Jeudi 4 décembre 2008
"Ouais mais nan paske stuveux .... ouais ... ouais ... nan mais chu trop d'accord quoi j'veux dire ... ouais ... haaaaaaan nan tu charries ? ... nan ... ouais ... à donf ... ah nan mais c'est trop trop ça en plus quoi ... grave ... ouais mais on est trop trop d'accord à chaque fois ça m'fait trop trop marrer .... hi hi hi..."

Après cette forte démonstration de complicité adolescente par portable entremis, la demoiselle raccroche et se tourne vers sa coreligionnaire en transports urbains pour lui faire part séance tenante de son ressenti exalté sur la conversation haletante qui l'a tenue occupée dix longues minutes, en des termes laconiques et efficaces.

 "S'tait Valou. T'sais la pouff à gros nibards. T'vois c'est qui ? Quelle conne chte jure celle-là. Ouais elle arrête pas de draguer le keum que j'kiffe". 

Là où ça devient rigolo c'est lorsque je croise le lendemain la même coreligionnaire seule, sur laquelle se rue du bout du wagon une jeune fille dont au premier coup d'oeil et malgré toute ma bonne volonté hétérosexuelle je ne peux m'empêcher de noter les attributs sexuels fortement corpulents exhibés à grand renfort de couleurs criardes, qui se dandinent agréablement et sans la contrainte d'un soutien-gorge au rythme de son amble de droite et de gauche. Et que son téléphone sonne. 

" Ouais mais nan paske stuveux .... ouais ... ouais ... nan mais chu trop d'accord quoi j'veux dire ... ouais ... haaaaaaan nan tu charries ? ... nan ... ouais ... à donf ... ah nan mais c'est trop trop ça en plus quoi ... grave ... ouais mais on est trop trop d'accord à chaque fois ça m'fait trop trop marrer .... hi hi hi..."

"S'tait Loula. T'sais la crevette à gros cul. T'vois c'est qui ? La pauv' meuf a croit qu'elle a une chance avec Kevin ..."

J'ai chaussé mon lecteur mp3 et laissé Bobby McFerrin m'emporter... Et sans rigoler en plus.


Marie-Laetitia GAMBIÉ
Par Marie-Laetitia Gambié - Publié dans : J'me marre
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Mardi 2 décembre 2008


C’est un extrait de saison, d’odeur, de clin d’œil.
Des échos d’avant, qu’on dégage de sa mémoire comme on dégivre un pare-brise.
C’est un souvenir brumeux, vapeurs humides d’un début d’hiver ou d’une fin de soirée arrosée. Des éclats de voix, des notes de rires qu’on attrape au vol, tel un baiser volé, do ré mi, le sol chante sous nos pieds.
C’est une pensée écharpe qui s’enroule autour d’un cou, puis qui s’enfuit. Peu importe. Déjà, il fait moins froid ici.


Marie-Christine BUFFAT

 

Source de l'image : http://www.lonah.net/joomla/images/stories/Flyme/Neige_by_Lonah.jpg

Par Marie-Christine Buffat - Publié dans : Polésies
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 1 décembre 2008

Première neige de l’année, si on oublie celles de janvier. Ici, on ne compte pas l’an de janvier à décembre, mais en validité de l’abonnement de ski. Ainsi, janvier intégrait la saison 2007 et de ce fait, les flocons du jour sont bel et bien les premiers de l’année, CQFD.
Réveil douloureux, donc, la neige immaculée agresse mes yeux et je crains un peu de prendre la route en songeant aux pneus usés de ma voiture. Les enfants sont surexcités et se transforment en bibendums Michelin à la vitesse de Superman. Plus fort encore, car le beau kryptonien ôtait des couches alors que les miens en ajoutent, haha.
Avant la gomme lisse, ce sont mes semelles qui me trahissent et je manque m’étaler de tout mon long sur la route glissante. Deux-trois mouvements de bras désespérés, je m’accroche au cadet qui ne comprend pas bien ce qui lui arrive et me regarde avec ses grands yeux étonnés. Ben quoi, instinct de survie oblige.
Sur la route de l’école, une ribambelle de gamins dopés aux flocons sautillent en tous sens, alors que mon moral s’enfonce dans les gonfles blanches bordées de flaques noirâtres des gaz d’échappement. Dur. J’aimerais passer la marche arrière et retourner dans mon lit, hiverner jusqu’au printemps. Je hais l’hiver. C’est moche, c’est froid, les mains se gercent, les nez coulent et les fesses souffrent.
Sauf quand j’étais enfant. Parce qu’à l’époque, c’est moi qui enfilais les collants de laine dès que le ciel virait blanc. Le chasse-neige amassait des monticules énormes et solides de neige et on creusait des igloos à l’intérieur. On se rendait à l’école équipés de sacs poubelle pour les concours de glissades à la récré.
A l’adolescence, pas mieux. Le samedi, des parents nous conduisaient jusqu’à la station de ski située en dessus du village et avec les copains, on hantait les pistes jusqu’à ce que les remontées mécaniques ferment. Ensuite, on rentrait à la maison en skis depuis la station, passant au travers de la forêt et des alpages. C’était épique. Il y en avait toujours un qui perdait un morceau de sa combinaison sur quelques fils de fer barbelés et je me souviens de gadins mémorables. Aujourd’hui, il serait inimaginable d’autoriser notre progéniture à en faire autant. Déjà parce que la neige est nettement moins abondante, donc impossible de rejoindre le village en lattes depuis la station, puis avec l’âge on prend conscience du danger. Pas question de laisser nos enfants courir les mêmes risques que nous. On n’est pas (plus) fous ! C’est sur un télésiège que j’ai fumé mes premières clopes. Et c’est en retrait des pistes, derrière de gros sapins aux branches scintillantes de poudreuse que j’ai découvert les joies du baiser avec la langue. Les garçons, ces grands comiques, s’amusaient à nous piquer un ski ou les bâtons au sommet des pistes et nous attendaient près des tire-fesses en se poilant. Ou, alors qu’on virevoltait gentil gentil entre les monticules de neige glacée, ils arrivaient comme des balles derrière les filles et nous coinçaient entre leurs jambes pour nous obliger à se manger la piste noire en ligne droite. Je me demande encore aujourd’hui comment on s’est débrouillés pour ne jamais rien se casser. Mystère et ange gardien.
Une fois à la maison, Grand-papa se moquait de mon accoutrement : cheveux mêlés, nez fluorescent, pull couvert de boules de glace, collant trempé et démarche d’éléphant à cause du port des souliers de skis. Transie de froid, la tête remplie de premiers émois, je m’allongeais sur le fourneau en molasse bouillant couvert de mandarines giroflées et grand-maman me servait un thé à l’anis et cannelle avec des petits-beurre. La différence de température dessinait de grosses plaques rouges sur mes cuisses et ça picotait. Durant ces instants-là, enveloppée de la chaleur du salon de mes grands-parents, aux odeurs de feu de bois et d’agrumes, je crois bien que j’ai goûté mes premières gorgées de bonheur.
Finalement, c’est peut-être pas si nul, l’hiver.

Marie-Christine BUFFAT

Source de l'image :

http://www.lyoba.ch/galeries/wallpapers/images/wp_berra01.jpg


 

Par Marie-Christine Buffat - Publié dans : Des ptits rien
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Samedi 29 novembre 2008

Louise de Vilmorin. Peut-on rêver plus attachante héroïne d’un roman que cette femme d’esprit, elle-même écrivain, et coqueluche du Tout-Paris des années les plus fertiles du vingtième siècle ? Fiancée un temps à Saint Exupéry, muse de Malraux et de bien d’autres, dit on, c’est elle que Jacques Rouvière a choisi de mettre en scène dans son dernier roman Nous n’irons plus à Maïtagarria. Maïtagarria, c’est le nom de l’hôtel de Saint Jean de Luz où la jeune Louise s’en va, l’année de ses 17 ans, se refaire une santé. Elle souffre d’une arthrite tuberculeuse qui la contraint à rester allongée, le plus souvent dans une chaise roulante que par dérision elle baptise Rossinante. La jeune femme rassemble autour d’elle une véritable cour d’admirateurs qu’elle manipule, déjà toute jeune, avec un art qui jamais ne se démentira au cours de son existence. A ses heures de solitudes, elle partage avec Victor, l’homme à tout faire de l’hôtel, sa passion de la littérature. C’est que Victor, lui aussi, se rêve écrivain. C’est lui qui nous conte la chronique des trois années que Louise passera à Maïtagarria, et poursuit avec le récit de la relation épistolaire qu’il conservera avec sa muse jusqu’à la mort de celle-ci en 1969.

Jacques Rouvière, dont on n’a pu oublier les Dix siècles d’humour dans la littérature française, nous conte d’une plume légère la relation de ces deux personnages, faisant revivre pour nous tout l’entourage brillant autant qu’insouciant de la jeune femme. Daudet, Claudel, Gide, Cocteau, Gallimard, vont fréquenter Maïtagarria dans le sillage de Louise, régulièrement durant les trois années de séjour continu qu’elle y fera dans sa jeunesse, puis ponctuellement, lorsque désireuse de revoir le Pays Basque elle reviendra sur les lieux pour quelques jours ou quelques semaines, notamment durant la période agitée de la guerre civile espagnole. Elle si inconstante en amour – ne disait-elle pas je meurs d’amour sans savoir pour qui, fera preuve d’une indéfectible amitié pour le jeune Victor.

Les pages de ce court roman – on aurait aimé en lire bien plus, portent en filigrane la marque de l’amour que son auteur porte à la littérature et à l’exercice de l’esprit, et laissent au lecteur, la dernière page tournée, l’envie d’aller en lire plus sur la Dame Vilmorin et ses secrètes amours.  

Marie RENNARD

Par Marie Rennard - Publié dans : Elles ont vu, lu, entendu
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mardi 25 novembre 2008

Si l'ascension du Christ n'était qu'un mythe, et que Jésus ne soit pas depuis 2000 ans assis à la droite de Dieu, il serait alors à cette heure où je vous livre cette supposition, enterré quelque part - fatalement.
Or de tous temps, les reliques secondaires du Christ - son prépuce, ses ongles, ses larmes et sa sueur, et même son placenta que certains historiens prétendent être le fameux Graal derrière lequel Arthur court toujours, ont fait l'objet de la quête des exacerbeurs de spiritualité, ainsi que d'un marché florissant, surtout au moyen âge.
Supposez, donc, qu'un collectionneur philanthrope et versé dans les sciences mette aujourd'hui la main sur ses ossements et en commercialise la substance et l'influence sous forme de granulés homéopathiques, comme on vendait jadis le sang des saints dans des ampoules de plomb, que croyez  vous qu'il adviendrait ?
Pour le savoir, allez donc lire - en anglais(2) - Dry Bones de l'auteur britannique de sa majesté Richard Beard.

Marie RENNARD

__________________________

(1) Titre in memoriam Achille Talon.

(2) Ouais, parce que en Français, c'est pas gagné, hein.

Par Marie Rennard - Publié dans : Elles ont vu, lu, entendu
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mardi 25 novembre 2008

Il était une fois un petit garçon de huit ans qu’on surnommait « La Toupie » car il naquit au monde affublé d’un corps turbiniforme en métal coloré et d’une tête à tige torsadée. Déséquilibré par son physique, « La Toupie » ne se déplaçait qu’en tournoyant sur lui-même. Il tournait, tournait, et chacun de ses mouvements déployait à la ronde une bande aux reflets chatoyants, éphémère arc-en-ciel. Un jour, sur le chemin de l’école, « La Toupie »  accrut la cadence de sa danse bariolée. Le vent ainsi chassé par la course folle,  exprima  son courroux en grinçant des notes aigües au travers de la  panse en alu.

 « Arrête !», criaient les enfants de son âge, « Fais taire la musique de ce vent colère avant qu’il nous casse la tête !» Mais « La Toupie », assourdi par la cacophonie, continua tant et si bien que les petits, excédés, en eurent les tympans presque brisés. « Y en a marre », soupirèrent les gamins, « Puisque cette boule de métal n’entend rien, stoppons nous-mêmes cet amer tintamarre ». Bien décidés à sauver leur ouïe, les écoliers ramassèrent cailloux et pierres, et lapidèrent la pauvre toupie.

Cahin, caha, « La Toupie » cabossé regagna son logis en semant derrière lui des larmes grosses comme des cabosses. « Attention, « La Toupie » », prévinrent les passants, «À trop pleurer, le ruisseau va déborder ! ». Mais submergé par la peine, « La Toupie » sanglota  tant et si bien que le ruisseau enfla, enfla  jusqu’à devenir rivière. Il gonfla plus encore, et  la rivière devint torrent. Le torrent, à l’étroit dans son lit, déborda, comme averti.

- « Que se passe-t-il », hurla-t-il, fâché qu’on l’ait réveillé. « On ne peut plus dormir tranquille ? Et toi, « La Toupie », que fais-tu en ville à l’heure où les fils des gens apprennent leur conjugaison ? »

 « La Toupie » effrayé ravala un énième hoquet, puis répondit :

-  « L’école, c’est bien terminé. Plus jamais je ne veux y aller. On ne m’aime pas du tout, on m’y lance des cailloux.»

 Le torrent étonné tonna  plus fort encore, car attristé :

-  « Des cailloux, en es-tu sûr ? Ne serait-ce pas plutôt un grain de sable qui s’est glissé dans ta chaussure ? Rassure-moi et cours vite narrer à l’institutrice, ton étrange mésaventure.»

-   « Je ne me suis pas trompé », répliqua le petit, résigné,  «Mais c’est inutile d’en  parler. Les autres enfants ont fière allure. À  leur côté, moi, je jure. De ma version ou de la leur, laquelle aura plus de valeur ? Laisse tomber, mon ami, et continue ta route : personne ne m’écoute, ça je l’ai bien compris. »


Le cours d’eau, pourtant, ne l’entendait pas ainsi. Rempli d’amertume et ruminant sa rage, il choisit de venger l’infortunée toupie.


 Le torrent très en colère
Dans la classe répandit
Pierres, rochers, troncs et terre
Et quelques cailloux aussi.

 

Voilà mes chers, le triste conte du petit garçon toupie et  d’un cours d’eau plutôt gentil qui se mua en tsunami. Las, loin d’aider le petit, le ruisseau ne fit que creuser un peu plus le fossé entre les autres et lui. Car en vérité, chacun avait raison, et tout le monde avait tort. Mais après la guerre, il ne reste guère plus qu’à compter les morts.

Marie-Christine BUFFAT


Par Marie-Christine Buffat - Publié dans : Polésies
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Jeudi 20 novembre 2008
Mais enfin quoi ? Partie tôt ce matin aux photos d'Aude, je trouve dans le texticulet accompagnateur ce "Lisutanie" mis en exergue par des majuscules sur le I et le U inversés, genre inFARCtus.
Or bon, j'ai jamais entendu parler de Lisutanie - et m'en vais donc faire le tour de mes dictionnaires pour comprendre. Mais dans mes dictionnaires, point de Lisutanie, alors quoi ? Aude, tu nous expliques, qu'on finisse pas la journée aussi perturbées qu'on l'a commencée à cause de toi !
Par Marie Rennard - Publié dans : Tâchons de comprendre ensemble
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mercredi 19 novembre 2008


Porto, Portugal

Novembre 2008


Et ben je vous signale que les losanges s'associent très bien avec les rayures à carreaux, cet automne, en LIsUtanie. Voui. C'est même on the méga fashion-mode, devant la gare São Bento de Porto. Surtout si lesdits carreaux reflètent la couleur bleue des azulejos.
Et si vous ajoutez une petiote touche de dentelle finement ciselée autour de vos mollets farpaitement épilés, alors là, c'est le top du top : pour sûr, des marrons chauds, z'en vendrez par palettes de 15.

Ou pas...

Par Aude-Morena - Publié dans : OCTOBRE 2008 : Chaaaaaauuuud les marrons !
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mardi 18 novembre 2008
Quand je serai grand, je m’achèterai un iphone et je chatterai sur msn, en mangeant des burgers, avec du coca. Quand je serai grand, je rentrerai tard, sans demander la permission, je fréquenterai les bars où tout le monde se rend. Je rencontrerai des filles, on parlera un peu, on rira beaucoup, peut-être même on s’embrassera. Avec la langue. Puisqu’on sera grand. J’aurai une voiture, une décapotable, peinture chromée, jantes en acier, lecteur CD intégré. Je m’habillerai de marque, même les sous-vêtements et je serai coiffé comme une vedette de clip. Pas besoin d’étudier, je serai bien payé, un métier intéressant, qui me fera voyager. J’habiterai la région, en colocation, avec deux copains, les mêmes que maintenant. Quand j’aurai le temps, j’appellerai ma mère, elle sera super fière, de son beau fiston. Elle me dira qu’elle a eu peur, de me voir finir mal, traîner dans des bals, devenir un voleur. Elle reconstruira par bribes, l’histoire de mon enfance, comment j’étais terrible, ma désobéissance. Dans sa voix fatiguée, y aura du soulagement, celui de la maman qui n’a pas tout raté. Moi je l’écouterai d’une oreille distraite par le bruit de la télé en arrière-plan. Un verre à la main, les yeux dans le vague, je la connais la chanson, les paroles n’ont pas changé depuis que je suis enfant. Alors…
Alors je lui tairai combien ce temps me manque, celui où je reposais ma tête sur ses genoux, prétextant la fatigue pour cacher à quel point j’aimais la tendresse de sa main sur ma joue. Je chatte, oui, tous les soirs, avec des amis de hasard, portant des noms bizarres. Petite chatte griffe plus qu’elle ne miaule et mon cœur solitaire se noie dans un tiers coca, deux-tiers vodka. Personne pour me demander : Où tu vas ? Les rencontres sont virtuelles, on communique par mail, rires enregistrés, bisous, smack, et cætera. Je roule dans une poubelle, rouillée, levier de vitesse coincé, et encore, quand elle veut bien démarrer ! Mes fringues de marque sont démarqués, cela va de soi, la mode change trop vite pour mon porte-monnaie. J’habite un studio en ville, pas de place pour les copains, pas de place même pour un chien, mais à deux pas de l’usine qui m’emploie. Heureusement il y a ma mère, qui m’appelle chaque jour et répète avec amour, qu’elle est super fière de moi.

Marie-Christine BUFFAT
Par Marie-Christine Buffat - Publié dans : Polésies
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Vendredi 14 novembre 2008

Ras le bonbon du bourdon, cette fois c'est bon, basta, baston, ça fait des plombes que l'on n'a rien écrit, faut qu'on reprenne tout ça en main, Bic, j'en ai marre de guetter ma gaieté night & day en sirotant mon triste thé Darjeeling diling diling... Hey, c'est peut-être elle qui sonne à l’entrée ! Je me rue ouvrir la porte qui donne sur la rue. Macache. Zob. Nib. C'était pas miss sourire mais le préposé au gaz qui venait relever le compteur. En le regardant noter posément les chiffres de ma butane conso, je me suis demandée à quand remontait ma dernière explosion...de joie. Zéro souvenir ! Le bilan est pourtant lourd : la famille mon-allégresse a été complètement dégraissée, RIP mon-hilarité, feu mon-enjouement, exit mon-exultation, badaboum mon badinage, mon babillage, ad patres ma-liesse, mes-éclats au pilorire, massacrée ma-satisfaction, en capilotade mon-boyau-rigolade, je l’avais en l’air, je l’avais en laisse, il a foutu le camp, je ne me rappelle même pas quand, bonjour le tableau ! J'ai même perdu le sourire. J'ai regardé partout, dans tous les coins de la baraque, derrière les meubles qui craquent, devant quelques navets, sous les coussins en vrac du clic-clac, dans tout mon bric-à-brac, nulle trace de ma favorite grimace, envolée, pfuitt, comme ça, zyg au garde à vous, machinale tristesse... En fouillant touillant retournant tout, j'en ai bien retrouvé quelques-unes de risettes, fleurs bonheur-séché, entre les pages des albums photos et de quelques-uns de mes livres chéris. Y'en avait une bonne petite collec dans Le monde selon Garp mais bon, c'était des vieux sourirving, je pouvais pas sortir avec ça sur la tronche, ils ne s'emboîtaient plus vraiment. J'ai essayé d'en faire des neufs, cinq-quatre-trois allez les commissures, on s'étire, deux-un-zéro, aïe, bajoue, le boulot ! Le résultat était tout flasque, pas motivé pour un sou, fossettes en berne, rictus morne et mort-né, piteux…***soupirs longs***… Pour me remonter le moral, Bic a dit que le chat de la gouttière de la voisine, ce gourmand d’abats, était peut-être responsable du coup bas, entré un jour dans la maison en catiminet et en profitant pour chouraver mon boyau-rigolade. C'est vrai que je le laissais toujours traîner n'importe où, sur la table de la cuisine, sur mon bureau, j'y faisais pas vraiment gaffe, la denrée rire n'était pas rare dans la casbah, à l'époque. Je ne me suis pas aperçue que les cons et les conditions l'effaçaient peu à peu. Jusqu'à ce peu... Bic avait raison, ça ne coûtait pas grand chose d'aller faire un tour sur les toits, voir si le félin n'en avait pas oublié un morceau entre les tuiles. Et nous voilà, mon Bicounet et moi, perchés sur le faîte, à scruter de fait, comme des dingues, les tréfonds de neige fondue des tuyaux de zinc à la recherche de mon boyau manquant de la rigolade. Miserere mon viscère errant, aie pitié de ma tripe partie dans un drôle de trip, rendez-moi le fruit de mes entrailles que je puisse encore m'en payer une tranche, bordel d’Adèle ! Il faisait froid, on grelottait, on s'est regardés et, soudain, on a trouvé de quoi rire : moi ! Hilarité bien ordonnée... Finalement, le boyau était nulle part mais quelle crise ! On peut même dire que c’était l’appendice hit ! Redescendus cahin-caha, Bic et moi, avec nos mines réjouies sous nos capuchons, on s’est installés dare-dare devant une feuille blanche, tout ragaillardis : à nous deux, c’était dit, on aurait toujours le mot pour (éc)RIRE dorénavant. Juré. Craché. ‘tain, merde, Bic, espèce d’enragé, fais gaffe, t’as encore bavé sur le papier !

Christine SPADACCINI


(épisodes précédents: Style au Bic, part I, Crotte de Bic, part II, le Bicnick part III, Baron Perché part IV, Le Magicien Bic Oz, part V)

Par Christine Spadaccini - Publié dans : C'était booon
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Recommander
Mercredi 12 novembre 2008
Du roman Bones de Richard Beard, qui évoque dans ce passage une visite au musée de la Croix Rouge et des Atrocités de Genève.


Les victimes de ces catastrophes étaient toutes des gens ordinaires.

Plus loin se trouvait la reproduction en taille réelle d’une cellule de béton de deux mètres sur trois dans laquelle on avait entassé, quelque part au Libéria, pas moins de soixante dix prisonniers politiques. Le sol portait les empreintes de soixante dix paires de pieds, chacune d’une couleur différente. Ça peignait un tableau ou les corps disparus se tordaient dans les échos baroques d’un paysage sonore de tortures, de garrots, de mutilations.

On aurait pu l’appeler le Musée de la Malchance. Tout au long du mur extérieur, une simple ligne tracée à hauteur d’homme reliait entre elles les années où des guerres, ou des catastrophes naturelles, avaient tué un minimum de 100 000 Smith. En dessous de ce chiffre, nulle mémoire, nul souvenir. La ligne, aux points relativement distants à son début, et ponctuée seulement d’épisodes volcaniques ou d’épidémies de peste, montrait à l’époque moderne des dérèglements d’hécatombe, des points portés bien au-dessus de la limite des 100 000 par l’empilement sans fin des corps.

Nous entrâmes enfin dans une salle de cinéma aux murs couverts, jusqu’au plafond, des feuillets de l’original des Conventions de Genève qui avait présidé à la destinée des cinq millions de prisonniers de la première guerre mondiale. Sur l’écran défilait une série de diapos de la Bataille de Solferino, en 1859, avec une nette prédilection pour les scènes d’amputation à cette époque qui ignorait l’anesthésie, et, heureusement, la pellicule couleur.

Marie RENNARD (pour Richard Beard)

Par Marie Rennard - Publié dans : Elles ont vu, lu, entendu
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mercredi 12 novembre 2008

Les gouttes en s’accrochant aux fils dessinent le chant de la pluie – et c’est un chant très monotone et tout en fa. Pas de si, pas de pause, quelques diesels par ci par là pour étouffer le sol mouillé soufflent dans les gradins du fond, ou, pour une fois ça ne rit guère.

Quand il pleut, c’est toujours en fa, chuchote la partition blême.  Si, si, si seulement il ne pleuverait pas, y’aurait des trilles aux branches du haut, là où les oiseaux tiennent tout seuls, dans les aigus impondérables, et surtout on entendrait mieux les pom pom pom du basson jaune qui sont bouffés par les brouillards – oui mais voilà, il pleut des gouttes lourdes d’enfer et d’équinoxe, en fa de fourche seulement. Où sont les colombes d’antan ?

Marie RENNARD

Par Marie Rennard - Publié dans : Polésies
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 9 novembre 2008
 "Maman on en fait encore ?
- quoi donc ma puce ?
- des corations de Nowel
- des Décorations tu veux dire ?
- oui, t'aider corations, on en fait encore hein ?"

Eh voui. J'avoue... Toute honte bue ... J'avions remis ça... Là, pendant les vacances de Toussaint et chaque soir depuis la rentrée, on se lève, on goûte, on dîne, dans la patassel.

Ca devrait pas se dire que ça fait une semaine qu'on est dessus, mais entre le fait que j'ai bêtement essayé de réutiliser ma farine de blé noir qu'est pas panifiable, qui donc cuit pas, puis craquèle, puis, cette puterie, fait péter la première couche de peinture,  rapport qu'elle m'encombrait le placard pour rien depuis des mois vu qu'on n'en fait jamais des grapiots parce que les lardonnes aiment pas... BREF ... entre ça et : les pauses siestales de la cadette qui a enfin trouvé le mode d'emploi (je sais maintenant que Dieu existe !!) de la grassemat', ET l'incompétence congénitale de ma progéniture à concevoir autre chose que des escargots dans toute espèce de matière malléable (je vous assure : même leurs cacas sont à l'italienne), ça avance disons, sobrement, lentement.
Et pi après, quand c'est modelé, on laisse sécher. Douze heures.
Après on cuit, comment elle dit la recette déjà ? ah oui "entre 60 et 110 degrés plus ou moins longtemps selon l'épaisseur des pièces" démerde-toi avec ça. En pratique ça veut dire : huit heures pour un mini bonhomme de neige de cinq centimètres de haut. Oui mon amie. Si t'avais peur de pas aider EDF à redresser la barre cet hiver, fais de la patassel !
Après, quand c'est cuit et froid (j'ai dit on ne touche pas c'est encore chaud !!) on peint. Mamma mia ... J'ai deux modèles à la maison, le grand modèle vite lassé qui oublie toujours un coin en route, peste qu'on lui a piqué SA couleur et SON pinceau, et fait tomber du coude le pot de rouge sur le carrelage blanc que j'ai lavé la veille, et le petit modèle ravie au sourire aux oreilles, qui inonde tellement ses pièces de gouache qu'elles dégoulinent longuement, en grosse gouttes paresseuses, sur la table, sur sa main, dans sa manche ...
"ELSAAAAAA CA GOOOOUUUUUTTE LA !!!!" "Ah ? Bon ?"
et en soulevant bien haut la main qui tient le pinceau pour regarder son coude elle s'en colle immanquablement partout dans les cheveux tandis qu'elle appuie son autre coude dans une vaste tache déjà multicolore ...


Et puis après, monopole parental : on vernit. Et alors là, miracle ! Le terne et moche devient brillant et poli, les petits défauts disparaissent et tout rutile. On se penche à trois têtes au-dessus de nos oeuvres, on se fait de grands sourires et on passe le doigt, précautionneusement, sur le lissé d'un ventre rond et les petites ailes d'un angelot, mais voui tout est bien sec et clinquant, prêt pour l'arbre de nowel. On est fières et les puces retournent à leurs occupations.  Y'a plus qu'une demi journée de nettoyage pour récupérer le coin salle à manger.

"Maman t'es zentille de moi ? demande la petite une main autour de mon cou
- oui mon coeur, on a bien travaillé hein ?
- oh oui surtout moi ! ... et surtout Elsa et surtout maman !" ajoute la grande toujours un peu trop pressée de dire quelque chose, n'importe quoi, pourvu qu'elle occupe l'espace sonore, puis toujours trop soucieuse de rattraper les petites maladresses qui, nécessairement dans cette précipitation, lui échappent encore.

J'ai bien un peu insisté pour que l'homme participe et nous gratifie d'une sienne création mais lorsqu'il a vu qu'en matière d'escargots de Noël on était déjà bien servies, il a lâchement jeté l'éponge ! C'est dommage, je le souligne : j'ai souvenir d'un fort beau modèle de panda de pictionary qui, passé en 3D, nous aurait sûrement enchantées quelques belles années ... Non vraiment, c'est dommage.


Marie-Laetitia GAMBIÉ
Par Marie-Laetitia Gambié - Publié dans : Nos lardons
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires - Recommander
Jeudi 6 novembre 2008
Par Fourchette (Magali Pradère)
Par Magali Pradère - Publié dans : NOVEMBRE 2008 : Obama !
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander

Pourquoi ce titre ?

MARIE RENNARD a écrit

MARIE-LAETITIA GAMBIE a écrit

CHRISTINE SPADACCINI a écrit

Les Editeurs nous ont envoyé :

L'historique

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

C'est vous qui l'dites ...

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus