Mardi 27 mai 2008
Simplement une histoire de goutte, un peu moins transparente que les autres, colorée de boue, vase gluante, pas nette et pourtant à peine perceptible, à la
bactérie vivace, une goutte de ressentiment, une larme de ras-le-bol, vapeur de fatigue. Le vase qui déborde sans qu’on ait vu qu’il se remplissait. Pourtant, l’était pas minus, ce vase. Pas un
verre à vin blanc pour muguet esseulé, ni même à digestif, pour fleurs étêtées. Non. Plutôt grosse canette, solide, à la poignée épaisse. Commande
spéciale fête de la bière, conçue pour résister aux chocs. Et puis, la goutte, celle qui tache, la vilaine qu’on s’attendait pas à trouver là. Elle aurait pu tomber ailleurs, sur le sol, dans une
flaque. Y en a plein des flaques, des restes d’orages, trop-plein de mares, piscines percées. Mais non. Fallait qu’elle tombe pile dans la chope, un truc à choper le blues. Le blues pourtant,
c’est plus Bourbon que bière, tiens, ça me fout le bourdon. Quitte à être bourrée, autant sortir au bar, mal barrée pour une soirée peinarde, mais s’il faut compter les gouttes, qu’elles soient
aromatisées Cynar. Moralité : à trop remplir les vases, on se retrouve à vider des verres.
par Marie-Christine Buffat
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Dans le cambouis !
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