Alors on dirait que l'automne aurait notre peau. Que nous nous laisserions envoler par ses saveurs
sucrées, celles qui nous chatouillent les recoins du coeur, tu sais, celui qu'on s'obstine à cacher, trop vrai, trop dérangeant, trop fouteur de merde. On dirait que tu serais Roi et que je
serais Reine. Ou Princesse. Ou technicienne de surface, on s'en contrebranle la muselière gauche.
Et alors on dirait qu'on se laisserait envoûter par les vapeurs gauches d'une saison qui se débat pour exister, entre rayons de soleil et embruns marins, quand bien même on habite au fond des
terres. On dirait que tu serais nuage, que je serais vent, et que même en te chassant tu reviendrais toujours te coller à ma peau brunie, souvenir d'un été brûlant.
Mais alors on dirait que cela ne se passerait pas à Toulouse, parce qu'à Toulouse aujourd'hui comme hier, la lumière est éclatante, le soleil doré, y'a pas de nuages, et le ciel est bleu à tel
point qu'il m'en transperce mes mirettes. Et l'air vif me secoue les neurones et les mandibules et toutes mes particules.
On dirait qu'on serait heureux, qu'on serait oranges, rouges, marrons, qu'on sourirait au vent, au soleil et au temps. On dirait qu'on s'en foutrait des gens, et on pleurerait de bonheur en
ramassant des marrons.
Même que si t'es sage je t'en ferai un collier d'amour.
C'est vous qui l'dites