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MARIE RENNARD a écrit

MARIE-LAETITIA GAMBIE a écrit

CHRISTINE SPADACCINI a écrit

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Lundi 9 juin 2008

Une bien belle vieille dame, cheveux tout blancs, se précipite au ralenti sur le quai. Sa démarche n'a plus guère la grâce d'antan ; elle emprunte à présent à l'extrême retenue de ces grands oiseaux échassiers que l'on voit parfois déambuler dans les étangs déserts entre brumes et jour naissant ; promeneurs aux aguets soulevant au-dessus de l'eau en des gestes emprunts d'une rigoureuse lenteur une patte frêle, à demi-repliée, prolongée de doigts immenses aux phalanges innombrablement plissées, leur progression glissée qui ne dérange pas même les larves patineuses de surface évoque quelque mécanisme dissimulé à chenilles, qui conjugue immobilité des éléments au sol et mouvement de ceux qui le quittent, illusion d'optique créée par la fusion de deux référentiels. Pareillement, elle avance les jambes sans bouger le tronc et sa tête semblant retenue par des fils propres accompagne la progression sans paraître rattachée au corps, l'oeil aimanté au panneau indicateur des arrêts et horaires. Retenant un ahanement que se permettent souvent ces vieilles gens qu'elle abhorre, elle se hisse à grand' peine à bord du train qui ne partira que dans vingt minutes ; elle quitte sa veste de lainage, échange ses lunettes pour voir de loin qu'elle glisse dans son grand sac de plage contre une paire plus légère, s'assied dans le sens de la marche à une place lui permettant de garder un oeil sur toute la voiture, et ouvre avec gourmandise son livre en cours. Elle s'absorbe si pleinement dans sa lecture que lorsque je toque à sa fenêtre pour l'avertir de l'arrivée d'un train de même destination de l'autre côté du quai, et qui partira le premier, elle ne comprend d'abord pas d'où lui parvient ce signal ; puis elle soulève la tête et m'apercevant, très floue, qui gesticule de l'autre côté de la vitre, elle baisse ses lunettes, sourcils arqués dans une mimique interrogative. De l'index de ma main qui ne sert pas de marque-page à mon livre en cours, je lui désigne, en face, le train qui lui fera gagner quinze bonnes minutes. Elle replie ses affaires en toute hâte, à sa manière à elle ; la descente des trois marches immenses du wagon semble aussi laborieuse que la montée ; je tourne les talons pour ne pas l'embarrasser quoique la contemplation de ces mouvements si justement adaptés à sa carcasse douloureuse me fascine, et me dirige, moi aussi, vers le bon train. "C'est très gentil vous savez, ça fait du bien" elle ajoute le front plissé "parce que parfois, vous savez, je désespère ...". Elle a une voix chaude, une bonne voix, teintée d'un léger roulement des r qui me la révèle slave, émigrée, fatiguée mais non lasse, prête à tout pardonner pour un sourire rendu. Voyez, tout n'est pas foutu Madame.

par Marie-Laetitia Gambié publié dans : Les gens qu'on voit
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Dimanche 8 juin 2008

Femme
: En général elle est bien moins forte que l’homme, moins grande, moins capable de longs travaux; son sang est aqueux, sa chair moins compacte, ses cheveux plus longs, ses membres plus arrondis, les bras moins musculeux, la bouche plus petite, les fesses plus relevées, les hanches plus écartées, le ventre plus large. Ces caractères distinguent les femmes dans toute la terre, chez toutes les espèces, depuis la Laponie jusqu’à la côte de Guinée, en Amérique comme à la Chine.

C’est Voltaire qui cause[1]. Et quand Voltaire cause, on ferme sa gueule[2]. Tout au plus se peut- on permettre de relever les occurrences, et constater qu’il use dans sa comparaison de cinq moins contre six plus. Il serait aisé de s’en tenir là. Aisé mais malséant, aussi tentons de développer plus avant le sujet - qui est un l’espèce une sujette. Car ne nous y trompons pas, c’est bien ce qu’est, ce qu’a toujours été la femme, sujette, et même assujettie. Le vocabulaire lui-même en témoigne. Par simple curiosité, et aussi parce que ça nous arrange, listons les synonymes du dissyllabique vocable femme qui figurent au dictionnaire du CNRS, corps sérieux s’il en fut. Amante, bourgeoise, commère, concubine, compagne, conjointe, dame, demoiselle, donzelle, fille, garce, gonzesse, gouge, grande bringue, grognasse, légitime, matrone, maîtresse, moitié, moukère, muse, ménesse, nana, nénette, poule, prostituée, rombière, régulière, servante, virago, égérie, épouse.

On pourra constater sans peine que sur ces trente-et-un termes académiquement choisis, six seulement, voire sept si l’on inclut épouse, ont une connotation positive, tous les autres induisant un jugement de valeur défavorable aux créatures du sexe. Par souci d’équité, nous avons également vérifié les synonymes listés au terme homme, soit cinquante-huit équivalents échelonnés du laudateur au neutre, contre six induisant une idée amoindrissante, tant moralement que socialement.

Comment la femme, qui vient après le verbe et l’homme dans l’ordre de la création, pourrait-elle lutter si même les dictionnaires l’enfoncent ? La femme a de tout temps suscité chez son quasi alter ego homo sapiens sapiens nombre d’interrogations rationnelles. La femme a-t-elle une âme ? Et faut-il la réduire en esclavage ? Dans sa grande sagesse, il a répondu oui aux deux questions, et, comme le souligne Voltaire, il n’est pas étonnant que partout dans le monde l’homme se soit rendu maître de la gueuse, attendu qu’il a d’ordinaire plus de force physique et d’esprit. On a quelquefois, ajoute-t-il, vu des femmes très savantes ou guerrières, on n’en a jamais vu d’inventrices.

And my ass is it chicken[3]? Que Machin n’essaie pas de nous faire croire qu’il ignorait que d’Alembert a beaucoup pioché dans les recherches de Julie Lespinasse pour asseoir ses calculs, et que Pierre Curie n’était qu’un charlot comparé à Marie, et qu’Einstein lui-même n’est pas tout à fait aussi clair qu’on veut bien le prétendre. Si la femme longtemps n’a eu dans le développement des sciences qu’un rôle, non pas subalterne mais discret, c’est qu’on lui a longtemps nié (et nous employons on, dans toute l’acception populaire qui affirme que on est un c..) le droit même d’user de la parole. Qu’on pouffe autant qu’on veut à la lecture de cette assertion, nous nous en battons l’œil, à défaut (encore) d’autre chose. Pourtant force est de reconnaître que laisser les femmes s’exprimer sur leur propre condition, n’est sans doute pas ce qui leur permettra un jour d’atteindre à l’égalité à laquelle elles prétendent.

Qu’un homme brillant fasse part de ses avis sur le beau sexe, ce sera souvent avec un humour qui manque à toute une greluche, même policée, quand elle s’aventure à la harangue. Ainsi devons nous bien admettre que quand une femme qui a réussi cause des autres femmes (ce qui n’est pas tout à fait la même chose que de causer d’elle même), c’est rarement pour les servir. Rendons cependant grâces à Françoise Giroud qui affirma un jour que la femme sera vraiment l’égale de l’homme le jour où, à un poste important, on nommera une femme incompétente. Les évènements politiques français de l’année 2007 semblent d’ores et déjà indiquer qu’on est sur la bonne voie. Sommés de choisir aux présidentielles entre deux candidats également inopérants, 46 % des votants se sont prononcés pour une femme, le plus souvent d’ailleurs pour de mauvaises raisons, mais enfin, ça montre qu’il ne faut pas désespérer de l’humanité. Encore un effort, les filles !

_____________________________

[1] Dictionnaire Philosophique.
[2] Même s’il nous semble qu’à l’époque tout de même, on aurait dû commencer à cerner avec plus de rigueur les différences physiologiques entre les deux sexes.
[3] Cette citation là n’est pas de Voltaire.
par Marie Rennard publié dans : Vivons heureuses !
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Samedi 7 juin 2008



Je découvre chez Hachette cette collection : On n'est pas des gourdes !

 

Design flashy, petits cœurs partout, c'est évidemment du Hachette pratique, mais destiné aux nanas. Le sous-titre de la collection : une collection futile mais fondamentale ! (Heink ?)

 

Bon, je passe sur le fait que la collection, logiquement, devrait s'appeler "On n'est plus des gourdes !", puisque, si vous sentez le besoin d'acheter ces petits livres colorés, c'est que vous n'avez pas beaucoup de connaissances sur les sujets évoqués, tout de même…

Effectivement, les bouquins en question ne sont pas écrits par des spécialistes, mais se veulent rédigés par le tout-venant (vous et moi, par exemple) sur les sujets qui concernent les femmes et qui les attirent.

Et là, ça ne rate pas. Je vous le donne en mille.

Quoi, vous n'avez pas d'idées ?

Voyons :  

Comprendre son homme, évidemment. Pas besoin de souffrir pour être belle. Trouver (enfin!) l'homme de sa vie (mais si), et bien entendu : Comment être une bonne mère indigne ? et Plus jamais au régime.

Ben si. Et non, je n'exagère pas.

 

Dans les bouquins en question (pas besoin de les acheter, hein, trois minutes à lire en diagonale suffisent), un tas de banalités, faux bon-sens et vraies conneries. Prenons par exemple Plus jamais au régime, un slogan que – comme vous le savez – je ne suis pas loin de prôner (Juste après Vive la lasagne! ), on nous dit que même les minces se trouvent grosses (et je m'en fous) et que qui dit minceur ne dit pas bonheur. (Noooon ?!)

 

Bref, une petite collection On n'est pas des gourdes qu'on dirait taillée pour les courges.

 

par Irène Grätz publié dans : Féminisme sans poil aux pattes
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Vendredi 6 juin 2008

Je suis en train de lire La cellulite, c'est comme la mafia, ça n'existe pas, de Pulsatilla. (traduction Antoine Martin, préface de l'auteur à l'édition française - au Diable Vauvert).

J'ai été attirée par ce bouquin en rayon de librairie parce que la jeune fille explique en préface – me raconte le libraire – qu'elle a été repérée sur son blog par un éditeur. Ce bouquin est donc un "blog publié" (Non, les filles, rêvez pas tout de suite, tout de même…). 
Le quatrième de couv' annonce un Bridget Jones en plus intelligent. Rien que pour ça, j'aurais voulu voir. Il faut dire que je suis un tout petit peu allergique à Bridget Jones.

 


Première impression : waouw, trash ! D'abord, je ne suis pas sûre que je comprends tout (je sais, je parle comme une vieille), ensuite ce que je comprends me laisse pantoise parce que je ne suis pas sûre non plus que je peux parler de mes règles ou de mes problèmes liés à la bouffe aussi… allègrement et enfin, la réalité envisagée par cette jeune fille est d'un cynisme inouï. Je savais que j'étais vieux jeu, mais à ce point ?

Son pseudonyme est d'ailleurs, paraît-il, le nom d'une plante que son homéopathe lui a prescrit contre la méchanceté.


Bon, bref, je survivrai à ces descriptions scabreuses entre autre et je serai même obligée d'avouer que… par moments, j'ai bien ri, parce que c'est méchant mais bien tapé, souvent. Il n'empêche que l'ensemble n'est pas du tout drôle et si le livre, comme il est inscrit en gras au dos "a fait bidonner l'Italie",  mon rire à moi est un peu jaune...






 

par Irène Grätz publié dans : Elles ont vu, lu, entendu
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Jeudi 5 juin 2008
Maman s'inquiète souvent de mes relations en dehors du boulot. Je la rassure en lui disant que mes amies sont des filles interessantes et très enrichissantes pour moi.



par Magali alias Fourchette publié dans : Planches, strips, bulles et belles
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Mardi 3 juin 2008


Je vous le disais il y a peu, il arrive souvent qu’on me remercie de mes services de traduction d’un café, d’une fleur, d’un fou rire ou d’un livre. J’ai, il y a peu, bidouillé quelques lignes pour un charmant monsieur, ethnologue de son état, qui gentiment m’a adressé deux de ses bouquins. Je me suis plongée hier soir dans le premier, et je ressors, quelques heures plus tard à peine, toute tourneboulée du récit d’Adeline. Adeline qui ? On sait pas, on s’en fout. Adeline, née en 1910 dans la campagne vendéenne raconte pour Michel Valière sa vie de domestique agricole, mariée à 18 ans à un ivrogne, mère de douze drôles et drôlesses dont une bonne moitié ne sont pas les enfants de son époux.

A 70 ans, elle raconte, et écrit dans des cahiers, ses souvenirs, ses morales, son code de vie à elle, dicté dans un monde rural aux mains des hommes à des femmes qui, par ignorance ou fatalisme, ne discutent pas les règles. Dans un langage savoureux, et judicieusement mis en scène par l’ethnologue, elle nous entraîne sur la route de ces femmes abruties de travail et de superstitions, rappelant pour nous chansons, recettes de bonnes femmes, coutumes et mœurs d’un monde qui meurt avec les derniers représentants de son espèce.

Et pourtant, la vie, la morale et les décisions d’Adeline sont d’une actualité surprenante. Ne comptez pas sur moi pour tout vous dire. Faites le détour, lisez l’histoire, et s’il vous reste un peu de temps, repensez-y en préparant le prochain repas, votre marmaille accrochée à vos basques… Oui, y’a des fois de quoi pleurer de rage d’être une gonzesse. Heureusement, on sait aussi pleurer de rire. Adeline comme les autres. Heureusement.

Amours Paysannes
Michel Valière
Geste éditions.
Dispo sur Amazone.

Blog de l'auteur : http://belvert.hautetfort.com/

par Marie Rennard publié dans : Elles ont vu, lu, entendu
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Samedi 31 mai 2008

Vous lecteurs et lectrices ! Vous vous demandez sûrement où travaille Fourchette et dans quelles conditions ?

par Magali alias Fourchette publié dans : Planches, strips, bulles et belles
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Vendredi 30 mai 2008

                            Le Passant chagrin, publié aux Editions Mic Mac                 

Ca vous sèche au bord des yeux et ça tire encore un peu pendant de longues, longues minutes, parce que jamais vous n'aurez l'envie d'essuyer d'un revers négligent de main ces traces de votre tristesse. Ca vous colle à l'âme sans rien pouvoir y faire.
"Le Passant chagrin" d'Andrew Holleran (Grief en VO) est le récit d'un travail de deuil au coeur d'une ville qui semble éberluée d'avoir survécu, finalement au SIDA.
Lorsqu'il s'installe à Washington, après la mort de sa mère, le narrateur pense avoir fui assez loin pour réussir peut-être à construire ici ce qu'il ne s'est pas décidé à détruire là-bas. Lorsqu'il s'installe dans la chambre qu'un de ses amis a trouvée pour lui en location dans une de ces magnifiques maisons que compte la ville, il dispose d'une journée pleine pour apprivoiser la maison, qui s'offre à lui, meublée, peuplée de la vie d'un autre ... comme la ville se livrera à lui petit à petit. De petites touches savamment dosées, des impressions, des musiques envolées aux fenêtres, des parfums, composent avec une élégante nonchalance l'ambiance merveilleusement mélancolique de cet ouvrage, on se laisse baigner par le chagrin omniprésent, les absences, les regrets, le deuil des êtres chers et de la jeunesse fânée. Le narrateur se parle à voix haute, pas vraiment ignorant de notre présence mais plaisamment insoucieux, et cette distance volontaire qui le fait hésiter entre le ton de l'autobiographie et celui du roman nous place, nous lecteur, entre des limbes indécises : de ce poste d'observation au-dessus de son épaule nous voyons se dérouler une réalité tout juste décalée de quelques atomes, palpable, et sa tristesse languide nous gagne comme elle baigne les pages que l'on tourne, trop vite et à regret.
Voilà un ouvrage dont on ne saurait faire ni l'économie, ni le deuil ; il parle à notre expérience comme à une amie chère et l'instruit, au creux de l'oreille, sur la perte, l'absence, et la difficulté, au fond, d'être celui qui reste.

La traduction de Christine Spadaccini est lumineuse, simple, sans affèterie, et restitue avec un infini respect toutes les finesses de l'auteur. Une commune tendresse pour le verbe doux et les entrelacs du récit semble unir la traductrice à son auteur, pour notre plus grand plaisir.

par Marie-Laetitia Gambié publié dans : Elles ont vu, lu, entendu
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Jeudi 29 mai 2008


Hier ... hier ... il y a un "avant" et un "après" .... Hier mes amis, lecteurs innombrables (1), j'ai basculé dans le monde des propriétaires immobiliers ! Gloria ! Gloria ! Gloria ! (2)  A moi l'impôt foncier ! à moi les crédits d'impôts (3) ! à moi les travaux de peinture, de menuiserie, les montages démontages de meubles, les encartonnages, les choix de couleurs hasardeux et repentants (4) ! Je ne me sens plus de joie et je roule un peu des épaules dans la rue, he he, tremblez misérables vers de terre, je suis propriétaire !  Bon... pour être tout à fait honnête, il serait plus réaliste de dire que je me suis pris un bail de trente ans au Crédit Léonin ... mais c'est pas grave ! Enfin ! Enfin, je vivrai entre des murs dont je serai libre de disposer à ma guise, j'aurai sous les pieds un morceau de terre dont je pourrai transmettre la jouissance à mes filles et sur la tête un toit sûr (euh chéri on a vérifié la date de réfection du toit ?) et pour ça je suis bien prête à m'engager sur trente ans. Au taux imbattable de 5% hors assurance. Certains diront sans doute, dédaigneux et hautains, que je me crée là une attache matérielle bien futile, et que je manifeste une étroitesse d'esprit toute prolétarienne en me réjouissant de m'enchaîner ainsi à de l'inerte .. Ouais... Ceux-là je parie qu'ils sont pétés de thunes, y'a que les rupins pour dire que l'argent ne fait pas le bonheur, alors je les emmerde bien haut et bien fort, j'ai suffisamment d'emmerdes par ailleurs pour avoir je crois le droit de goûter un peu cette sensation de sécurité et cette douce impression d'être arrivée en un "quelque part" où il fait bon poser ses valises un temps. Fin de la parenthèse que j'avais pas ouverte (6).

Or donc, pouf pouf ...
Hier j'ai basculé dans le monde des propriétaires, disais-je, et CA s'est fait en l'office de Maîtres S., V., R., P. et A, en la ville de P (7). Une signature notaire comme une autre pour Chériamoi, qui en fait douze par mois (raaah si seulement ! (8)), mais une nouveauté pour moi ! On avait avec nous nos deux mignonnettes toutes enrobées et pomponnées de frais, et si moi je me suis un peu ennuyée elles je vous laisse imaginer à quel point ça les a passionnées ... J'avions prévu le coup : coloriage, feutres, autocollants ... Mais bien sûr le collage des stickers s'est fini en baston larvée, tirage de cheveux, arrachage de pages, et un collage sur la figure ... La routine. Un peu plus d'une heure à échanger des banalités fades, à finir par faire un peu le clown parce qu'on s'emmerde quand même faut bien le dire - et avec des notaires c'est curieusement simple d'être spirituelle ils ont le rire facile des gens qui ne savent pas déconner c'est effrayant ! encore pire qu'à mon boulot ! - et on avait les clés de notre futur chez-nous. On boucle tout, on se serre la main, on sort du bureau ... Et là Chéri qui connaît tout le monde se fait alpaguer par Maître P., le grand manitou en costume trois-pièces, obséquieusement condescendant comme j'aime, qui me salue long comme il croit avoir le bras et lance à Chéri avec un sourire toutes dents dehors, désignant les deux prunelles échevelées de mes yeux "aaaah je vois qu'on a deux nouvelles secrétaires !" ... Vous commencez à me connaître, là mon sang ne fait qu'un tour sans passer par la case cerveau ... Je croise le regard de Chéri qui possède un sismographe de mes humeurs d'une grande sensibilité et me fronce un sourcil curieux et inquiet ... Au prix d'un très gros effort je parviens à fermer ma très grande bouche et à nier l'existence même de la phrase entendue ... Las, le Monsieur, se pensant précédemment inaudible, réitère son trait d'esprit deux décibels au-dessus ... "ah ah voici nos deux nouvelles secrétaires". Chéri ne peut esquiver ... Tout en me poussant discrètement dans l'ascenseur d'un habile coup de fesses alors que j'ouvre la bouche pour moucher l'importun, il échange deux ou trois banalités avec le Maître des lieux, qui rit bien haut comme on lui a appris (voir supra sur l'humour notarial ...) et vouffff ! la double porte se referme sur ma colère...
"Qu'est ce qu'il y a ?" me demande Chéri, amusé et un brin faux-cul.
"Non mais quel connard ..." je fulmine, de n'avoir pu tancer le cuistre, et de la cuistrerie elle-même.
"Mais non c'était pour être gentil"
"Ah ouais ? et tu crois qu'il t'aurait lâché la même connerie pour être gentil si t'avais eu deux petits garçons ???"
"......... !"    "........  ?? "
"Ouais ... C'est bien ce que je me disais aussi !"

Une fois de plus, la représentation sociale de la féminité, les poncifs sexistes, l'humour (mais peut-on vraiment parler d'humour) machiste, m'ont foutu l'estomac en vrac pour un bon moment ... Pourtant Chéri c'est vraiment mais alors vraiment l'homme moderne (par opposition à l'homme préhistorique bien sûr, n'en déplaise aux pitécanthropes éventuels qui fréquenteraient cet endroit), père torcheur câlineur bisouilleur disputeur consoleur accompli, repasseur vaisselleur émérite, fustigateur attitré de Blédina-du-côté-des-mamans ... féministe dans les faits (donc en vrai) mais là ... ben il avait rien vu ...

Ben j'vous l'dis, si même un homme comme ça ne voit pas ce genre de choses... on n'est pas sortiEs de l'auberge les nanas.


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(1) Faux ! Archifaux ! vous êtes nombrables et au nombre étonnament élevé d'une soixantaine par jour ! épatée je suis, d'où venez-vous ? qui êtes-vous ? pourquoi vous mettez jamais de commentaires ??? et qui c'est qui fait la vaisselle ?
(2) Régilait aussi mais c'est moins bon quand même.
(3) Tiens, moi qui vous cause et qu'ai voté comme chacun sait, ben je vais outrancièrement me faire rembourser des sous par les impôts l'année prochaine ! Et sans que ça me défrise l'antisarkozisme en plus ! Dans l'cochon, tout est bon ! Ca n'a rien à voir mais j'avais envie de le placer. 
(4) Dans notre ancien appart' on (enfin je) avait décidé de faire un mur bicolore, genre au choix hacienda ou chambre de vieil hôpital ... Mamma mia cette catastrophe ... Affreuzatrocimmonde... Pi après, va-t-en remettre en blanc un mur qu'a été peindu en pourpre .... Je refra plus... Ou alors juste un mur tu vois, celui du fond dans le séjour là où on va mettre la bibli, ça péterait en carmin nan tu trouves pas ?
(6) (et NON y'a pas de cinq, en hommage à Gaston Lagaffe). Je fais ce que j'veux avec mes parenthèses d'abord, z'avez qu'à créer votre blog si vous voulez mettre des parenthèses partout, et toc ! Je vous donne pour démarrer toutes celles que j'ai oublié d'ouvrir ou de fermer ça fait un bon petit fond de roulement... hi hi
(7) Toute ressemblance avec des initiales existantes me ferait vachement marrer, faites péter les photos des plaques.
(8) Private joke ... parce qu'il est payé uniquement à la commission Chéri, et que les commissions sont fonction du nombre de ventes et que les ventes ça s'acte chez un notaire ! I ferait douze par mois j'aurais acheté aussi l'église à côté de la maison...
(et 9) Pour comprendre le titre allez donc faire un tour
chez Irène !

par Marie-Laetitia publié dans : Féminisme sans poil aux pattes
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Mercredi 28 mai 2008



 


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par Magali, alias Fourchette publié dans : Planches, strips, bulles et belles
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Mercredi 28 mai 2008

je signe l'acte d'achat de ma future maison.
Voui.
Même que ça me fait tout bizarre.
Même qu'l va falloir que je prépare mon déménagement à force ! si si ! Les cartons, les valises, réussir à placer enfin le chien parce que chéri veut vraiment pas qu'il suive ... Tout ça.
On fête ? C'est moi qui invite.

par Marie-Laetitia publié dans : Vous vous en foutez mais ...
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Mardi 27 mai 2008

Simplement une histoire de goutte, un peu moins transparente que les autres, colorée de boue, vase gluante, pas nette et pourtant à peine perceptible, à la bactérie vivace, une goutte de ressentiment, une larme de ras-le-bol, vapeur de fatigue. Le vase qui déborde sans qu’on ait vu qu’il se remplissait. Pourtant, l’était pas minus, ce vase. Pas un verre à vin blanc pour muguet esseulé,  ni même à digestif, pour fleurs étêtées. Non. Plutôt grosse canette, solide, à la poignée épaisse. Commande spéciale fête de la bière, conçue pour résister aux chocs. Et puis, la goutte, celle qui tache, la vilaine qu’on s’attendait pas à trouver là. Elle aurait pu tomber ailleurs, sur le sol, dans une flaque. Y en a plein des flaques, des restes d’orages, trop-plein de mares, piscines percées. Mais non. Fallait qu’elle tombe pile dans la chope, un truc à choper le blues. Le blues pourtant, c’est plus Bourbon que bière, tiens, ça me fout le bourdon. Quitte à être bourrée, autant sortir au bar, mal barrée pour une soirée peinarde, mais s’il faut compter les gouttes, qu’elles soient aromatisées Cynar. Moralité : à trop remplir les vases, on se retrouve à vider des verres.



 
par Marie-Christine Buffat publié dans : Dans le cambouis !
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Mardi 27 mai 2008

Chers internautes, chères internautes,
pour la première fois depuis l'invention de l'internet,
pour la première fois depuis l'invention de l'euromillion,
moi, Marie-Laetitia Gambié, grande prêtresse de la caste des suce-tirets,
grande ordonnatrice des accents aigus fâchés,
je vous livre,
en exclusivité mondiale,
AVANT le tirage de VENDREDI !
et avec un taux de réussite de 99,99999% ...


un des RESULTATS de l'EUROMILLIONS :


6   -   14    -   22    - 25     -  36     - 40     - 45 

est bel et bien, avec un taux de sécurité de 99,99999%, une COMBINAISON GARANTIE PERDANTE !

J'invite mes coreligionnaires à faire de même et à vous permettre, ainsi, D'ECONOMISER EN TOUT 6 MISES PERDANTES !

Vous pouvez adresser vos dons en liquide, espèce, nature, à mon adresse personnelle pour obtenir toute autre combinaison perdante avec une marge de sécurité de 99,9999%.

Ici-même, demain, par simple apposition des mains sur l'écran, en huit dixièmes de seconde, vous saurez avec certitude si oui ou non vous êtes enceinte et crédule (2)!


___________________________________
(1) Perdants. Résultats perdants. Ah mais si mais si, ce sont aussi des résultats ! Juste un peu plus longs à donner, comme le tiercé dans le désordre, on vous donne pas toutes les combinaisons ? Ben c'est pareil ! Comme quoi faut toujours lire les renvois, notes et toutes petites lignes en bas de page !
(2) Probablement crédule, si vous avez réfléchi ne fût-ce qu'une sprouchième de seconde, si si ne niez pas j'ai vu le plissement dans votre oeil (gauche).  Quant à  la cruciale question "enceinte ou pas",  quand on voit qu'il existe des sites internet qui vous prédisent le sexe de votre futur bébé à condition de renseigner la date de conception, l'heure, la position, la taille du zi... pouf pouf ... enfin bref, y'a des nanas pour aller sur des sites aussi con, alors je suis certaine que ça marcherait le cybertest de grossesse !
(2 bis) Si vous êtes un homme, vous n'êtes probablement pas enceinte. Je sais, c'est moche mais c'est ainsi. Ne pleurez pas, vous êtes le sexe fort on peut pas tout avoir non ? Si ? M'enfin vous êtes trop gourmand ! Et pi croyez-moi, les nausées c'est pas de la tarte ! Franchement ! Et l'accouchement, vous y avcez pensé à l'accouchement ? Ah ben oui parce que c'est pas le tout qu'il entre, faut qu'il sorte, le bambin, pi vachement plus grand en plus qu'à l'entrée ! Ah, on y réfléchit à deux fois finalement hein ?
(2 ter) Rien de spécial mais si vous êtes arrivé jusque-là : on se tape une belote ? J'm'emmerde.

par Marie-Laetitia publié dans : J'me marre
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Mardi 27 mai 2008


Le café du matin
Des géométries courbes
Un planisphère ancien
Où y’a pas d’Amérique
Un corniaud amputé
Qui chasse sur trois pattes
Un papillon du jour
Un poème de Virgile
Un grand bain parfumé
La voix rauque de Tom
Qui vocifère des choses
Qu’on n’ose pas murmurer
L’éclat jaune du laiton
Qui fait comme un soleil
Dans le gris des usines
Un téléphone muet
Une latinerie qu’on ne connaissait pas
Un joli tortillé sur un volubilis
Mauve, c’est les plus beaux
Le parfum du lilas
Une perle trouvée
A des lieues de Venise
L’émeraude d’un œil
Croisé à la terrasse
D’un bistro de printemps
Un craie oubliée retrouvée dans ma poche
Un cantique échappé
D’une église entrouverte
Y’a tant de p’tits bonheurs… 

par Marie Rennard publié dans : Polésies
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