Pourquoi ce titre ?

MARIE RENNARD a écrit

MARIE-LAETITIA GAMBIE a écrit

CHRISTINE SPADACCINI a écrit

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Mardi 27 mai 2008

Chers internautes, chères internautes,
pour la première fois depuis l'invention de l'internet,
pour la première fois depuis l'invention de l'euromillion,
moi, Marie-Laetitia Gambié, grande prêtresse de la caste des suce-tirets,
grande ordonnatrice des accents aigus fâchés,
je vous livre,
en exclusivité mondiale,
AVANT le tirage de VENDREDI !
et avec un taux de réussite de 99,99999% ...


un des RESULTATS de l'EUROMILLIONS :


6   -   14    -   22    - 25     -  36     - 40     - 45 

est bel et bien, avec un taux de sécurité de 99,99999%, une COMBINAISON GARANTIE PERDANTE !

J'invite mes coreligionnaires à faire de même et à vous permettre, ainsi, D'ECONOMISER EN TOUT 6 MISES PERDANTES !

Vous pouvez adresser vos dons en liquide, espèce, nature, à mon adresse personnelle pour obtenir toute autre combinaison perdante avec une marge de sécurité de 99,9999%.

Ici-même, demain, par simple apposition des mains sur l'écran, en huit dixièmes de seconde, vous saurez avec certitude si oui ou non vous êtes enceinte et crédule (2)!


___________________________________
(1) Perdants. Résultats perdants. Ah mais si mais si, ce sont aussi des résultats ! Juste un peu plus longs à donner, comme le tiercé dans le désordre, on vous donne pas toutes les combinaisons ? Ben c'est pareil ! Comme quoi faut toujours lire les renvois, notes et toutes petites lignes en bas de page !
(2) Probablement crédule, si vous avez réfléchi ne fût-ce qu'une sprouchième de seconde, si si ne niez pas j'ai vu le plissement dans votre oeil (gauche).  Quant à  la cruciale question "enceinte ou pas",  quand on voit qu'il existe des sites internet qui vous prédisent le sexe de votre futur bébé à condition de renseigner la date de conception, l'heure, la position, la taille du zi... pouf pouf ... enfin bref, y'a des nanas pour aller sur des sites aussi con, alors je suis certaine que ça marcherait le cybertest de grossesse !
(2 bis) Si vous êtes un homme, vous n'êtes probablement pas enceinte. Je sais, c'est moche mais c'est ainsi. Ne pleurez pas, vous êtes le sexe fort on peut pas tout avoir non ? Si ? M'enfin vous êtes trop gourmand ! Et pi croyez-moi, les nausées c'est pas de la tarte ! Franchement ! Et l'accouchement, vous y avcez pensé à l'accouchement ? Ah ben oui parce que c'est pas le tout qu'il entre, faut qu'il sorte, le bambin, pi vachement plus grand en plus qu'à l'entrée ! Ah, on y réfléchit à deux fois finalement hein ?
(2 ter) Rien de spécial mais si vous êtes arrivé jusque-là : on se tape une belote ? J'm'emmerde.

par Marie-Laetitia publié dans : J'me marre
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Vendredi 25 avril 2008

Une petite fille d’Acadie à sa mère :

- maman, maman, j’ai entendu un airplane.

- on dit avion, ma chérie.

- maman, maman, j’avions entendu un airplane.

 

par Marie Rennard publié dans : J'me marre
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Vendredi 18 avril 2008



"Salomé-Aaaaaaaaaaannnnnnnne !!!! Salomé-Aaaaaaannnnne !!!!! Attrape z'y moi un vingt minutes faut que j'retapissais !" Vlan que je t'ouvre le sac-besace aux couleurs de la starac en écrabouillant les coudes pourtant timides de ma quinquagénaire de voisine, que je te sors le fard à paupières VERT et que j'entreprends la remise en état du siècle. Jamais compris comment elles arrivent à se mettre du crayon entre les cahots du train sur une ligne parfaitement droite.

"Oooaaah maman, c'est pas possible que quand t'étais môme il était encore vivant Desproges ! chanmééééééé .... n'empêche .... 'tain t'es drôlement vieille en fait !"

J'invente rien, j'l'ai entendue dans le RER ce matin celle-là.

"Non mais oh, la mouflette, d'où tu causes comme ça à ta mère ? Elle est vulgos et a cause pas français mais un peu d'respect quand même bordel, ça pourrait être tammm...."
Ben non, pensez bien, j'ai rien dit...
A bien détailler la matronne, loquetée comme sa fille en plus fluo, je me suis aperçue qu'elle me faisait l'effet d'une gamine et je m'ai pris un sale coup de vieux derrière la nuque ... Putain de gosses ....

Ben ouais, quand qu'on était mômes, nous le Desproges on le voyait à la télé dans sa Minute dérisoire dont la verbeuse acidité manque tant à l'intelligence très relative des actuels humoristes de la vague "cynique". Je comprenais pas tout, mais ce doux dingue à la tronche poupine m'éclatait par son air de ne pas y toucher et je chopais toujours un mot que je connaissais pas et que mon père mettait deux plombes à m'expliquer, c'était bien chouette.
Alors voilà, en hommage et aussi parce que j'ai un fond de mayo à finir, je lance le "poussin cru sauce melba", sûr qu'il aurait adoré.
A la bonne vôtre !

par Marie-Laetitia Gambié publié dans : J'me marre
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Vendredi 4 avril 2008
Comme vous ne le savez sans doute pas si vous n'êtes pas de mes intimes, j'ai eu la malchance, l'été dernier, sans l'avoir pour autant aucunement sollicitée puisque je fuis avec application tout ce qui ressemble de près ou de loin à du sport en général et à un lever de poids en particulier, or donc j'ai eu la malchance, disais-je, de constater personnellement en mon for intérieur à moi que le poumon n'est collé à la paroi du thorax que par le caprice d'une dépression entre les deux plèvres qui, pour nous permettre de respirer sans que ça fasse "scratch - aïïïïïïeeeeee" à tout bout de champ glissent en outre l'une sur l'autre sans être collées, avec une onctuosité presque sensuelle enfin ça c'est quand tout marche bien ... Parce que quand ça marche pas, plus, les deux plèvres, celle qu'est collée au poumon pi celle qu'est collée aux côtes, s'écartent l'une de l'autre par exemple parce qu'une saleté de bulle pourrie qui dormait là depuis votre vie intrautérine explose plop ! de l'air pénètre là où il n'en faut pas, et plouf en moins de temps qu'il n'en faut à un arthritique pour monter les trois marches de son perron et tourner la clé dans la serrure - ce qui peut je vous l'accorde faire quelques paires de minutes ... - eh ben le poumon qui n'est qu'un sac plein d'air, cessant d'être aspiré par le vide entre les plèves, s'affaisse comme un ballon de baudruche après trois jours d'ensoleillement, jusqu'à, parfois, tomber complètement dans la cage thoracique. Et alors là, forcément, avec un poumon sur deux, vous respirez moins bien. Enfin *je* respire moins bien, en l'occurrence. Donc je m'ai fait un pneumothorax, c'est ainsi que ça s'appelle. "Aaaaaah c'est ça le truc qu'i z'en causent tout le temps dans Urgences ...." votre regard s'illumine ! Voui, c'est ça ! Or donc, quand on en a eu un, on vous avertit gentiment que les risques sont élevés d'en refaire un, deux, douze autres, dans les deux ans qui suivent. Après, ma foi, soit les statistiques n'existent pas parce que vous avez changé de médecin, soit y'a réellement moins de risques. Du coup ça rend un peu parano ... Si si ... Au moindre petit point de côté après un fou rire, au premier début d'essoufflement parce que vous avez repris trois fois du confit et/ou du Gevrey-Chambertin 2002, vous vous précipitez chez le radiologue pour lui montrer en sus, enfin plutôt en d'sous, de votre généreuse poitrine que vous gonflez à bloc, vos côtes, vos poumons, vos bronches, toute la tuyauterie. Je confesse que dans le genre parano je me pose là, et je pense que je dois afficher un nombre de becquerel assez phénoménal ces temps-ci ... Mais même les bonnes choses ayant une fin, les mauvaises aussi a fortiori ! Après quelques semaines d'hystérie j'ai fini par me calmer et j'ai appris à temporiser un peu avant d'appeler les secours. Je me contente d'angoisser mon époux...

Et puis, y'a une semaine de ça, vlatipas qu'une douleur vive me prend sous le sein gauche. Persistante, pointue, précise. Une douleur qui m'est hélas familière. Je fais mine de n'y pas prêter attention et vaque à mes occupations saturniales tout en gardant le pivert sous surveillance, repassage, balai, hop un petit verre de Gevrey (ah non merde je l'ai fini la veille), dessin avec Mathilde, bains des filles, sieste ... Hop je m'assois, "toc toc" la vrille revient. Hop je me relève vlan elle se déplace, mais toujours là. Merde. Je me penche en avant, me rélève, me penche, me relève, me tortille... Pas moyen de faire passer la douleur. Je gonfle à fond les poumons, expire profondément, aïe aïe aïe que c'est pénible. Ca fait bien deux mois que je n'ai pas eu de radio. Je me tâte encore et encore ... Le point déterminant en juillet avait été cette affreuse sensation de truc dégonflé qui se déplace dans ma poitrine quand je me balance d'arrière en avant, c'était, m'a-t-on expliqué, ce trou d'air dans mes vols réguliers, qui bougeait avec moi.Flic floc chlop, essoufflement, décollement, déchirement, un scotch qui se désunit juste au creux de l'inspiration et pas de muse à l'horizon ... J'ai les miquettes. On m'a mise en garde, c'est pas que ma faute si j'ai les jetons ! "Poumon gauche ça peut se ratatiner et tomber sur le coeur et alors là .... " j'aime pas les points de suspension des médecins, mais alors, vraiment pas. J'ai déjà pas mal de points d'interrogation, d'exclamation, mais ceux-là .... non ! Je lâche laconiquement à Chéri un état des lieux de mes in and out pulmonaires ... "Ah" me lâche-t-il ... Quoi dire d'autre, au fond ? il me prend dans ses bas, se serre bien fort contre moi ... Sa tête repose contre mon sein, de plus en plus lourde. Soudain, quelque chose se déplace, dans un mugissement contrarié ... "bluiiiiiiipgloupchhhhhh" et un looooooong pet sonore et perlé vient saluer sa tendresse douce. Il s'esclaffe, pas plus choqué que cela ... Je me retourne ... L'oppression, là, s'est dissipée d'un coup ... Se pourrait-il ... ?


Au matin, après une nuit sans lune (1), mon ventre avait diminué de moitié ...     

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(1) ca n'a aucun intérêt dans le feu du discours, qui, en lui-meme n'est déjà pas passionnant, mais j'adore ce morceau de phrase "après une nuit sans lune" et j'arrivais pas à le placer
et (2) moi aussi je peux faire des notes de bas de page pour de rire !
par Marie-Laetitia Gambié publié dans : J'me marre
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Mercredi 2 avril 2008
(ressucée de chez Hemi)

Les déplacements biquotidiens en transports en commun sont une épreuve pour une misanthrope agoraphobe telle que moi, dotée en outre d'un odorat surdéveloppé hypersensible aux odeurs corporelles. Matin et soir je me tasse dans des bus et trains bondés en compagnie de quelques centaines de milliers d'autres franciliens effectuant leur indispensable transhumance. Les cahots, la chaleur, les odeurs, les prises de bec, les coups de coude. Jour après jour, lasse et respirant par la bouche autant que faire se peut, je survis à cette épreuve, en apnée mentale, des écouteurs dans les oreilles, tâchant de faire pénétrer dans mon cerveau un semblant de quiétude par le choix judicieux d'une liste de lecture savamment étudiée. Peine perdue. Les autres sont là, ô combien.

Ce matin, RER B. Deux jeunes gens parlant fort, le poil follet ornant un menton qui s'équarrit avec le début de l'imprégnation hormonale, se gaussent bien haut en compulsant un magazine supposément peu culturel, vautrés sur les strapontins, toutes jambes dehors, pataugas taille 48 bien étalées en travers du passage. Les gens alentour les contournent sans piper mot, inquiets à l'idée de tancer 180 kilos de chair fraîche munis de quatre poings en parfait état de marche le tout élevé au big mac sous la mère, et bien dense. Ni une ni deux, forte de ma grande gueule qui en a vu d'autres, alors que le RER entre en gare, déjà, je bouscule ostensiblement celui des deux lascars qui est le plus proche de la porte de sortie, en lâchant dans un grognement un laconique "pouvez pas vous pousser ?". Le jeune homme, plus jeune qu'homme à la réflexion, remonte prestement ses jambes, manifestement gêné d'avoir été ainsi remis à sa place par une presque vieille (32 ans pensez donc) et bafouille un "quoi ?" à l'endroit de son pote. Négligeant de répondre à l'audacieux, j'appuie le pouce de ma main droite sur le bouton qui doit actionner le mécanisme d'ouverture de la porte et me permettre d'aller prendre ma deuxième correspondance dans le flot humain et la joie intense et mal dissimulable (tiens, un zeugma). Point d'ouverture. C'est de l'autre côté.

par Marie-Laetitia Gambié publié dans : J'me marre
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