est hélas un genre souvent décrié par
d’aucuns conseilleurs de livres qui se piquent d’intellectualisme et à ce titre s’interdisent des plaisirs qu’ils jugent trop faciles. Combien de fois, moi qui suis une fervente adepte de cette
littérature, me suis-je entendue aviser de lire plutôt Braudel[1]. Ha, exclusifs, que vous êtes
décevants. Et aveugles. La littérature historique est irrégulière, souvent peuplée de héros peu crédibles, écrite – ou traduite, un peu trop souvent à la va-comme-je-te-pousse, plus ou moins
fidèle à l’histoire, oui da. Mais on tombe quelquefois sur de petits bijoux, cousus main, qui vous embarquent dans une intrigue fort bien montée, qui sait mêler si bien le vrai au faux qu’un
historien pourrait s’interroger ; ou qui simplement racontent une histoire de bergère sur un fonds si fouillé qu’on se demande si l’auteur aurait pas été jusqu’à lire Braudel.
Ainsi Imprimatur de Rita Monaldi et Francesco Sorti, qui a connu un succès bien mérité il y a quelques années, a demandé dix ans de recherches à ses auteurs. Bien sûr, on ne tombe pas sur un roman de cette qualité tous les jours, quel que soit le genre. N’empêche que j’ai encore passé quelques heures très prenantes dans Pillars of Earth de Ken Follet, paru en Français sous le titre des Piliers de la terre qui retrace à travers la construction de la cathédrale imaginaire de Kingsbridge la vie d’un prieuré anglais durant le milieu du 12ème siècle, dans une Angleterre ravagée par une guerre civile et s’achève sur l’assassinat à Canterbury de Tomas à Becket [2]. Je vous y renvoie, non pas pour l’exceptionnelle qualité de l’intrigue, mais juste pour le plaisir de découvrir un contexte, une ambiance, et Saint Thomas, dont on ignore à peu près tout en France, mais qui reste une grande figure de l’histoire des Grands Bretons, archevêque assassiné dans sa propre église par les sbires du roi Henri, canonisé trois ans après sa mort, et dont l’histoire fut reprise par Anouilh qui emporte bien sûr l’adhésion des fâcheux dont je causais au début, non pas à cause de ses (pour le moins discutées) qualités littéraires, mais à cause qu’il est dans la Pléiade.
Sûr, c’est pas du cru de l’année tout ça, Imprimatur est sorti en 2002, Les piliers de la terre en 89, mais enfin, on s’en fout non ?
Photo : la cathédrale de Lincoln, l'une des plus belles d'Angleterre.
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