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MARIE RENNARD a écrit

MARIE-LAETITIA GAMBIE a écrit

CHRISTINE SPADACCINI a écrit

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Mercredi 9 juillet 2008


est hélas un genre souvent décrié par d’aucuns conseilleurs de livres qui se piquent d’intellectualisme et à ce titre s’interdisent des plaisirs qu’ils jugent trop faciles. Combien de fois, moi qui suis une fervente adepte de cette littérature, me suis-je entendue aviser de lire plutôt Braudel[1]. Ha, exclusifs, que vous êtes décevants. Et aveugles. La littérature historique est irrégulière, souvent peuplée de héros peu crédibles, écrite – ou traduite, un peu trop souvent à la va-comme-je-te-pousse, plus ou moins fidèle à l’histoire, oui da. Mais on tombe quelquefois sur de petits bijoux, cousus main, qui vous embarquent dans une intrigue fort bien montée, qui sait mêler si bien le vrai au faux qu’un historien pourrait s’interroger ; ou qui simplement racontent une histoire de bergère sur un fonds si fouillé qu’on se demande si l’auteur aurait pas été jusqu’à lire Braudel.

Ainsi Imprimatur de Rita Monaldi et Francesco Sorti, qui a connu un succès bien mérité il y a quelques années, a demandé dix ans de recherches à ses auteurs. Bien sûr, on ne tombe pas sur un roman de cette qualité tous les jours, quel que soit le genre. N’empêche que j’ai encore passé quelques heures très prenantes dans Pillars of Earth de Ken Follet, paru en Français sous le titre des Piliers de la terre qui retrace à travers la construction de la cathédrale imaginaire de Kingsbridge la vie d’un prieuré anglais durant le milieu du 12ème siècle, dans une Angleterre ravagée par une guerre civile et s’achève sur l’assassinat à Canterbury de Tomas à Becket [2]. Je vous y renvoie, non pas pour l’exceptionnelle qualité de l’intrigue, mais juste pour le plaisir de découvrir un contexte, une ambiance, et Saint Thomas, dont on ignore à peu près tout en France, mais qui reste une grande figure de l’histoire des Grands Bretons, archevêque assassiné dans sa propre église par les sbires du roi Henri, canonisé trois ans après sa mort, et dont l’histoire fut reprise par Anouilh qui emporte bien sûr l’adhésion des fâcheux dont je causais au début, non pas à cause de ses (pour le moins discutées) qualités littéraires, mais à cause qu’il est dans la Pléiade.

Sûr, c’est pas du cru de l’année tout ça, Imprimatur est sorti en 2002, Les piliers de la terre en 89, mais enfin, on s’en fout non ?

Photo : la cathédrale de Lincoln, l'une des plus belles d'Angleterre.



[1] Fernand Braudel, fantastique historien. Lire absolument l’Identité de la France.

[2] Oui, je sais, pourquoi « à Becket ». Z’avez qu’à chercher tout seuls.

par Marie Rennard publié dans : Vous vous en foutez mais ...
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Lundi 16 juin 2008
Dessin de Magali

Pour la première fois depuis longtemps, je suis en train de mordre la poussière sur une version qui, la garce, a bien caché son jeu à la lecture. Oulipo mon amour, qu’y disent. On voit bien qu’y z’ont que le souci de l’écriture sous contrainte. Si ils pensaient, de temps en temps, à ce que ça peut impliquer pour le traducteur, peut-être que ça les ferait moins rire. Je dis ça, mais c’est pas vrai. La vérité c’est que plus ils pensent aux tourments du traducteur, plus ils se marrent.  Bastards de merde.

Du coup, de désespoir, je suis allée fouiller ma bibli pour remettre la main sur un cours de traduction théorique. Me suis bien marrée tiens. Pour nous fourguer de l’élémentaire, ils sont toujours là les éminents rédacteurs de ce genre d’ouvrage, mais pour nous suggérer des solutions intelligentes qui nous sortent de la merde où qu’on s’est mis tout seul, bernique. Rien de rien. Ça m’a fait penser à un dessin de Claire Brétecher où une gonzesse consulte un magazine : seins trop gros, trop petits, pendants, pointus, carrés, flappis, tout est listé, sauf son cas à elle,  les seins dans le dos. Voilà, j’en suis là, les seins dans le dos. Je vous le dis, suffit pas de retourner le soutif pour régler le problème.

par Marie Rennard publié dans : Vous vous en foutez mais ...
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Mercredi 28 mai 2008

je signe l'acte d'achat de ma future maison.
Voui.
Même que ça me fait tout bizarre.
Même qu'l va falloir que je prépare mon déménagement à force ! si si ! Les cartons, les valises, réussir à placer enfin le chien parce que chéri veut vraiment pas qu'il suive ... Tout ça.
On fête ? C'est moi qui invite.

par Marie-Laetitia publié dans : Vous vous en foutez mais ...
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Vendredi 16 mai 2008

Les livres qu’on n’oubliera jamais… bien sûr, on les a pas tous lus, les livres, mais dans ceux qu'on a lus ?
Y’en a pas cent-cinquante, hein. Pour moi, c’est d’abord L’écume des jours, et puis Des Souris et des Hommes, Le monde selon Garp, Les paradis artificiels, Cent ans de solitude, L’insoutenable légèreté de l’être, et Les liaisons dangereuses. Y’en a d’autres, bien sûr, que j’ai aimés. Mais des qui aient eu une influence majeure sur mes décisions, mes constructions, non, je crois pas. Et vous, les filles, et vous les lecteurs, quels sont les livres qui vous hantent encore vingt ou trente ans après les avoir rangés sur une étagère ?

par Marie Rennard publié dans : Vous vous en foutez mais ...
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Mardi 13 mai 2008
logues

C'était une chaussette de bébé ! comment que ça peut ti passer dans la pompe ????
http://liseznostextesmerci.over-blog.com/article-19063990.html 

Pour compenser ce gain mirobolant de non-dépense j'ai pété la porte du four ... On se refait pas ...
par Mariléti publié dans : Vous vous en foutez mais ...
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Vendredi 2 mai 2008
dessin de Magali 


Reprenons l’histoire, engagée voici dix huit mois maintenant. Vous vous souvenez que, refusant de le ramener à Providence, je l’avais rendu à la sauvage nature, sûre qu’il se débrouillerait fort bien tout seul. Tellement bien que ce crétin, après avoir parcouru vingt kilomètres de forêt, était revenu at home sans coup férir. M’étant intérieurement promis que s’il réussissait ce coup là il aurait gagné la partie, je le ramenai à Providence, à la condition expresse qu’il demeurerait sur le balcon. Geignement des enfants, c’est de la maltraitance (maltraitance, non mais ho, je le nourris et je le loge, faut quand même pas pousser hein). Bref, voici dix jours, mes garçons exigèrent que je le laisse aller se promener. C'est pas le genre de suggestion qu'il faut me faire deux fois. Je l’ai emmené dehors, pour qu’il prenne l’air, bien sûre qu’il ne se perdrait pas, puisqu’il était écrit que ce chat -à ne me lâcherait jamais les pompes. Or, le soir, pas de chat reviendu. Le lendemain, pas mieux. Vous pensez bien que depuis deux-trois jours, après une bonne décade d’absence, je me réjouissais en mon for intérieur, nonobstant de nouvelles accusations de mes fils persuadés qu’il y avait là quelque malice de ma part. Or ce matin, en allant ranger le bordel sur le balcon, j’entendis un miaulement que j’identifiai immédiatement comme celui d’Abraham, ce qui me laisse à penser que nos liens sont sans doute plus forts que je n’imaginais, parce reconnaître un chat qu’on ne voit pas juste à son cri, hein, bref. Comme une conne, j’appelai, incrédule. Abraham ? Abraham ? C’était bien lui, perché sur un balcon condamné de l’immeuble d’en face, cherchant à rejoindre le nôtre. J’ai envoyé Jules le chercher, et vlan, le revoilà sur mon balcon, toujours aussi teigneux, et vorace. Mais je préviens, si Virgule ne l’emmène pas chez le véto, et ne lui administre pas lui-même le traitement de bains quotidiens et de cachetons, il ne décollera pas de là. Fait chier, j’y ai rien fait moi à cette bestiole, pourquoi qu’y s’acharne, si il est capable de vivre tout seul en ville pendant dix jours, alors qu’est-ce qu’il vient chercher dans une maison où sacrebleu, je ne veux pas de lui ?
par Marie Rennard publié dans : Vous vous en foutez mais ...
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Samedi 26 avril 2008


Ma machine à laver est mourue. Lâchement, en douce, et sans un râle annonciateur ! Je l'ai retrouvée ce matin pleine de flotte, de lessive, et d'un linge bouilli aux enzymes qui m'est hélas totalement indispensable pour constituer les valises pour cet ailleurs qu'on doit rejoindre demain !! Les vacances ça s'appelle ! Et bien sûr, plus un sou vaillant, pensez, le mois dernier c'est le congélo qu'avait trouvé ça fun de claquer, plein lui aussi sinon c'est pas drôle. Elle pouvvait pas attendre un ou deux mois cette saleté de machine pourrie, que je renfloue les caisses ? Parce que l'essorage à la main d'un linge ptete même pas propre  et qui a pris le temps de geler toute la nuit dans le garage, en plus, ben je le conseille pas aux arthritiques. Je cours hystérique du garage à la salle de bains, un étage et demi plus haut, des bassines pleines de linge dégoulinant à la main, échevelée, hirsute et déjà même plus propre, je retrouve au fond de ma cervelle des jurons babéliens remplis de consonnes gutturales, je me prends les pieds dans le chien, bah y'en a au moins un que ça amuse et il me court autour son os à moelle à la gueule , l'appendice caudal agité de trémoussements frénétiques... "POOOU-sseuh toouuuuuuuaaaaaaa je vais me casser la gu... " immanquablement, la bassine retournée à terre linge à moitié étalé sur le chien qui s'enfuit en traînant un futal détrempé ....  Pfff je jette l'éponge, serviette éponge, sur le parquet inondé, pi je tourne les talons et vais me faire un café tiens, si on me cherche suis dans ma cuisine ...

Incidente : Dis voir Marie, j'espère que y'a pas de nickel dans la composition des tambours de machine à laver sinon t'as le cul sorti des ronces
par Marie-Laetitia Gambié publié dans : Vous vous en foutez mais ...
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Samedi 26 avril 2008


A l’issue de deux mois d’éruptions généralisées assorties de démangeaisons furieuses, et après avoir éliminé les hypothèses, dans l’ordre, des poux, des parasites, des mycoses, de la teigne, ne restait plus que la piste d’une allergie, confirmée par d’inesthétiques boursouflures désormais apparentes même sur la figure Oui mais nom de nom à quoi ?

J’ai changé de shampoing, de savon, de lessive, surveillé ce que je mangeais, envisagé même, un fugitif instant et la mort dans l’âme, une allergie à mon petit vin blanc vespéral, las, c’était rien de tout ça. C’est finalement un dermato qui a mis le doigt dessus.

Vous faites une allergie au nickel…

You are plaisanting, I assume j’ai dit à la dame.

Mais non mais non, voyez plutôt, sur le ventre, ces lésions, c’est le bouton du jean, et sur les seins, les baleines du soutif, dans le dos, l’attache du même soutif, sur les cuisses, les clous de votre falzar, sur les pieds, les oeillets des baskets…

Oui mais tout ça a commencé dans le cuir chevelu, je vous signale, ce qui invalide votre hypothèse, parce que je mets pas de bonnet à clous.

Ha ? alors vous devez avoir un oreiller bizarre.

J’ai pris le temps de repenser à mon oreiller. Bonsangmaisc’estbiensûr… Mon oreiller, le plus souvent, c’est l’épaule de chéri, qu’a des clous en ferraille aux poches de ses gilets, juste pile là où je colle ma tête.

Oui mézenfin, c’est plus rouge à ces endroits là, mais c’est rouge partout ?

C’est que les fibres du tissus sont d’excellents conducteurs des molécules de nickel, qui se diffusent toute la journée, et en terrain allergique, on se retrouve vite avec des eczémas purulents,va falloir revoir votre garde robe, ma p’tite dame.

Ben oui, mais non, question budget, hein, vous avez une idée du prix d’un soutif XXL ?

Bon, pour les soutifs, j’y couperai pas, et j’espère qu’on en trouve avec des armatures plastoc. Mais pour les jeans, j’ai passé une bonne partie de ma soirée à les déclouer, arracher les boutons métal pour les remplacer par des en matières moins agressives à ma peau de princesse. Reste les baskets, à neutraliser au vernis à ongles, ou au sparadrap, je vais tester le bouzin. Et pendant les quinze jours à venir me tartiner de cortisone pour calmer cette infernale inflammation.   

J’en ai causé hier à Monika, qu’était venue m’apporter une plante qu’on dit verte par erreur, et qui affiche les mêmes teintes que mes tout nouveaux chiottes, mauve et rose.

Ben, qu’elle m’a dit, t’es pas rendue, ça fait quinze ans que je couds des bouts de tissu sur toutes les parties métalliques de mes frusques !

Rigolez pas, c’est pas si rare, ce genre d’allergie. Ma pharmacienne, ma copine, et Ma gali (1), toutes trois ont confirmé, dans la même journée, qu’elles souffrent de cette saloperie de gratte intempestive… fini les sous dans les poches, je ne peux plus me permettre que les billets, parce que du nickel, y’en a plein les pièces de monnaie. Galère.  



(1) L’un de mes fils, en maternelle, était très copain avec une Lagali. Mais non, corrigé-je un jour, Ma-gali, qu’elle s’appelle. Non, me répondit-il formel, c’est la Gali de la maîtresse.

par Marie Rennard publié dans : Vous vous en foutez mais ...
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Samedi 19 avril 2008

J’habite un petit village, d’environ mille âmes. J’y ai vécu avec mes parents, puis je l’ai quitté, plusieurs fois, pour finalement m’y installer avec homme et enfants. Ils s’y plaisent, les enfants, dans cette paroisse de mille habitants. Les vieux les apostrophent d’un « T’es à qui, toi ? », le même que j’entendais à leur âge. Il y a un club de football, auquel l’aîné a adhéré. Comme mon village a le dos collé à la montagne et les pieds dans le lac, l’hiver on skie et l’été, on se baigne. On pêche un peu aussi, on cueille des champignons.

Si je cherche mes mômes, sortis jouer, nul besoin de téléphone portable. Une simple interrogation aux voisins suffit à me renseigner : « J’ai vu ton gamin avec celui du menuisier, ils tapaient le ballon près de la scierie ». La moindre bêtise m’est relatée, dès que je pose un pied au commerce du bled : « Dis donc, je ne voudrais pas t’inquiéter, mais ton petit a traversé la route sans regarder l’autre jour, ça m’a retourné le cœur », « Ton grand a acheté une canette de Red Bull vendredi, et il la planquait sous sa veste ».


J’apprends malgré moi, durant les matchs de foot junior, les histoires de cul, les problèmes d’argent, les maladies et autres joyeusetés de mes concitoyens.


Tout finit par se savoir, dans les petits villages. Même ce qu’on voudrait garder pour soi.


Dans chaque bled comme le mien, vivent des Christiane, des Gigi, des Marie-Thé, des Michel, des Popaul et des Jean-Jean. Des gens qu’on connaît depuis toujours, héritiers de quelques anecdotes qui vous collent à la peau : la mémoire villageoise est éternelle. Des souvenirs un peu gênants comme la première biture, des histoires de cœur qu’on préférerait effacer, ou tout du moins taire à la femme de votre ex. Elle ne vous pardonnera pas la pelle roulée à son mari il y a plus de vingt ans. Dorénavant, elle ne répondra plus à votre « Salut ! » C’est ainsi. Et lui n’osera plus vous saluer non plus, de peur d’essuyer les foudres de son épouse. Il se contentera de hocher discrètement la tête dans votre direction, gage de sympathie à votre égard et de soumission à la patronne. Néanmoins, vos enfant et les leurs auront toujours la permission de jouer ensemble : on garde une oreille innocente dans la place, afin d’alimenter les conversations autant que les ventres, le soir au repas.


J’habite un petit village d’irréductibles, des hommes et des femmes aux principes affirmés par une éducation stricte, défenseurs de valeurs basées sur les dix commandements. Un endroit où l’on fait encore marcher le commerce local, quitte à payer un peu plus. Ici, on se dépanne, on se serre les coudes autant qu’on s’observe et se juge. Ici, se sont noués des liens solides, calcifiés par des années de vie commune. Ici, la solitude, ça n’existe pas. Nous habitons un petit village.

par Marie-Christine Buffat publié dans : Vous vous en foutez mais ...
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Vendredi 18 avril 2008
cette saloperie de chat est revenue au bercail, en traversant vingt bornes de forêt, et comme virgule était avec moi quand je suis retournée nettoyer la maison ce matin, il a bien fallu que je le ramène.  Fait chier tiens.
par Marie Rennard publié dans : Vous vous en foutez mais ...
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