui se désunit juste au creux de l'inspiration et pas de muse à l'horizon ... J'ai les miquettes. On m'a mise en garde, c'est pas que ma faute si j'ai les jetons ! "Poumon gauche ça peut se ratatiner et tomber sur le coeur et alors là .... " j'aime pas les points de suspension des médecins, mais alors, vraiment pas. J'ai déjà pas mal de points d'interrogation, d'exclamation, mais ceux-là .... non ! Je lâche laconiquement à Chéri un état des lieux de mes in and out pulmonaires ... "Ah" me lâche-t-il ... Quoi dire d'autre, au fond ? il me prend dans ses bas, se serre bien fort contre moi ... Sa tête repose contre mon sein, de plus en plus lourde. Soudain, quelque chose se déplace, dans un mugissement contrarié ... "bluiiiiiiipgloupchhhhhh" et un looooooong pet sonore et perlé vient saluer sa tendresse douce. Il s'esclaffe, pas plus choqué que cela ... Je me retourne ... L'oppression, là, s'est dissipée d'un coup ... Se pourrait-il ... ?


Au matin, après une nuit sans lune (1), mon ventre avait diminué de moitié ...     

______________________

(1) ca n'a aucun intérêt dans le feu du discours, qui, en lui-meme n'est déjà pas passionnant, mais j'adore ce morceau de phrase "après une nuit sans lune" et j'arrivais pas à le placer
et (2) moi aussi je peux faire des notes de bas de page pour de rire !
Par Marie-Laetitia Gambié
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Mercredi 2 avril 2008
(ressucée de chez Hemi)

Les déplacements biquotidiens en transports en commun sont une épreuve pour une misanthrope agoraphobe telle que moi, dotée en outre d'un odorat surdéveloppé hypersensible aux odeurs corporelles. Matin et soir je me tasse dans des bus et trains bondés en compagnie de quelques centaines de milliers d'autres franciliens effectuant leur indispensable transhumance. Les cahots, la chaleur, les odeurs, les prises de bec, les coups de coude. Jour après jour, lasse et respirant par la bouche autant que faire se peut, je survis à cette épreuve, en apnée mentale, des écouteurs dans les oreilles, tâchant de faire pénétrer dans mon cerveau un semblant de quiétude par le choix judicieux d'une liste de lecture savamment étudiée. Peine perdue. Les autres sont là, ô combien.

Ce matin, RER B. Deux jeunes gens parlant fort, le poil follet ornant un menton qui s'équarrit avec le début de l'imprégnation hormonale, se gaussent bien haut en compulsant un magazine supposément peu culturel, vautrés sur les strapontins, toutes jambes dehors, pataugas taille 48 bien étalées en travers du passage. Les gens alentour les contournent sans piper mot, inquiets à l'idée de tancer 180 kilos de chair fraîche munis de quatre poings en parfait état de marche le tout élevé au big mac sous la mère, et bien dense. Ni une ni deux, forte de ma grande gueule qui en a vu d'autres, alors que le RER entre en gare, déjà, je bouscule ostensiblement celui des deux lascars qui est le plus proche de la porte de sortie, en lâchant dans un grognement un laconique "pouvez pas vous pousser ?". Le jeune homme, plus jeune qu'homme à la réflexion, remonte prestement ses jambes, manifestement gêné d'avoir été ainsi remis à sa place par une presque vieille (32 ans pensez donc) et bafouille un "quoi ?" à l'endroit de son pote. Négligeant de répondre à l'audacieux, j'appuie le pouce de ma main droite sur le bouton qui doit actionner le mécanisme d'ouverture de la porte et me permettre d'aller prendre ma deuxième correspondance dans le flot humain et la joie intense et mal dissimulable (tiens, un zeugma). Point d'ouverture. C'est de l'autre côté.

Par Marie-Laetitia Gambié
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Pourquoi ce titre ?

MARIE RENNARD a écrit

MARIE-LAETITIA GAMBIE a écrit

CHRISTINE SPADACCINI a écrit

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