Samedi 27 février 2010 6 27 /02 /Fév /2010 09:41


Bien. Asseyons-nous un moment, les filles, et papotons tranquillement. Je vois que Mariléti, Christine, Marie et Irène sont déjà arrivées. T'en as de jolies babouches jaunes, ma Léti, dis-donc ! Pour sûr, elles te vont bien au teint. Si, si, tu en as le visage tout t-illuminé.
Nous disions donc : quoi de neuf les copines ? La pêche ? L'hiver ne vous sape pas le moral, j'espère ? Il faut dire qu'il est bien long cette année : même à Toulouse, nous tardons à ôter les couches qui protègent nos petits avant-bras musclés. Je rêve de faire tomber le manteau pour enfiler de nouveau, avec amours zorgues zé délices, ces petites vestes courtes et si seyantes (vous vous souvenez, j'en avais trouvé une en soldes l'an dernier, ouh là j'avais du batailler, mais batailler, pour l'obtenir !!!)

...

...

Dis donc Christine, si je te saoûle, faut le dire, hein ! Tu crois que je ne t'ai pas vue me critiquer en douce à l'oreille de Marie ? De toute façon, je veux pas dire, mais elle n'a pas du entendre grand chose de tes racontards, la pauvre : trois mois qu'elle attend un rendez-vous chez le charcutier pour règler son sonotone.
 
...

Bon. Reprenons. Alors, quels seront nos projets pour 2010, mes Princesses ? Je sais que y'en a qui se sont remises avec passion et talent à l'écriture, c'est chouette. Moi ? Boarf, je papillonne, de-ci, de-là. Toujours en train de faire mumuse avec mes appareils photos. Les gens parfois pensent que j'en fais de manière professionnelle, ça me fait grave rire quand ils me posent alors des questions techniques et que je n'en pipe pas la moindre virgule. J'suis la Reine de l'Esbouffre.

...

Marie, fous-z-y donc un coup de coude à Irène, elle est en train de dormir les yeux ouverts, faudrait pas qu'elle en vienne à tomber du banc, elle est capable de se péter la molaire arrière gauche et j'ai paumé les clés du camion, donc pour l'embarquer à l'hosto ce serait coton.

...

Qu'est-ce qu'elles fichent, les autres ? Hé ho ? Magali ? MariChriChri ?

...

Bon, en plus va falloir que je vous laisse mes cocottes, on me glisse dans l'oreillette que c'est l'heure de mon rendez-vous hebdomadaire de mon cours de cuisine islandaise. Passez-donc becqueter à la maison un de ces quatre, va, je vous préparerai une petite salade de lave pas piquée des hannetons, et on papotera chiffons, ou alors de la reproduction des paramécies en eau douce en Amérique orientale dans le courant du XVème siècle, j'suis pas contrariante, savez. Pour peu qu'il y ait quelques bulles pour accompagner l'inspiration...

Allez, joyeux week-end les poulettes, soyez sages.

Morena
Par Morena - Publié dans : Petits déboires ordinaires de citoyennes
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Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /Déc /2009 15:17

Par Christine Spadaccini - Publié dans : Planches, strips, bulles et belles
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Vendredi 4 septembre 2009 5 04 /09 /Sep /2009 10:02

 

France - 2009 - court-métrage - Genre : sitcom
Accord Parental indispensable - Ce film peut heurter la sensibilité des fans d'Amélie Nothomb

Date de sortie : 12/08/2009
Un film de : la petite boutique des jolies rencontres, Inc.

D'après le livre de Stéphane Koechlin, "Michael Jackson, la chute de l'ange".

Avec : Stéphane Koechlin, Hervé Crespi, Christine Spadaccini, Julie C., Israël X. et l'aimable (sic!) participation d'Amélie Nothomb.

Produit par les éditions de l'Archipel.

 

 

INTERIEUR JOUR - GRANDE LIBRAIRIE

 

Christine S. est venue rendre visite à sa copine libraire, Julie C. Elles sont au rayon "Musique", à l'entrée du magasin, à droite, et Julie montre le présentoir dédié aux ouvrages consacrés à Michael Jackson. "La chute de l'ange", l'ouvrage auquel Christine a participé, est particulièrement bien mis en valeur, place centrale sous les sunlights des tropiques auvergnats, faudrait être...aveugle pour pas le voir! Un homme s'approche et meurt fusillé par les yeux des deux filles: ni bonjour ni merde et en plus il repart avec un autre livre sur Michael! Puis c'est un petit Black d'une dizaine d'années qui se pointe, Niké des semelles à la casquette, T-shirt et sourire XXL, une bouille à fondre.

 

- JULIE: bonjour! Tu peux t'approcher et regarder les livres si tu veux...

- LE MIOCHE: bonjour! Oui, merci... Mais y'en a beaucoup! C'est lequel le plus bien?

- JULIE: celui-là, tiens! (Elle lui tend "La chute de l'ange") Et en plus tu peux même parler à l'auteur, elle est là avec moi!

- LE MIOCHE (regards dubitatifs dans la direction de CHRISTINE): tu t'appelles Stéphane, toi?!

- CHRISTINE (regards AR-15 en direction de JULIE): non, je m'appelle Christine. On a écrit le livre à plusieurs, avec Stéphane Koechlin et Hervé Crespi.

- LE MIOCHE: ben pourquoi que t'es pas dessus alors?

- CHRISTINE: parce que c'était Stéphane le chef et c'est lui qui en a écrit le plus! Mais regarde, je suis là! (Elle lui montre la page intérieure où son nom apparaît.)

- LE MIOCHE: ah ouais... Christine Sssssa...pa...speu...d...ssap...spassda...oh ben je comprends pourquoi ils ont pas mis ton nom dessus, on peut même pas le dire!

- CHRISTINE (pensant "petit con"): ça tombe bien que la rentrée arrive, dis donc, tu vas pouvoir demander à la maîtresse de te réapprendre à lire!

- LE MIOCHE: je peux t'appeler juste Christine alors?

- CHRISTINE: Oui. Et toi, c'est quoi ton prénom?

- LE MIOCHE: Israël!

- CHRISTINE: Alors Israël, t'aimais bien Michael Jackson?

- ISRAEL: bof...mais je voudrais bien faire comme lui!

- JULIE: chanteur?

- ISRAEL: non, connu!

- CHRISTINE: mais pour être connu, il faut faire quelque chose qui te fasse connaître!

- ISRAEL: ben, je danse aussi bien que lui, regarde...

(L'enfant commence un Moonwalk déglingué et, en reculant, heurte un autre présentoir où il y a 308 000 exemplaires (pas moins) du dernier opus d'Amélie qui (No)thombent lourdement par terre! Christine se marre. Julie est en pétard.)

- JULIE: vite, aidez-moi à ramasser, je vais me faire engueuler!

(Les trois remettent les livres en place)

- ISRAEL (un exemplaire du dernier Nothomb encore entre les mains): c'est qui, elle, sur la photo?

- CHRISTINE: ben c'est Amélie Nothomb!

- ISRAEL: et pourquoi qu’à elle y mettent son nom et aussi sa photo sur la couverture et pas à toi?

- CHRISTINE: je t'ai déjà expliqué!

- ISRAEL: ben, en tout cas, ils auraient mieux fait de mettre ta photo que la sienne!

- CHRISTINE (pensant "adorable chérubin"): mais moi je ne suis pas connue!

- ISRAEL: ben, faut faire quelque chose pour te faire connaître!

- CHRISTINE (bien mouchée et pensant "j'irai cracher sur Nothomb"): un point pour toi, saleté de môme!

- ISRAEL: alors tu vas faire quoi?

- CHRISTINE: et si j'écrivais l'histoire d'un petit garçon qui s'appelait Israël et qui voulait faire "connu" comme métier? T'en dis quoi? Comme ça on deviendrait connus tous les deux en même temps!

- ISRAEL: ouais!!!

- JULIE (une pointe de sarcasme dans la bouche): et peut-être même que vous dégommeriez Amélie Nothomb, c'est ton éditeur qui va être content!!!

- CHRISTINE (indifférente au sarcasme): mektoub!

 

Le film ne raconte pas combien d'exemplaires de "La chute de l'ange" Julie a vendus (ce n'était pas son rayon de toute façon et son CDD s'est terminé samedi dernier car la librairie en question appartient au groupe Chapitre qui est en train d'en écrire un nouveau, mochement intitulé "Plan social") mais la rencontre d'Israël valait le détour.

Le truc chouette, je trouve, avec les livres, c'est qu'il y a non seulement une histoire dedans mais aussi toutes les histoires que chaque exemplaire va générer, une fois plongé dans le grand bain bouillant du commerce: des rencontres, des coups de foudre, des regards tièdes, des plongeons, de belles indifférences, des taches de café, de grandes incompréhensions, des pages cornées, de long stand-by dans les chiottes ou sur des étagères poussiéreuses, des mains douces, des dos brisés... Moi, si j'étais un livre, je serais livre de bibli. Bon, le truc pas cool, c'est qu'on me collera un numéro sur le dos et que je vais être pas mal secoué. Mais je rencontrerai plein de gens qui m'offriront une petite villégiature sympa d'une quinzaine sur leur chevet, je serai toujours en balade, même pas le temps de raconter à mes voisins de papier mon dernier périple que, zou, j'aurai déjà changé de main, ma fiche remplie à bloc, même plus de place pour le tampon des dates, le pied!

Oh, et puis non, je serais un des exemplaires de "La chute de l'ange", perché tout en haut du présentoir, tout beau sous ma couverture azur avec Jackson s'offrant une pose christique, "Michaelangelo" on stage. Je vais attendre une heure, un jour, une semaine et puis, enfin, je verrai cette main se tendre dans ma direction, mon cœur de vélin se mettra à battre un peu plus vite: je vais être acheté! Mon acquéreur me prendra et me feuillettera un peu brutalement, je remarquerai sa mine un peu renfrognée, dubitative: c'est un grand fan de Michael Jackson, va falloir que j'assure un max... Je sais que certains m'ont traité de "quick book", écrit trop vite, d'oppor-thune-iste cherchant à banquer sur la mort du chanteur... Ben, un peu que j'ai envie que mes jumeaux et moi, on trouve plein de lecteurs! Mais je ne suis pas bâclé! D'ailleurs mon fan pointilleux a même dit qu'il y avait de jolis passages, il a découvert, par exemple, l'histoire de "l'arbre généreux" du ranch de Neverland qu'il ne connaissait pas. Il a même dit qu'on me lisait comme un roman! Cela tombe plutôt pas mal, quand on y pense, la vie de Michael Jackson n'en est-elle pas un? Le roman incroyable d'un gamin talentueux catapulté sous les projecteurs à l'heure où les autres sucent encore leur pouce! Le roman triste d'un môme privé d'enfance, devant faire face à la violence de son père et de cette destinée hors normes! Le roman de la réussite exceptionnelle d'un artiste inspiré aux multiples talents. Le roman équivoque, enfin, du pauvre petit poussin noir qui aurait bien voulu être de la même couleur que le reste de la couvée, en butte à de toutes les injustices, sauf que ce Calimero-là avait parfois des airs de Cruella: la même maigreur, la même pâleur, les mêmes cheveux longs, les mêmes sourcils redessinés, les mêmes yeux noirs, la même fossette au menton, le même nez absent et toujours cette quête des petits... Mais peut-être Michael, lui, ne cherchait-il qu'à s'envelopper du manteau de l'insouciance enfantine qui lui avait tant fait défaut? Mes auteurs ont parlé de tout ça, de la grâce, de la disgrâce, du brillant et des doutes, de la musique et des silences, des moments de magie et du noir. "C'est cette trajectoire splendide et tragique que retrace Stéphane Koechlin: le long voyage d'un gamin noir de l'Indiana jusqu'au ranch irréel de Neverland, au sommet de l'art, de l'artifice, du génie et de l'illusion", comme dit ma quatrième de couverture. Voilà, vous savez tout, je vous attends sur mon présentoir...

 

 

EXTERIEUR JOUR - JARDIN JOUXTANT UNE ECOLE PRIMAIRE

 

Christine S. lézarde dans son jardin pendant que son chien chasse les lézards. L'école d'à côté prépare la rentrée toute proche. Des gens passent. Soudain la voix claire d'un élève qui s'élève dans l'air. Le chien hurle. Derrière la grille, y'a un petit Black d'une dizaine d'années, Niké des semelles à la casquette, T-shirt et sourire XXL, une bouille à fondre.

 

- ISRAEL: qu'est-ce que tu fais là?

- CHRISTINE: ben, c'est ma maison! Et toi?

- ISRAEL: ben, c'est mon école!

- CHRISTINE: on va se revoir souvent alors!

- ISRAEL: t'as commencé à écrire notre histoire?

- CHRISTINE: euh...non...tu sais... j'ai pas eu...(il lui coupe la parole joyeusement)

- ISRAEL: ah, tant mieux, j'avais peur que tu travailles pour rien!

- CHRISTINE: pourquoi?

- ISRAEL: parce que j'ai décidé que je veux plus faire connu comme métier...

- CHRISTINE: ah bon? Et tu as décidé ce que tu allais faire d'autre?

- ISRAEL: je ne sais pas trop encore... Et toi?

- CHRISTINE: quoi, moi?

- ISRAEL: tu vas faire quoi comme métier du coup?

- CHRISTINE: ben je sais pas trop non plus...

- ISRAEL: bon faut que j'y aille, on se verra pendant les récrés alors. Je viendrai te voir à la grille, d'ac?

- CHRISTINE: d'ac! (Il part en courant, elle reprend sa lecture : « Psychotic Reactions and Carburetor Dung » du critique rock américain Lester Bangs et tombe sur ce passage écrit quelques jours après l’assassinat de John Lennon : I can't mourn John Lennon. I didn't know the guy. But I do know that when all is said and done, that's all he was -- a guy. The refusal of his fans to ever let him just be that was finally almost as lethal as his "assassin"/ Je ne peux pas pleurer la mort de John Lennon. Je ne connaissais pas le type. Mais je sais qu’une fois que tout aura été dit et fait, ce qu’il en restera, c’est qu’il n’était rien d’autre que cela, un type. Le refus de ses fans de le laisser être juste ça aura finalement été aussi mortel pour lui que son « assassin ». )

 

FONDU AU NOIR sur la page du livre. Trente ans plus tard, on peut intervertir les noms sans problème. Exit Lennon, enter Jackson, direction la même sortie : l’analyse de Bangs vaut toujours…

 

De Michael à Israël via Lennon, Lester et la vie qui passe, a picture with a smile and - perhaps, a tear: un petit film avec un sourire et, peut-être, une larme...


Et maintenant, please, regardez ça... 



 

Par Christine Spadaccini - Publié dans : Rencontres
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Mardi 14 juillet 2009 2 14 /07 /Juil /2009 17:11
On vit dans une ère de communication, il paraît. Courriels, MSN, SMS, WEBCAM, portables, CB (nan, j’déconne, plus personne ne sait ce que c’est qu’une CB) et j’en passe, tous les moyens sont à disposition pour qu’on reste proches les uns des autres. Prendre des nouvelles d’un pote en voyage sur le Machu Pichu est devenu l’histoire d’un claquement de cils, ou d’un clin de doigt, c’est selon. Je n’ai jamais vu autant mon père que depuis qu’il s’est installé en Californie, et j’ai plus de nouvelles de mon amie romaine que de certaines de mes copines voisines. Atteignable. Toujours. D’ailleurs, lorsque d’aventure il m’est arrivé d’être injoignable un après-midi, parce que ce n’est pas forcément aisé de répondre à son téléphone quand on a un guidon entre les pognes et le ronronnement d’un moteur à injection entre les cuisses (non, c’est pas cochon, pas de mauvaise interprétation, hein !), j’eus quelque fois la surprise de découvrir en soirée un SMS plutôt hargneux me reprochant de ne pas répondre à mes messages. Non mais des fois. J’aime bien pourtant cette facilité que l’on a aujourd’hui de s’adresser les uns aux autres. Toutes ces technologies créées pour nous rapprocher de nos semblables, de tisser de nouveaux liens, de découvrir autant de personnalités dont on ignorait jusqu’à l’existence avant de se trouver un point commun par l’intermédiaire d’un groupe FB, peur euxeumple. J’écris volontiers sur le « mur » d’un comédien dont j’ai particulièrement apprécié la prestation la veille au soir, et quel plaisir, le mot est tout riquiqui, de découvrir trois lignes sympathiques d’un lecteur dans sa boîte à messages (un peu comme le vendredi à l’école, quand venait l’heure de dépouiller les bulletins de la boîte à suggestions). J’adore encore plus échanger des phrases électroniques volantes avec mes amis de visu entre quatre dossiers pointus, trois soupirs et deux bouffées de clope. Bien sûr, comme à vous tous j’imagine, il m’arrive parfois (mais c’est rare) d’être agacée par la horde de messages à tendance commerciale que je reçois quotidiennement. Avant de relativiser et de me dire : m’enfin, ma sensuelle chérie (oui, je me parle toujours très gentiment), jamais tu n’aurais pu mirer ce magnifique tableau si tu n’avais pas accepté l’invitation de untel ! Pas plus que tu n’aurais passé ce bon moment de lecture, si cette « amie » virtuelle ne t’en avait pas fait la publicité (etc., je peux continuer comme ça un moment encore, mais chacun aura compris) ! Ce que je regrette, par contre, c’est qu’en grande majorité, les messages de mes amis virtuels qui ont accepté ou m’ont demandé d’être « amis » se limitent à ces informations sur leur travail ou passion. Jamais un bonjour en passant, jamais un toc de phalange sur mon mur. Nada. Que dalle. Quoi, t’aurais voulu qu’on se dise salut en plus, non mais té, tu veux pas les clés de ma bagnole tant qu’on y est ? Pour autant, plus le temps passe et plus je me pose cette lancinante question : est-ce que les « amis » omettent de saluer sporadiquement parce que ça ne les intéresse pas de connaître, mais uniquement de se faire connaître, ou plus basiquement parce qu’à force de remuer du bras dans tous les sens tandis que chacun passe en baissant les yeux, on finit par garder la main dans sa poche ? Finalement, quelle que soit l’ère dans laquelle on vit, il semble qu’on ait oublié le plus important : Peu importe le moyen utilisé, pour communiquer, il faut au minimum être deux.
Par Marie-Christine Buffat - Publié dans : Tâchons de comprendre ensemble
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Vendredi 29 mai 2009 5 29 /05 /Mai /2009 05:50
 

Il y a quelques mois, les Princesses ont voulu jouer à un truc bidule qui consistait à montrer sa trombine de môme aux noeils de tous. Je n'avais pas de photo sous la main à l'époque. Elles ne m'ont pas crue, les chipies.
Et puis voilà, à l'occasion d'un évenement pas drôle et qui me ronge le coin du coeur, j'ai plongé la semaine dernière le nez dans les albums photos de ma grand-mère. Caché au milieu de trésors historiques, photos de l'Espagne des années 30, j'ai trouvé ça. Ca n'avait pas grand-chose à faire là. Et pourtant. C'est moi.

Par Aude-Morena - Publié dans : Vous vous en foutez mais ...
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Jeudi 28 mai 2009 4 28 /05 /Mai /2009 11:58
Avant que d'emménager en province - ah ben si, c'est la province, j'ai un numéro de téléphone en 02 et ma fille n'a pas les vacances en même temps que Paris - nous habitions dans une ville moyenne de banlieue parisienne, plutôt cossue et bien fréquentée, où la délinquance se bornait à faire exploser des pétards dans le jardin des voisins qu'on n'aime pas et à ne pas payer son ticket de bus ... C'était gérable. La police municipale se pavanait dans des véhicules flambant neufs (mouafffff flambant) et des uniformes de cow-boys castrés (sans flingues) et effectuait des rondes dissuasives au ralenti dans les petites rues. Y'avait bien une MJC mais pas une seule casquette de rappeur devant. Etonnant. Bref.

Ma minette deuxième était en nourrice - pouf pouf, chez une assistante maternelle - à un bout de la ville, et nous habitions à l'autre. Trois kilomètres de distance - et je rappelle aux esprits moqueurs que j'ai pas le permis. Lorsque c'était à moi d'aller la récupérer chez la dame, qui ne tolérait pas la moindre minute de retard - et je la comprends au fond : vous feriez du rab à l'oeil, vous - je me fadais donc dix minutes avec la poussette pour rallier l'abribus de la navette transurbaine qui me ramènerait à bon port. Qu'il pleuve, neige, vente. Et il pleuvait, neigeait, ventait, presque toujours quand c'était MON soir. Allez comprendre.
On voit souvent les mêmes têtes dans les bus, et on finit par connaître la vie de personnes à qui, pourtant, on restera toujours étranger, simplement parce qu'elles papotent entre elles.
C'est de cette manière, d'oreille traînante et lasse, que je commençai d'entendre parler de cette nouvelle infraction mineure mais lourde de conséquences qui était apparue en ville et défrayait la chronique (c'est dire si qu'on avait des trucs à se raconter hein) : un allumé, un salopard, un dégénéré ou juste un petit con, s'amusait à balafrer tout en longueur les carrosseries des bagnoles, surtout les grosses, un peu partout en ville. La police municipale était aux abois, pensez hi hi ils n'avaient rien eu d'aussi palpitant à se mettre sous la dent depuis pfffou au moins l'Histoire de la Panne Informatique du Distributeur à Billets!, et je le savais parce que la dame qui en causait, ben son mari en était membre. De la police municipale. "On" soupçonnait un malveillant esprit révolté de vouloir punir le bon bourgeois. L'information, répétée et étayée soir après soir,  se fraya un chemin jusqu'à mon neurone à mémoire, et y resta. Un peu comme on garde un sac plastique au cas où qu'il resservirait.Un jour. Sauf que là, le jour arriva bien vite.  Ce vendredi soir de septembre, rendue à mon arrêt, je manoeuvrai comme d'habitude seule la poussette démesurée, la descendis sans qu'aucune âme charitable masculine ou féminine ne vînt me prêter main forte, ou faible j'aurais pris aussi, et m'extirpai du véhicule communautaire en faisant un merci et au revoir au chauffeur que je connaissais bien. Voilà, j'étais enfin sur mon trottoir, à deux pas de chez moi. Quasi rendue, enfin, et en week end !

Sous l'abribus, y'avait une petite vieille. Toute menue. Sont souvent toutes menues les vieilles bien vieilles. Racornies comme des Golden qui n'ont pas pourri mais desséché. Elle n'attendait pas le bus, elle passait juste par là, et s'était arrêtée pour me regarder en descendre seule et pestant ; elle m'observait à présent, les yeux étrécis, m'escrimer avec mon catafalque à roulettes pour contourner par la route un gros 4x4 garé en dépit du bon sens à 65 cm des bornes de délimitation du parking du Prisu, lequel était d'ailleurs quasiment vide c'est dire si le conducteur était pas un gros con de bouffer le trottoir avec son engin. Je râlais, pensez bien, à haute et intelligible voix, contre l'andouille phallocompensé du V8 ! Aucune visibilité pour contourner, pas le bon côté de la route, les voitures qui me contournent en train de contourner, la nuit qui tombe, la pluie aussi... Le bazar ! Et quand j'achève enfin ma manoeuvre par l'asphalte, au péril de ma vie ! - bon ok, il est passé deux voitures à 2 à l'heure -  la dame a également fini de contourner, par les 65 cm disponibles, le véhicule. Je la vois m'adresser sous son sac plastique à cheveux de vieille dame un immense et lumineux sourire et ranger dans son cabas noir son trousseau de clés qu'elle n'avait pas en main, j'en suis certaine, avant que j'entame mes exercices de créneau avec poussette .... Elle s'éloigne à petits pas mesurés, point pressée ... Un tilt se fait jour dans mon esprit embrumé, je m'enjoins à n'y point croire, non c'est pas Dieu possible ... Je cale le frein de la poussette et reviens sur mes pas. Depuis le phare avant jusques au réservoir, dans le beau noir métallisé du monstre, une énooooooorme rayure toute fraîche, encore bordée de tortillons de la peinture arrachée, saute aux yeux.
Vite vite, je m'éloigne du lieu du crime, que je cautionne mais n'ai guère envie de prendre sur moi. !!
Bon sang, j'ai coincé le Gang des Griffeurs, et il met du Daxon !
Pensez bien que j'en ai jamais rien dit à personne, mais elle a fini par se faire coincer quand même.
Aux policiers qui l'interrogeaient puis au juge qui l'a condamnée à une belle amende (merci madame la femme du policier), elle aurait dit sans en démordre jamais  que tant que la police municipale n'enverrait pas les cons à la fourrière au lieu de patrouiller le cul au chaud dans ses ZX de fonction, elle continuerait de rayer les voitures même si toute la quotité disponible de sa petite retraite devait y passer en amendes. Eh ben j'en ris encore.

Marie-Laetitia Gambié
Par Marie-Laetitia Gambié - Publié dans : Petits déboires ordinaires de citoyennes
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Mercredi 6 mai 2009 3 06 /05 /Mai /2009 13:57

Certains petits éditeurs sont devenus grands. Par leur travail, par la qualité de leurs choix, parce qu’ils ont voulu garder la passion : celle de découvrir et de faire découvrir. C’est le cas à mon avis de la Fosse aux Ours.

 

http://www.lekti-ecriture.com/editeurs/-La-fosse-aux-ours,126-.html

 

Et moi, en tant que libraire, mais aussi en tant que lectrice insatiable, ça me convient.

 

Ça me convient d’autant mieux quand je tombe sur des textes épatants comme ceux de Mario Rigoni Stern. Je ne lis pas encore l’italien dans le texte – même si j’y travaille – et heureusement que des petits malins comme ces ours-là nous offrent des traductions de ce genre.

 

Je sens, pour ma part, que je vais passer quelques temps chez l’auteur. Mais aujourd’hui, je peux bien vous parler de En attendant l’Aube, qui est un réel petit bijou. Pourtant, il n’est pas facile de me convaincre à la lecture de nouvelles  - grands saints mis à part, Saint Borges, patron de la nouvelle, ayez pitié – et encore moins aux récits guerriers ou du genre. Mais là j’avoue que quelques jours après lecture, je suis encore sous l’émotion.

 

On pourrait dire simple. Mais cette écriture est avant tout élégante, raffinée, troublante. Les sujets sont souvent durs, précis, tranchants. Même dans leurs recoins les plus détournés. La lettre à Jacopo da Bassano qui termine ce petit recueil en est un exemple. C’est magistral ce qui s’écrit ici.

 

Ahh. Vraiment. Et passez donc à la librairie, je vous confierai le bouquin, et nous en parlerons…

Irène Grätz

 

 

 

Par Irène Grätz (Filleke) - Publié dans : Elles ont vu, lu, entendu
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Vendredi 24 avril 2009 5 24 /04 /Avr /2009 15:06

Arrête de me regarder, poupée. De porcelaine. Pas le teint, ténébreuse enfant, la fragilité. J’aimerais t’enlever, te poser dans un berceau de plumes, nuages molleton, ouate médicament. Placer ta tête sur un oreiller d’affection et ne plus jamais contempler ton visage miniature s’agiter dans ton sommeil peuplé de monstres que je ne peux pas combattre. Prends garde, inquisiteur de rêves, je m’intruse et te perce ! Je t’arracherais le cœur, le broierais entre mes doigts vengeurs si je n’avais pas si peur que tu le remplaces par celui de ma bébé princesse ! Minuscule adorée. Do ré mi, ton solfège est tronqué. La musique résonne de notes nasillardes, de ces gens qui t’ont dans le née à côté du nid, oisillon aux ailes cassées. Rafistolées, trop jeune pour t’envoler, t’ont volé des années, les insouciantes, celles du paradis, courses cul nu, confiance. Ces cons fiancés à la drogue enfantent des éclopés, clopin-clopant sur le chemin de la vie. Où d’autres barbotent sur la mousse, que du gravier pour ceux-ci. Je tousse mes mots d’amour chérie-chérie, je ravale mes expectorations, tort de croire que ça va changer. Je ne peux rien changer puisque ce n’est pas de moi que tu attends le présent, mais de ceux qui t’ont forcé le passé. Ah, venir plus tôt, agir, facile à dire. Avenir, rose, utopistes. La réalité cartoon n’existe que dans les dessins animés, version conte de fées. Carabosse s’est crashée dans ton berceau, y a laissé une dent, pointue, canine, planquée dans ton soulier. Rien à faire, à part marcher, oublier la douleur ou... l’apprivoiser.

Marie-Christine Buffat

Par Marie-Christine Buffat - Publié dans : Blessures
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Mercredi 1 avril 2009 3 01 /04 /Avr /2009 22:14
Le Viking de ma vie que j'ai (1 m 90, 130 kilos, roux à crinière quand on s'est connus aujourd'hui cheveux courts, comment tu veux que je l'appelle, genre Edge(1) en moins chevalin) c'était son anniversaire il y a deux jours. Il a pas pris cher puisqu'il est plus jeune que moi et je te permets pas de dire que 34 c'est déjà vieux, et ce même si tu as moins de 20 ans. 34 ans c'est à peine le début de l'âge adulte, comme tu vas te le voir démontré pas plus tard que tout de suite : c'est extrêmement vert, jeune et frais.

Donc ... le Viking jeune, vert, et frais d'une année de plus, fait partie de cette catégorie de la population (les "hommes" me souffle-t-on) qui ne te donne JAMAIS d'idées pour son anniv (ou Nowel, puisque le Pernowel est magique et qu'il doit trouver par lecture wifi des pensées ...) ; donc, soit tu as LA révélation ("oooh un dépoileur de trous de nez, il fallait pas mon amour") soit tu lui offres une chemise (déclinable en : cravate, veste, costard, string panthère ...) mais même si tu l'as humilié publiquement à dessein la fois d'avant, pour rien au monde il ne te guidera, parce que ce que lui il aime c'est la surpriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiise. Coup de pot (pour lui et pour moi : c'est la plaie d'offrir un cadeau bof) cette année c'était une année Révélation !

J'y ai acheté,



pour Wii,



le famoso "Guitar Hero".


Eh ouais.

Guitar Hero tu sais c'est le jeu où on te fournit une guitare en plastique Playschool (mon dieu pourvou qué l'homme il lise pas ...) avec cinq touches de couleur sur le manche, que tu dois activer pile au bon moment et de la bonne manière quand sur l'écran s'affiche la couleur correspondante. Si tu fais tout bien en rythme et avec la manière, tu peux vraiment t'y croire, dans les baskets d'un Kirk Hammett (en moins tatoué) ovationné par une foule hystérique en délire.

Fut-ce vraiment une inspiration divine.... depuis deux jours je m'interroge. Parce que depuis deux jours, l'homme n'est plus lui-même. Sous mes yeux zébahis, et dès après que le paquet fut déchiqueté dans un délai que même ma fille aînée ne pourra égaler avant de longues années de pratique (2 secondes 58 centièmes, elle est trrrrèèèès loin avec ses 6 secondes 03), le rockeur qui sommeillait en lui a pris le contrôle de son corps. Mais d'un coup. Et pour te situer, l'homme son trip c'est plutôt AC-DC et Metallica que Sting et Dire Straits ... genre ...

Depuis deux jours, donc, à l'heure de la sieste, l'homme que le docteur Kawashima gratifie d'un "22 ans" s'en déleste encore d'une bonne dizaine d'un coup, et je me retrouve avec un ado à peine attardé (ah, on me souffle qu'à 34 ans ce n'est ni dramatique ni exceptionnel) qui malmène sa "gratte" comme un furieux, torsepoil, jambes écartées bien posées au sol, et donne, en plus de furieux coups de pouce de la main droite et de coups de bassin à la Pelvis Elvis, de la voix heureusement à peu près en rythme. "Heureusement" parce que de la voix, je t'assure, il en a. Hier il était tellement enthousiaste quand le coach lui a dit "Hagar, tu déchires" que j'ai vu le moment où il pétait, en plus de mon tympan survivant, la table basse d'un grand coup de guitare !

L'étonnant c'est que la métamorphose est à effet permanent ! Il est venu me réveiller de ma somnolence bienheureuse devant la mièvrerie de l'après-midi de la 6 pour me signaler que "t'as vu y'a des autocollants pour décorer la gratte c'est délire ! ouaaaaah regarde y'a un viking !"

... o tempora ...

C'est difficilement que j'ai pu l'empêcher de l'accrocher au mur une fois artistiquement décorée comme une R5 tunée, et il a boudé un fameux moment. Jusqu'à ce qu'on aille se coucher en fait...

... o mores ....

Bon, je t'avoue, je regrette quand même pas mon achat. Parce que le hard-rockeur, même boudeur, une fois couché ben ça t'a le câlin viril et décidé, et même si ça sent un peu fort tu le laisses prendre les choses, toutes les choses, en main, et Rock'n'Roll !! Enfin j'me comprends.


Epilogue subreptice : Ce matin sur Ebay j'ai posé une enchère pour la batterie. Qu'on peut jouer avec un autre jeu ... que j'y ai mis une enchère dessus aussi ... et je me suis acheté un tatouage de Hell's angels en décalcomanie. Groaaaaar.


Marie-Laetitia GAMBIE


_____________________

(1) Edge, c'est THE méchant pleutre à crinière rousse de la WWE. Ouvre ton Google et va chercher bonheur à testostérone. Amateuses (littéralement a-mateuses d'ailleurs) de chétifs à lunettes s'abstenir ... Moi j'aime le poil et je le vis bien.
Par Marie-Laetitia Gambié - Publié dans : J'me marre
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Samedi 21 mars 2009 6 21 /03 /Mars /2009 09:19
qui agitent la Suisse, décidément toujours enfermée dans sa bulle, concerne l'inhumation de Griselidis Real au Cimetière des Rois.
Le cimetière des rois, c'est un peu le père Lachaise des Helvètes, encore qu'il y ait sur le territoire de la confédération helvétique tant de défunts célèbres qu'on a dû les disséminer un peu partout. Mais bon, on trouve aux Rois les plus fameux des fameux, de Calvin à Borges en passant par Davy, Lachenal, Piaget ou François Simon.
Or donc, les édiles de la ville ont décidé de faire une place dans ce cimetière à madame Réal, essentiellement connue pour avoir pris la tête de la "révolution des prostituées" dans les années 70 à Paris, et à partir du début des années 80 en Suisse.
Une partie de ceux  et celles qui l'ont cotoyée vantent son humanité et son courage, ainsi que ses qualités d'écrivain. D'autres, témoins eux aussi de son activisme, émettent de solides réserves.
La question qui est au coeur du débat est simple. Ses qualités d'écrivain, discutables (ses livres sont des autobiographies, certainement intéressantes du point de vue du témoignage mais loin des oeuvres littéraires d'un Borgès) ne justifient pas son entrée au panthéon. Son activisme, son militantisme visant à faire reconnaître la prostitution comme un libre choix et, selon ses propres termes, un acte révolutionnaire, n'apparaissent pas forcément à tous - et surtout à toutes, comme le meilleur moyen de défendre la cause des femmes.
Alors, les os de l'égérie des péripatéticiennes doivent-ils cotoyer ceux des grands auteurs, scientifiques ou artistes qui reposent tranquillement dans les allées ombragées du Cimetière des Rois ?
Très franchement, qu'est-ce que ça peut bien foutre ? Ne serait-il pas plus judicieux, pour les uns et les autres, d'employer leurs énergies à soulager la misère des femmes (et des hommes) effectivement contraints (tes) à la prostitution, par la force ou par la misère, plutôt qu'à se battre autour d'un symbole dérisoire ?
Par Marie Rennard - Publié dans : Vous vous en foutez mais ...
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Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /Mars /2009 10:31
Eric Besson, ancien membre du Parti Socialiste rallié à l’UMP, et désormais à la tête du ministère de l’Intégration, de l’Identité Nationale et du Développement Solidaire (sic), a récemment imaginé d’offrir un titre de séjour aux immigrants clandestins qui accepteraient de dénoncer ceux qui les ont aidés à prendre pied sur le territoire français.

Nous n’usons d’italiques que parce qu’Eric Lefebvre, porte parole de l’UMP, vaguement conscient peut-être de l’énormité du propos, a pris la peine, pour venir en aide à son collègue Besson, d’expliquer aux illettrés choqués que nous sommes et qui bêtement nous insurgions, la substantielle différence qui existe entre dénonciation et délation.

« Si la délation est condamnable car se faisant au détriment de gens honnêtes, la dénonciation est un devoir républicain prévu dans la loi et permettant de lutter contre les délinquants »  nous dit-il.

Voilà bien les politiques, qui se prétendent lexicographes et font mentir les dictionnaires.

Or que disent les dictionnaires, et tout d’abord l’essentiel TLF  ? Que la délation est « une dénonciation, généralement secrète, dictée par des motifs vils et méprisables ».


Littré  lui-même, définit la délation comme « une dénonciation, mais toujours en mauvaise part », et ne nous donne comme définition de la dénonciation que deux synonymes, « accusation et délation ».


On le voit, la différence entre les deux termes est la seule appréciation subjective de la portée morale de l’acte, changeante selon les temps, les circonstances, les gouvernements, et la morale de chacun. Rajoutons à cela que celui qui est victime de dénonciation, pour quelque cause que ce soit, en éprouve des effets variables selon, entre autres, son éducation, sa couleur de peau, son sexe, sa position sociale ou son influence, et on comprendra, sans doute, que la justice ne peut, et ne doit pas fonctionner sur l’exercice des passions de voisinage ou la promesse d’une récompense.


Messieurs Besson et Lefebvre auront beau rajouter, et ils auront raison, que la dénonciation est également un terme de droit criminel qui désigne - toujours suivant la définition de Littré « la déclaration, faite à la justice, d’un crime ou d’un délit par celui qui en a connaissance », ils ne pourront que reconnaître l’infamie, l’ignominie du procédé, admettre qu’une pratique qui n’est jamais associée qu’à des adjectifs particulièrement négatifs ne peut devenir un outil de justice, et déplorer avec nous qu’on trouve désormais un site web dédié à l’exercice de la dénonciation  ou des modèles de lettres d’accusation , que l’expéditeur aura soin de ne pas signer, dans le respect des traditions de ce type de littérature.


Marie RENNARD
Par Marie Rennard - Publié dans : Mot à maux
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Mardi 24 février 2009 2 24 /02 /Fév /2009 10:45

 

Trois petits mots écrits sur un mail, send, je t’aime. Réception, je respire. Ça sent bon l’avenir. Flash-back sur nos nuits, ton regard, ta bouche. Tes lèvres quand elles bougent et me soufflent : on ne se quittera jamais, hein ? Pas tout de suite, pas encore. Et pour aller où d’abord ? Dans un monde sans ton rire qui éclate et résonne, tourbillon de confettis, tournicoti tournicota, qu’est-ce que deviendrait mon coeur sans toi ? Moi, je ne sais pas m’en occuper, il est trop délicat. C’est un cœur menteur, il ferait semblant. Il jouerait les durs, celui qui s’en remet, celui qui n’a pas peur, mais nous, on saurait bien que ce n’est pas vrai. Regarde-le cet abruti, à s’emballer dès qu’il reconnaît ton pas. Il tape, tape, "couchez" le pépère ! Pour un peu, il pisserait par terre. Tu ne le vois pas ? Mets ta main, juste là, sur mon sein. Ne t’y fie pas, il se cache, se terre, sous ma fière poitrine, barricade illusoire mais ô combien utile. Alors que tant d’autres se sont perdus sur ces monts, si peu ont creusé un peu plus profond, mettant à vif cet incorrigible sensible, bien planqué sous l’amas d’artifices arrogant. Tu le sens ? Parfois il s’emballe, quand il est content, comme lorsque ton nom s’affiche sur mon portable. Je le calme un peu, lui dis : "attends mon vieux, tu te précipites, attention au précipice ! S’il venait à te lâcher du haut d’une falaise, pour une grosse vache au regard de braise ?" Je le blâme, hors de question d’être trahie par mon propre organe. Et pourtant il exulte dès qu’il t’aperçoit. Ta démarche, ton odeur, le son de ta voix. Lorsque ma main caresse ta peau, cet ignoble crétin se prend pour un chamallow. Alors te quitter, à vrai dire je n’y songe pas. Il faudrait, promis tu te tais, que mon cœur puisse battre sans toi.

Marie-Christine BUFFAT
Par Marie-Christine Buffat - Publié dans : Polésies
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Jeudi 19 février 2009 4 19 /02 /Fév /2009 16:07
 "Et alors maman ch'est quand que tu nous racontes la chuite de Grigri et Chaminou ?"

La phrase humide sort de la bouche empoucée de ma fille aînée qui me regarde d'un ton (si si je t'assure) suppliant depuis son lit...

Ouaaah dur ! Parce que ce soir justement, Maman elle est explosée au Myolastan et qu'elle se voyait bien aller mourir dans son bain avant d'échouer entre les mains expertes de l'homme sous une couette accueillante et chaude, écoutant d'une oreille plus que distraite le déroulement du téléfilm jusqu'à céder, enfin, aux avances éhontées de Morphée que même il serait goîtreux avec une jambe de bois Maman elle dirait oui .... Ben raté !

La deuxième merveille de mes jours, de la chambre attenante, reprend en choeur :
"mamaaaaan, tu racontes Grigri et Chaminou ce soir ? ils sont venus dans ta tête ?
- moooooffffffffgluuuuuurbps
- qu'est ce que tu dis maman ?
- à peu près moooooffffffffgluuuuuurbps mais en pire ... ?
- ça veut dire oui ?"

Là je sais que ma descendance ne me lâchera pas. Elle est unie. Elle est solidaire. Elle a sorti ses yeux de bébé phoque et de chaton PTT ... Je vois qu'elle est prête à tout pour m'extorquer la suite des aventures palpitantes dans les caves à fromage de ses deux personnages, que dis-je, ses HEROS. Et quelque part ça me fait chaud au coeur, et même plus que le myomyo qui quand même pétard me détend méchamment et ça fait du bien par où ça passe.

Je soupire comme une diva qu'on bisse, et me cale entre leurs deux portes.

Le viking que la petite avait capté ne compatit pas, il a même l'audace de s'installer tout à son aise et de sembler vouloir se fendre d'un bon rire, il ouvre un laaaaarge bec mais mon regard de serial killeuse le lui cloue illico presto. Un peu de sérieux, dame, je cherche !

Qu'est-ce que je vais ti bien pouvoir leur faire faire à ces deux-là ?

Histoire de gagner un peu de temps je me la joue "Previously ..." et je récapitule avec l'espoir - fol - qu'une fois repartie en arrière et remise sur les rails avec un peu d'élan, mon imagination débordante va accoucher d'une suite toute seule comme par enchantement ...

"Il était une fois ...
- tu dessines pas en même temps ce soir maman ?" tente la grande, soucieuse de m'accaparer dans SA chambre pour illustrer sur SON tableau mon propos.
- ah non pas ce soir ma douce.
- ooooh j'aime bien quand tu dessines en même temps
- ...
moooooffffffffgluuuuuurbps ne me coupe pas dans mon élan - mens-je effrontément.
...
- Vous vous rappelez où nous avons laissé Grigri et Chaminou la dernière fois ? lancé-je dans le but inavouable de m'entendre répondre ce "non" qui me contraindrait à leur resservir la même histoire que la dernière fois
- ouiiiiii, dans un stéréo parfait... bon cette fois-ci faut vraiment que je m'y colle hein...

Heureusement, au bout de quelques phrases un peu embrumées, la langue se délie et les idées se font plus claires. Je parle. Elles écoutent de toutes leurs fibres et à un moment je crois même que j'ai attrapé le Viking avec ! Je me prends au jeu. Je suis trop forte du monde ! J'ai même plus envie de m'arrêter. Je suis la nouvelle JKRowling et personne ne le sait. Chéri tu es en train d'assister à un truc de fous mais je ne t'en veux pas de bailler c'est l'effet de l'hypnose. Tous les trois boivent mes paroles, je sens que je suis prête pour une émission enfantine en direct live, je suis super chaude.


Chéri titube.
Je reprends mes esprits. Je sors de la transe.

Les deux poucinettes réclament à grands cris la suite ! la suite !
Je suis belle, je souris et mon meilleur profil c'est lequel déjà ?
Je les embrasse sous les acclamations et quitte la scène, royale, pour rejoindre la baignoire. Je sens que je tiens un truc très fort.

Quand même, pour un best-seller international traduit en 50 langues, je vais devoir trouver un meilleur titre. Le bain me délasse, putain ce que ce sera bon quand j'aurai une baignoire à remous dans notre ranch.

"Chériiiiii ???
- mmmmfffffffff ....
- Je crois que je vais devoir reprendre mon nom de jeune fille mon amour ....
-
mmmmfffffffff ????!!!
- Non franchement ... Marie-Laetitia Gambié en japonais c'est imprononçable"


Marie-Laetitia GAMBIE
Par Marie-Laetitia Gambié - Publié dans : Je fantasme si j'veux
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Mardi 10 février 2009 2 10 /02 /Fév /2009 14:10
Asseyons-nous côte à côte, nos souffles à l’unisson, sur la mousse tiède et jaunie. Le soleil descendra bientôt derrière la grange, disque, croissant, rai rouge qui s’éteint, obscurité montante. Nos pupilles s’accoutumeront à la nuit qui se tend.

Les constellations d'août, que tu découvres avec ravissement, et quelques-étoiles filantes, éclats de voix parmi les murmures, transperceront bientôt tout-à-fait les ténèbres.

Nous verrons apparaître les bêtes que nos peurs oublient le jour, l’ombre difforme d’une araignée en équilibre sur le fil du muret, le vol éreinté d’une chauve-souris qui semble se hisser à chaque battement d’ailes puis retomber abattue, nageuse exsangue, en zigzags erratiques.

C’est alors seulement, avec beaucoup de chance, humbles et transparentes, figées, ne respirant que par la bouche, que nous pourrons apercevoir très loin à l’orée des bosquets communaux la biche dont je te parlais hier, avec ses deux faons, tu sais ? Cette grâce inquiète qui la fait se mouvoir si souplement émeut tant nos regards que toute la nature autour semble se resserrer sur elle.

Lorsqu’elle sera repartie, désaltérée ou effrayée par nos bruits domestiques – la ville est proche – nos yeux obnubilés n’auront pas perçu la nuit se refermant sur nous. Nous aurons froid comme après un rêve.

Je prendrai ta petite main dans la mienne pour que tu n’aies pas peur. Nous rentrerons, chuchotant à peine, le pas léger étouffé par les herbes que je tarde à couper, fendant les chants des criquets qui se taisent puis reprennent après nous.


Marie-Laetitia Gambié
Par Marie-Laetitia Gambié - Publié dans : Des jolies choses et tout c'qu'on peut po dire
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MARIE RENNARD a écrit

MARIE-LAETITIA GAMBIE a écrit

CHRISTINE SPADACCINI a écrit

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