Grisé.

Publié le par Marie Rennard

Y’a dans ses yeux des nuances gris d’été. De ces translucidures de porcelaine sale. C’est les yeux taciturnes d’un qu’a rien à vous dire.  Des fois il cause quand même, un peu, avec des mots s’entend. Il raconte les choses comme on voit les reflets dans les fenêtres d’Aude, qui vit dans un jardin ouvert. Mais lui ne vit nulle part. Les jours de mauvais temps, son gris s’opacifie, il se tait, il observe. Un talon rouge qui glisse sur le rond d’un pavé, un rat qui se faufile dans un massif de fleurs, un essaim circulaire de moucherons qui bougent comme un vol de poissons, le forensis fluctus. Quelquefois, rarement, il marmonne au passant l’une de ses prophéties qui se perd dans le vent, qu’est là heureusement pour emporter ailleurs ce qui obstrue le ciel.

 

 

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Marie-Laetitia 10/08/2008 16:07

Il passe quand le marchand de vent ?

marie 17/07/2008 11:51

chuis ravie que tu t'es reconnue !

Aude-Morena 16/07/2008 18:55

Moui ? On m'appelle ?