Mélodie monautomne

Publié le par Marie Rennard

Les gouttes en s’accrochant aux fils dessinent le chant de la pluie – et c’est un chant très monotone et tout en fa. Pas de si, pas de pause, quelques diesels par ci par là pour étouffer le sol mouillé soufflent dans les gradins du fond, ou, pour une fois ça ne rit guère.

Quand il pleut, c’est toujours en fa, chuchote la partition blême.  Si, si, si seulement il ne pleuverait pas, y’aurait des trilles aux branches du haut, là où les oiseaux tiennent tout seuls, dans les aigus impondérables, et surtout on entendrait mieux les pom pom pom du basson jaune qui sont bouffés par les brouillards – oui mais voilà, il pleut des gouttes lourdes d’enfer et d’équinoxe, en fa de fourche seulement. Où sont les colombes d’antan ?

Marie RENNARD

Publié dans Polésies

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Kiki 12/11/2008 14:25

Une trouvaille de mots comme je les aime, ce "monautomne"! Et le texte a un bon temp'eau, même si le rideau de la pluie avale le chant des zoziaux!