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MARIE RENNARD a écrit

MARIE-LAETITIA GAMBIE a écrit

CHRISTINE SPADACCINI a écrit

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Mercredi 21 mai 2008

L’avantage de vivre en ville, et dans une région prospère, c’est que les crédits destinés aux écoles sont abondants, et permettent d’offrir aux gamins nombre d’ouvertures sur tout un tas de choses. C’est ainsi que chez nous, les mômes, dès la maternelle, vont à la piscine une demi-journée par semaine toute l’année, et à partir du primaire se voient offrir, en plus des séances de natation, un trimestre de voile sur le lac, et un trimestre de ski, à raison d’une journée par semaine. Au collège, on continue à se balader tous azimuts, musées, voyages linguistiques, et, aujourd’hui, stage de théâtre.

Ma Virgule est rentrée à midi tourneboulé de sourire. Il venait de s’offrir une formation à la comedia del arte, sous l’égide d’un marseillais putain de drôle avec masques et séance de schpountz, échanges de vigoureux coups de pieds au cul, improvisation solitaire, bref, l’occasion de se livrer de bon droit à toutes les pitreries qui valent intra muros des heures de colle sans retenue (ouarf, suis-je drôle).

Il est illico parti en causer à son frère sur émécène, ce qui fait que j’en sais guère plus, mais je vais l’appâter tout à l’heure avec un gâteau au chocolat (et une infusion d’os relique del Ruzzante, paraît que ça a des effets dingues [1]) et je vais me faire offrir une petite représentation perso.

Ha ouais, je vois celles qui bossent au boulot qui disent « Y’a pas de justice ». Ben non, que voulez-vous, j’ai un bol d’enfer, et je bosse quand je veux si je veux, sans quitter mon lit, et secouée de hoquets de rire XXL tous les quart d’heure. Ca à pas l’air, mais ça vous épuise un bonhomme avant onze heures du mat. Bref, je disions quoi ?

Ha oui. Ces sous rires et fous rires en série, ajoutés à la traduction de théories scientifiques diverses comme loufoques m’ont remis en mémoire une conversation que j’eus y’a quelque années avec mon Alex, qui devait avoir dans les six ans.

On était à la plage, clafis de sable et d’eau salée. Entre deux séances d’apnée, mon bouchon me demande si je reste dans l’eau toute la journée jusque vers 22 heures toutes les vacances, tu crois que j’aurai des bronchites ?

Ben, en plein mois d’août, c’est pas gagné. Répondis-je bêtement, en le regardant passer avec insistance ses index derrière ses oreilles. C’est un geste qu’il faisait souvent depuis le début des vacances. Intriguée, je lui fis pencher la tête pour voir ce qu’il avait. La question suivante fusa pendant mon inspection de ses oreilles parfaitement normales.

Mais  enfin, ça met combien de temps l’évolution ?

Il m’a fallu une seconde. Une bonne seconde, avant de risquer la noyade tellement je me bidonnais. Des branchies. Si je reste dans l’eau toute la journée jusque vers 22 heures toutes les vacances, tu crois que j’aurai des branchies ?

Putain je vous le dis, ils sont graves les mômes. Le nombre de questions à la con qu’ils m’auront déjà posées…

Comme sur l’explosion des coquilles. Mais celle là, je vous la raconterai quand vous serez plus grand. Avec les paroles de Bali Balo, mais faut avoir quatorze ans.

 



[1] Ouais, vous savez pas encore de quoi je cause, mais ça viendra.

par Marie Rennard publié dans : Congrus et incongrus
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Mardi 22 avril 2008
Cela dépend de l'âge, du sexe et de la culture du sujet. Un sauvage ou une femme peu cultivée n'ont besoin que de trois cent mots. J'ai connu en voyage un enfant de vingt mois qui se faisait comprendre en français, en anglais et en italien avec une quarantaine de mots de chacune de ces langues. Elevé au Caire, il savait en outre une vingtaine de mots arabes et comprenait très bien un valet de pied égyptien au service de ses parents. Ce jeune phénomène aurait été charmant sans sa fâcheuse habitude de renverser les oeufs à la coque sur la nappe .

Extrait de l'Intermédiaire Chercheurs Curieux, année 1908, semestre 1.


par Marie Rennard publié dans : Congrus et incongrus
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Dimanche 23 mars 2008

Un attendant, nous dit l'Emile, c'est un sectaire qui soutient qu'il n'y a dans le monde aucune Eglise véritable, et qu'il faut attendre que la véritable vienne.
Y'a quand même des gens compliqués. Et faut lire ça en pleine résurrection de Pâques.

par Marie Rennard publié dans : Congrus et incongrus
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Dimanche 23 mars 2008

(recopiée chais plus où y’a longtemps).

Dans certain monastère où l’on menait joyeuse vie, un des frères était souvent mis en prison parce qu’il ne savait pas tenir sa langue.
Le supérieur général arrive un jour inspecter le couvent à l’improviste.
S’il ne voit pas le père séquestré, se dit le père supérieur du couvent, il va demander de ses nouvelles, et s’il l’approche, il parlera…
On tint conseil. Il fut décidé que le lendemain on lui ferait chanter la Préface à la grand messe ; le père supérieur, en le voyant, ne penserait pas à s’enquérir de lui.
Le conseil croyait avoir ainsi conjuré l’orage. Mais le prisonnier, que l’on voulait empêcher de parler, chanta. Il entonna ainsi la Préface qu’il agrémenta de certaine interpolation de sa façon :

Vere dignum et justum est, aequum et salutare, nos tibi semper et ubique gratias agere, Domine Sancte, Pater omnipotens, aeterne Deus, per Christum Dominum nostrum. In nostro monasterio sunt tres monachi qui bona nostra dissipent omnia. Pater Professor, Pater Prior, Paterque Procurator. Pater Prior, bibendo, Pater Professor ludendo, Paterque Procurator filias amplectendo. Injecerut me in carcerem ut nemini dicarem, nemini dixi, nemini dico, nemini dicam, nis tibi soli, Deo, cum Angelis et Archangelis, cum tronis et dominationibus, cumque omni militia celestis exercitus sine fine dicentes…

Le Père supérieur, dûment édifié par cette préface de circonstance, avisa en conséquence.

Mais l’histoire ne dit pas ce qu’il fit. On saura jamais, ça fait partie des petites frustrations qu’il faut endurer, hé oui.

par Marie Rennard publié dans : Congrus et incongrus
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Jeudi 20 mars 2008

Anne de Boleyn avait elle quelque difformité étrange ?
Je viens de lire, dans un ouvrage tout récemment publié à Bruxelles /Eloge du sein des femmes, p. 20/4

         « tout le monde sait que la belle Anne de Boleyn, épouse de Henri VIII, avait, outre six doigts à chaque main, trois mamelles à la partie antérieure de la poitrine ».

       A coup sûr, tout le monde ne savait pas cette singulière particularité qui donnerait à la malheureuse épouse du redoutable rival de François 1er le droit de figurer dans une classification tératologique ?

      Un fait aussi anormal est il appuyé sur des témoignages contemporains et dignes de foi ?

A.F. (Extrait de l’Intermédiaire Chercheurs Curieux, n° 270, p. 451)

Quels blagueurs ces Belges ! Anne de Boleyn était boiteuse, c’est déjà pas mal.

par Marie Rennard publié dans : Congrus et incongrus
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