Pourquoi ce titre ?

MARIE RENNARD a écrit

MARIE-LAETITIA GAMBIE a écrit

CHRISTINE SPADACCINI a écrit

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Vendredi 2 mai 2008


Le temps est hésitant aujourd'hui. Moi qui rêvais de me vêtir légèrement d'une robe un peu évasée, en corolle, et d'aller promener ma nonchalance dans les jardins du Luxembourg, il me faudra patienter encore un peu. J'attends l'été plus avidement qu'une abeille, comme elle le soleil me fera renaître à la vie, mon sang délicatement tiédi par ses rayons parviendra enfin à réchauffer un peu mon coeur. J'aspire à l'étouffement que l'on tamise sous un marronnier, en écoutant les cris et les rires des enfants dans le bac à sable. Les sandales largement découpées poudrées par les volutes de sable que la brise et la chaleur soulèvent par bouffées, la peau brillante et colorée, je cèderai en riant aux invitations des amies, nous irons tremper nos petons dans une fontaine. Ah, le délice de me sentir une seconde gagnée toute par l'engourdissement glacé qui m'envahit par les orteils ! je savourerai le long frisson dessiné en arc électrique le long de mon dos, puis je poserai mes pieds transis sur la pierre tiède de la fontaine, je sens sa texture rapeuse contre ma peau, je respire tout contre elle. Nous nous tiendrons silencieuses, les lunettes de soleil nous dissimulant les unes aux autres mais un même sourire de connivence aux lèvres, nous observerons les passants, les passifs, les hallucinés à demi dévêtus affalés sur les chaises vertes artistiquement dispersées autour des points d'eau, les parents attentifs les yeux félinement mi clos et sursautant avec un cri pour corriger l'exécution d'une magistrale bêtise pourtant si tentante !, les amants fatigués et heureux cuisant côte à côte les mains nouées, promesse d'une communion plus intime attendue avec la nuit et sa fraîcheur, les solitaires, les esseulés, les adolescents en quête d'une identité façonnée dans le regard des autres et parlant très fort et en bandes, les romantiques affrontant, le regard crispé et les yeux desséchés, l'insoutenable luminosité d'un livre dont ils ne peuvent différer plus longtemps la découverte ...
par Marie-Laetitia Gambié publié dans : Vivons heureuses !
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Vendredi 2 mai 2008
dessin de Magali 


Reprenons l’histoire, engagée voici dix huit mois maintenant. Vous vous souvenez que, refusant de le ramener à Providence, je l’avais rendu à la sauvage nature, sûre qu’il se débrouillerait fort bien tout seul. Tellement bien que ce crétin, après avoir parcouru vingt kilomètres de forêt, était revenu at home sans coup férir. M’étant intérieurement promis que s’il réussissait ce coup là il aurait gagné la partie, je le ramenai à Providence, à la condition expresse qu’il demeurerait sur le balcon. Geignement des enfants, c’est de la maltraitance (maltraitance, non mais ho, je le nourris et je le loge, faut quand même pas pousser hein). Bref, voici dix jours, mes garçons exigèrent que je le laisse aller se promener. C'est pas le genre de suggestion qu'il faut me faire deux fois. Je l’ai emmené dehors, pour qu’il prenne l’air, bien sûre qu’il ne se perdrait pas, puisqu’il était écrit que ce chat -à ne me lâcherait jamais les pompes. Or, le soir, pas de chat reviendu. Le lendemain, pas mieux. Vous pensez bien que depuis deux-trois jours, après une bonne décade d’absence, je me réjouissais en mon for intérieur, nonobstant de nouvelles accusations de mes fils persuadés qu’il y avait là quelque malice de ma part. Or ce matin, en allant ranger le bordel sur le balcon, j’entendis un miaulement que j’identifiai immédiatement comme celui d’Abraham, ce qui me laisse à penser que nos liens sont sans doute plus forts que je n’imaginais, parce reconnaître un chat qu’on ne voit pas juste à son cri, hein, bref. Comme une conne, j’appelai, incrédule. Abraham ? Abraham ? C’était bien lui, perché sur un balcon condamné de l’immeuble d’en face, cherchant à rejoindre le nôtre. J’ai envoyé Jules le chercher, et vlan, le revoilà sur mon balcon, toujours aussi teigneux, et vorace. Mais je préviens, si Virgule ne l’emmène pas chez le véto, et ne lui administre pas lui-même le traitement de bains quotidiens et de cachetons, il ne décollera pas de là. Fait chier, j’y ai rien fait moi à cette bestiole, pourquoi qu’y s’acharne, si il est capable de vivre tout seul en ville pendant dix jours, alors qu’est-ce qu’il vient chercher dans une maison où sacrebleu, je ne veux pas de lui ?
par Marie Rennard publié dans : Vous vous en foutez mais ...
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