Pourquoi ce titre ?

MARIE RENNARD a écrit

MARIE-LAETITIA GAMBIE a écrit

CHRISTINE SPADACCINI a écrit

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Mardi 20 mai 2008

et mea minima culpa.
Si vous cliquez dans la colonne de gauche sur « pourquoi ce titre », vous lirez une connerie. Quand nous avons cherché un titre pour cette remarquable revue des meufs qui assurent, je me suis souviendue de cette citation que j’avais lue y’a longtemps quelque part, et qui me semblait imputée à quelque anonyme gueuse de 89. Sainte sénescence, je me trompais de révolution, c’était durant celle de 1848, et la citation exacte était « maintenant c’est nous qui sont les princesses ». Cette magnifique déclaration aurait été faite par une Madame Flocon, épouse d’un député du palais Bourbon, ou par la Maréchale Lefèbvre, ou peut-être par une lavandière des tuileries, personne semble y savoir exactement. Bref, vous vl’a renseignés. En tout cas, ça change rien à nos intentions premières, ni aux suivantes. Je ne vous raconte tout ça que pour que vous ayez pas l'air d'un con  comme moi aujourd'hui si un jour vous reprenez la citation.

par Marie Rennard publié dans : Culturons-nous
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Mercredi 2 avril 2008
                                  
Image empruntée ici : http://medieval.mrugala.net/Isabelle%20de%20Castille/Isabelle%20et%20Ferdinand.jpg



Pas que je me prenne pour Decaux, encore que nous partagions lui et moi certaines disgrâces physiques que le locuteur oublie quand on cause pour succomber au charme de l’érudition, mais j’ai décidé de vous infliger quelques portraits de princesses qui ont marqué l’histoire.

A toute señora tout honneur, je commence par celle-ci, usurpatrice d’un trône qui était destiné à sa nièce, Jeanne, dite la Beltraneja à cause qu’on a toujours pensé que son père naturel était Beltràn de la Cueva, et que Henri IV (pas celui de la poulopot, mais celui de Castille, demi-frère d’Isabelle) n’était qu’un putatif [1] de plus dans l’histoire des rois.

Bref, je vous passe le pourquoi du comment, Isabelle devient reine de Castille, et sa nièce Jeanne épouse un obscur roi du Portugal qui n’aura cesse sa vie durant de chercher à notre Isabelle des poux dans sa superbe chevelure blonde.

A cette époque là, je vous cause de la seconde moitié du XVème siècle, l’Espagne n’existe pas encore. Elle n’est qu’un conglomérat de royaumes isolés, qui formeront plus tard les provinces espagnoles, et tout le sud du territoire est occupé depuis huit siècles par des mauresques qui se sont approprié des terres infertiles pour y faire croître, grâce à d’ingénieuses méthodes d’irrigation, plein de trucs super bons à manger, et qu’on continue de nos jours à faire pousser dans la région grâce au travail de journaliers fort mal payés pour aller les déverser ensuite sur les autoroutes (les trucs à manger, pas les journaliers), mais bref, là on est hors sujet.

Pouf pouf donc, Isabelle. La demoiselle est fort jolie, dotée d’un sacré carafon et d’une ambition démesurée. Négligeant les accords de Los Toros de Guisando, par lesquels son frère Henri IV la désigne héritière du trône de Castille à condition qu’elle reste célibataire et sans descendance, elle va épouser en secret Ferdinand d’Aragon, surnommé El Católico parce qu’il n’avait pas le physique pour se faire appeler El Hermoso. Et pourquoi donc, je vous prie, s’aller marier un laideron quand on a pris l’engagement de demeurer célibataire ? C’est que le Ferdinand qu’on dit d’Aragon aujourd’hui ne l’est pas encore à l’époque, mais doit hériter du trône à la mort de son père, et qu’il est par conséquent un beau parti, qui peut apporter une alliance non négligeable à qui a de l’ambition. Et de l’ambition, Isabelle en a. Celle, d’abord, de bouter les arabes hors, et celle de devenir reine d’une Espagne unifiée. Il lui faudra cependant attendre dix ans avant que le père de Ferdinand clamse en laissant le trône à son fils. Les voici donc, tous deux, en 1479, à la tête des deux plus grandes provinces d’Espagne, la Castilla y León et l’Aragon. Mais qu’on ne s’y trompe pas, il n’y a pas pour autant un seul royaume issu de ces deux provinces, chacun gouverne chez lui,exemple unique dans l’histoire, et l’œuvre commune est à trouver ailleurs. Isabelle et Ferdinand vont unir leurs forces et leurs richesses pour entamer la reconquista, et réussir en 1492 à virer de Grenade Boabdil, le dernier sultan musulman. Les territoires reconquis sont bien sûr placés sous la férule de nos défenseurs du catholicisme, avec d’autant plus de facilité que la suzeraineté de ceux-ci sur les provinces reconquises était depuis longtemps acquise.

L’Espagne ainsi unifiée (il ne reste plus que la Navarre que Ferdinand annexera après la mort d’Isabelle), notre Isabelle va s’occuper de faire le ménage dans les terres reconquises. Qu’on expulse les maures, et les juifs, voilà son nouvel objectif. Elle va mettre au boulot son grand pote et confesseur Torquemada – moine végétarien, et le faire nommer Grand Inquisiteur par le Sixte du moment, avec les prérogatives attachées à la fonction, c'est-à-dire les pleins pouvoirs juridiques, dont le bougre saura user avec discernement pour remplir les caisses de l’Etat, puisque les biens d’un juif relaps condamné sont irrémédiablement confisqués. Sous l’égide d’Isabelle, on va mettre en place nombre de mesures, comme les fameux décrets de pureté du sang [2], et deux mois à peine après la capitulation de Boabdil, les juifs d’Espagne n’auront plus d’autre choix que la conversion où l’émigration.

Elle s’emploiera également, jusqu’à sa mort, à réduire la superbe des grands d’Espagne pour les obliger à abandonner toute velléité d’indépendance, et c’est elle qui financera les caravelles de Christophe Colomb, offrant ainsi aux espagnols l’or et les terres des Amériques.

Hélas, notre princesse n’aura pas le temps de consolider son œuvre, et le pauvre Ferdinand, livré à lui-même, à bien du mal à conserver l’unité des provinces si chèrement acquise.

A sa mort en 1504, Isabelle laisse son trône à sa fille, Juana la loca, Jeanne la folle, qui enfantera le premier roi d’une Espagne véritablement unifiée, un chieur de première qui va pourrir la vie de notre bon François 1er (celui de Marignan, je vois qu’y en a qui ont suivi un peu à l’école). Par le jeu des successions, et dans la logique des mariages d’alliance territoriales, Charles Quint sera, quoique né en Belgique, roi d’Espagne (les cortes lui imposeront d’ailleurs l’apprentissage de la langue espagnole qu’il ne connaît pas, toute son éducation s’étant faite en Français), d’Italie, des Flandres, de l’empire autrichien (couvrant à l’est un territoire qui va de Dijon à la Transylvanie), et de la Nouvelle Espagne, qui s’étend du sud des Etats Unis actuels jusqu’à la pointe de l’Amérique Latine – à l’exception notable de la moitié des terres du Brésil qui seront attribuées au Portugal par le traité de Tordesillas en 1494. C’est lui, donc, qui réalisera le premier les rêves d’hégémonie de sa grand-mère, mais pas pour si longtemps que ça. Vous le savez, cette situation ne durera que jusqu’en 1833, quand éclatera la première des guerres carlistes à l’occasion de la succession de Ferdinand VII (celui dont je vous ai causé portant le maillot n°II), entraînant des guerres civiles qui vont durer un certain temps et dont je vous causerai une autre fois parce qu’il faut que j’aille avancer mes cartons de déménagement, j’ai quand même pas que ça à foutre de vous entretenir de choses certes passionnantes, mais qui font pas avancer mon schmilblique à moi.
_________________________________________
[1] Je vous vois venir, non, c’est pas un synonyme de péripatéticienne chevelue, ça veut dire « réputé ce qu’il n’est pas ».
[2] Jusqu’en 1865,aucun poste rémunéré ne sera accordé à qui ne peut faire la preuve qu’il n’a, sur les quatre dernières générations, aucun ancêtre juif ou musulman.

 

 

par Marie Rennard publié dans : Culturons-nous
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Lundi 31 mars 2008

' connaissez le louchébem ? Mais si, vous connaissez mais vous le savez pas encore. C'est une manière rigolote qu'on avait au début du siècle de déformer les mots pour s'amuser, un peu comme le javanais.

"Le javanais ?" ... Le javanais, m'enfin !!!! Punaise y'a toute une éducation à refaire mes agneaux ! Le javanais, c'est quand on rajoute "av" devant toutes les voyelles non muettes d'un mot. En gros mErdE ça donne mAVErdAVe. 

Revenons à nos moutons, puisque le louchébem c'est un argot des bouchers, inventé par les bouchers de Panam et de Lyon, au temps où il faisait pas bon s'appeler Gavroche. Ca a plus d'un siècle et demi et ça tient encore la route, paraît qu'ils en usent encore. Voilà comment ça fonctionne :
pour un mot ne commençant pas par L ni par une voyelle uniquement
on prend la consonne du début, on la colle au cul du mot, et à sa place on met un L. Boucher donnait donc louchéb, et pour que ça sonne mieux, louchébem

Alors maintenant que vous avez pigé le système, 'gadez donc ça :
"Douce" donne "louced" donne "loucedé"

Ah ! Quand je vous disais que vous connaissiez ! "Partir en douce" = "en loucedé". Par le même procédé, "fou" => "louf" et pour faire rigolo on adjoignait une terminaison sympathique et/ou à la mode, en l'occurence "loufoque".

Amusez-vous (enfin c'est vous qui voyez) à le faire avec votre nom de famille tiens. Gambié => Lambiegue => Lambigüe ...
monf ...
Déjà que j'avais découvert sur un site d'anagrammes que mon nom d'épouse ca s'anagramme en bigame ...

M'en vais surveiller le viking de près.

par Marie-Laetitia Gambié publié dans : Culturons-nous
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