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MARIE RENNARD a écrit

MARIE-LAETITIA GAMBIE a écrit

CHRISTINE SPADACCINI a écrit

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Samedi 3 mai 2008



Partie surfer au net pour trouver une paire de mitaines en dentelle (oui, j’ai de ces petites fantaisies vestimentaires dont je ne saurais me passer), les miennes ayant succombé à l’usure, je tapai dans google accessoires féminins.

 Je fus orientée, en toute bonne logique, vers les Galeries Lafayette, qui livrent dans Paris en trois heures (on n’arrête pas le progrès). Mais de mitaines, point. Des casquettes, des ceintures, des chaussures, tout un fatras divers, mais rien dont j’aie besoin dans l’instant. J’allai donc déserter les grands magasins virtuels afin de poursuivre ailleurs ma quête, quand une ligne retint mon attention dans la colonne de gauche. Entre le rayon petite maroquinerie et celui des lunettes de soleil, on proposait un choix de sex toys chics. Hop, je cliquai, curieuse.

Funérailles, si qu’on m’aurait dit ça, j’y aurais point cru.

Du contour en or 24 carats (359 euros) à la cravache lux me (mais pas avec les pieds !), disponible pour 229 euros, je découvris un étalage d’instruments de stupre aussi déroutants que financièrement inabordables aux salaires moyens. Cache téton à 229 euros (la paire, faut quand même pas pousser – et le système de fixation reste un mystère) vibromasseurs à plumes en forme de canard de bain et autres accessoires pailletés que la décence me retient de détailler, bref, je quittai le site perplexe.

N’est-il pas plus sensé, quand se sent la fantaisie de cravacher le monde, de s’aller couper une badine de noisetier, au moins aussi flexible que le nylon, et qu’on pourra à peu de frais rendre avantageusement brillante en cernant sa partie préhensile de papier alu ?

Ou bien l’ostentatoire dispendieux serait-il, en matière de cul, aussi prisé que la jag en matière de drague ?

Faudrait faire un retour dans les siècles passés pour savoir si l’étalage des Galeries Lafayette est une de ces nouveautés dont elles ont le secret, ou bien si de tous temps les élites ont eu du goût pour les godemichés ornés de strass.

Enfin, j’ai fini par revenir de mes éberluements et trouvé des mitaines super sexy pour 7 euros, ce qui est somme toute raisonnable, surtout que c’est le genre de choses qu’on peut laisser traîner dans son sac sans avoir à rougir quand une copine met la main dessus en cherchant des kleenex.

par Marie Rennard publié dans : Libido, sexe, et crudités
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Vendredi 4 avril 2008

Quand on est jeune, et un peu con, on s’attache souvent à penser que tel homme ferait bien son affaire, alors qu’on a rien en commun. Ce fut le cas souvent pour moi, alors que je craquais encore pour les belles petites gueules et/ou des biceps bien durs…

 

C’est ainsi qu’une fois, il y a fort, fort longtemps, je m’amourachai d’un joli garçon, type surfeur australien, cheveux blonds mi-longs, regard bleu tendre, lèvres plates et joues assorties. Comme il fonctionnait en tant que moniteur de loisirs sportifs, style varappe, canoë kayak et autres parapentes, il affichait une jolie silhouette aux muscles allongés, fins, agréablement soulignés pas un bronzage de montagne (contour des yeux et de la bouche blanc, cause lunettes polaroïd et baume pour les lèvres. Le pur et dur a la joue soulignée d’un trait blanc, rapport à la ficelle des lunettes attachée derrière le cou).

 

Bref, à l’époque, plutôt que les salles de fitness, je fréquentais assidument une salle de concert où se produisaient des groupes de rock underground méconnus ; ce genre de lieu peu éclairé où tu peux tranquillos te siffler une bière en écoutant gratter les musicos sans qu’on t’importune, même quand t’es une fille toute seule. Quoiqu’il en soit, le sportif en question avait dû me repérer, à force. Il a donc commencé à se poster à mes côtés lors des concerts, puis il a rapidement enchaîné avec les : « T’as pas du feu ? », « J’vais me prendre une bière, t’en veux une ? », « Après le concert, y a une soirée assez sympa chez un pote, si ça te dit.» Comme ça me disait assez, j’ai suivi…

 

De fil en aiguille, nous avons fait plus ample connaissance, Rico et moi. Il était plutôt sympa, l’air baroudeur, pas prise de tête pour trois centimes d’euro, et ma foi, il était bien gaulé, l’Rico. Le truc, c’est qu’il vivait pour sa passion, alors que moi, ma seule expérience de sport extrême consistait à utiliser, sans se faire repérer, le rasoir de mon père pour l’épilation de mes jambes, tout ça sans changer la lame. Très motivée à partager une aventure avec lui, j’exultai de joie lorsqu’il me proposa de l’accompagner à une expédition canyoning. Pensez : descendre en rappel dans une rivière, sauter des rochers, nager sous les cascades… L’idée d’une étreinte fougueuse sous une chute d’eau, genre remake de « Cocktail » me titillait les ovaires.

 

La nuit me parut interminable : j’étais très impatiente de retrouver mon bel Australien, de plonger dans l’eau limpide d’un lagon, nue, le téton dur, la peau tendue, les rayons du soleil reflétant sur la peau burinée du beau Rico, hmmmmm !

C’est en avance que je me présentai au lieu de rendez-vous indiqué. Rico m’y attendait déjà, pourtant, emmêlé dans un fatras de matos impressionnant. J’avais imaginé qu’on s’en irait à l’aventure, short Ripcurl et baskets, bras dessus, bras dessous, la fleur à la bouche…

Je m’étais plantée léger.

En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, Rico me force à enfiler une combi néoprène de 25 centimètres d’épaisseur et d’une taille trop grande. Je ressemblais à un Bibendum Michelin qui aurait basculé du côté obscur. Pas le temps de déconner qu’il m’harnache d’une corde et de piolets. « Qué », je fais sans bien comprendre pourquoi je me retrouve déguisée en Dark Vador, sponsorisé par Mc Do, qui voudrait escalader l’Everest. « Ben, c’est pour la descente en rappel », il explique. Là, je souris super crispée. Sauter des rochers, j’étais plutôt d’accord, parce que je croyais que c’était des rochers genre 1m50 de haut… Des rochers que quand on se cache derrière, il y a les cheveux ou les fesses qui dépassent… J’avais pas bien compris le truc de la descente en rappel, moi, et je me suis demandée si c’était vraiment le bon moment pour évoquer mon problème de vertige. Après consultation rapide avec moi-même, on a conclu qu’on ferait mieux de la fermer si on voulait connaître l’apothéose sous la vapeur d’eau étincelante, nue, le téton dur, etc.

Il a dit « go », j’ai dit « Ok héhéhé», et on s’est mis en marche.

 

Ce jour-là, j’ai réalisé que le cinéma nous prenait pour des cons.

 

Je vous épargne les sauts, en rappel ou non, quand on souffre de vertige, les pierres coupantes qui vous lacèrent les mains dès que vous essayez de vous y harponner, les chutes sur les pierres couvertes d’algues et hyper glissantes, pour en venir directement à la cascade et le lagon.

 

En guise de lagon, il s’agissait surtout d’une grande cuvette de flotte dans laquelle on n’avait pas vraiment notre fond. Comme autour s’élevaient des pans rocheux, le soleil n’arrivait pas à se frayer un chemin jusqu’à nous. Au moins, Rico s’approchait enfin de moi, la bouche mi-ouverte, les yeux fermés, tandis qu’il cherchait à m’attirer sous la cascade…

 

Je ne sais pas si l’une d’entre vous a déjà essayé de rouler une pelle à quelqu’un sous une cascade, ni même si vous vous êtes déjà retrouvé sous une chute d’eau, mais alors…

Imaginez : à chaque respiration, des milliers de particules d’eau vous rentrent dans les naseaux et empêche l’air d’arriver à vos poumons. Quand vous tentez malgré tout de sauver votre peau en respirant par la bouche, un grand con frigorifié essaye d’y enfoncer sa langue…

 

L’histoire en resta là. En guise de prologue, il fallait bien récupérer la bagnole : deux kilomètres en pente, version ascendante, avec trois cent kilos de néoprène dégoulinant sur le dos et, pour le coup, le soleil qui tapait dur sur le noir des combis.

 

Par la suite, quand il m’a été donné de croiser Rico, j’ai jamais plus eu soif.

par Marie-christine Buffat publié dans : Libido, sexe, et crudités
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