Vendredi 29 mai 2009
 

Il y a quelques mois, les Princesses ont voulu jouer à un truc bidule qui consistait à montrer sa trombine de môme aux noeils de tous. Je n'avais pas de photo sous la main à l'époque. Elles ne m'ont pas crue, les chipies.
Et puis voilà, à l'occasion d'un évenement pas drôle et qui me ronge le coin du coeur, j'ai plongé la semaine dernière le nez dans les albums photos de ma grand-mère. Caché au milieu de trésors historiques, photos de l'Espagne des années 30, j'ai trouvé ça. Ca n'avait pas grand-chose à faire là. Et pourtant. C'est moi.

Par Aude-Morena - Publié dans : Vous vous en foutez mais ...
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Jeudi 28 mai 2009
Avant que d'emménager en province - ah ben si, c'est la province, j'ai un numéro de téléphone en 02 et ma fille n'a pas les vacances en même temps que Paris - nous habitions dans une ville moyenne de banlieue parisienne, plutôt cossue et bien fréquentée, où la délinquance se bornait à faire exploser des pétards dans le jardin des voisins qu'on n'aime pas et à ne pas payer son ticket de bus ... C'était gérable. La police municipale se pavanait dans des véhicules flambant neufs (mouafffff flambant) et des uniformes de cow-boys castrés (sans flingues) et effectuait des rondes dissuasives au ralenti dans les petites rues. Y'avait bien une MJC mais pas une seule casquette de rappeur devant. Etonnant. Bref.

Ma minette deuxième était en nourrice - pouf pouf, chez une assistante maternelle - à un bout de la ville, et nous habitions à l'autre. Trois kilomètres de distance - et je rappelle aux esprits moqueurs que j'ai pas le permis. Lorsque c'était à moi d'aller la récupérer chez la dame, qui ne tolérait pas la moindre minute de retard - et je la comprends au fond : vous feriez du rab à l'oeil, vous - je me fadais donc dix minutes avec la poussette pour rallier l'abribus de la navette transurbaine qui me ramènerait à bon port. Qu'il pleuve, neige, vente. Et il pleuvait, neigeait, ventait, presque toujours quand c'était MON soir. Allez comprendre.
On voit souvent les mêmes têtes dans les bus, et on finit par connaître la vie de personnes à qui, pourtant, on restera toujours étranger, simplement parce qu'elles papotent entre elles.
C'est de cette manière, d'oreille traînante et lasse, que je commençai d'entendre parler de cette nouvelle infraction mineure mais lourde de conséquences qui était apparue en ville et défrayait la chronique (c'est dire si qu'on avait des trucs à se raconter hein) : un allumé, un salopard, un dégénéré ou juste un petit con, s'amusait à balafrer tout en longueur les carrosseries des bagnoles, surtout les grosses, un peu partout en ville. La police municipale était aux abois, pensez hi hi ils n'avaient rien eu d'aussi palpitant à se mettre sous la dent depuis pfffou au moins l'Histoire de la Panne Informatique du Distributeur à Billets!, et je le savais parce que la dame qui en causait, ben son mari en était membre. De la police municipale. "On" soupçonnait un malveillant esprit révolté de vouloir punir le bon bourgeois. L'information, répétée et étayée soir après soir,  se fraya un chemin jusqu'à mon neurone à mémoire, et y resta. Un peu comme on garde un sac plastique au cas où qu'il resservirait.Un jour. Sauf que là, le jour arriva bien vite.  Ce vendredi soir de septembre, rendue à mon arrêt, je manoeuvrai comme d'habitude seule la poussette démesurée, la descendis sans qu'aucune âme charitable masculine ou féminine ne vînt me prêter main forte, ou faible j'aurais pris aussi, et m'extirpai du véhicule communautaire en faisant un merci et au revoir au chauffeur que je connaissais bien. Voilà, j'étais enfin sur mon trottoir, à deux pas de chez moi. Quasi rendue, enfin, et en week end !

Sous l'abribus, y'avait une petite vieille. Toute menue. Sont souvent toutes menues les vieilles bien vieilles. Racornies comme des Golden qui n'ont pas pourri mais desséché. Elle n'attendait pas le bus, elle passait juste par là, et s'était arrêtée pour me regarder en descendre seule et pestant ; elle m'observait à présent, les yeux étrécis, m'escrimer avec mon catafalque à roulettes pour contourner par la route un gros 4x4 garé en dépit du bon sens à 65 cm des bornes de délimitation du parking du Prisu, lequel était d'ailleurs quasiment vide c'est dire si le conducteur était pas un gros con de bouffer le trottoir avec son engin. Je râlais, pensez bien, à haute et intelligible voix, contre l'andouille phallocompensé du V8 ! Aucune visibilité pour contourner, pas le bon côté de la route, les voitures qui me contournent en train de contourner, la nuit qui tombe, la pluie aussi... Le bazar ! Et quand j'achève enfin ma manoeuvre par l'asphalte, au péril de ma vie ! - bon ok, il est passé deux voitures à 2 à l'heure -  la dame a également fini de contourner, par les 65 cm disponibles, le véhicule. Je la vois m'adresser sous son sac plastique à cheveux de vieille dame un immense et lumineux sourire et ranger dans son cabas noir son trousseau de clés qu'elle n'avait pas en main, j'en suis certaine, avant que j'entame mes exercices de créneau avec poussette .... Elle s'éloigne à petits pas mesurés, point pressée ... Un tilt se fait jour dans mon esprit embrumé, je m'enjoins à n'y point croire, non c'est pas Dieu possible ... Je cale le frein de la poussette et reviens sur mes pas. Depuis le phare avant jusques au réservoir, dans le beau noir métallisé du monstre, une énooooooorme rayure toute fraîche, encore bordée de tortillons de la peinture arrachée, saute aux yeux.
Vite vite, je m'éloigne du lieu du crime, que je cautionne mais n'ai guère envie de prendre sur moi. !!
Bon sang, j'ai coincé le Gang des Griffeurs, et il met du Daxon !
Pensez bien que j'en ai jamais rien dit à personne, mais elle a fini par se faire coincer quand même.
Aux policiers qui l'interrogeaient puis au juge qui l'a condamnée à une belle amende (merci madame la femme du policier), elle aurait dit sans en démordre jamais  que tant que la police municipale n'enverrait pas les cons à la fourrière au lieu de patrouiller le cul au chaud dans ses ZX de fonction, elle continuerait de rayer les voitures même si toute la quotité disponible de sa petite retraite devait y passer en amendes. Eh ben j'en ris encore.

Marie-Laetitia Gambié
Par Marie-Laetitia Gambié - Publié dans : Petits déboires ordinaires de citoyennes
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Mercredi 6 mai 2009

Certains petits éditeurs sont devenus grands. Par leur travail, par la qualité de leurs choix, parce qu’ils ont voulu garder la passion : celle de découvrir et de faire découvrir. C’est le cas à mon avis de la Fosse aux Ours.

 

http://www.lekti-ecriture.com/editeurs/-La-fosse-aux-ours,126-.html

 

Et moi, en tant que libraire, mais aussi en tant que lectrice insatiable, ça me convient.

 

Ça me convient d’autant mieux quand je tombe sur des textes épatants comme ceux de Mario Rigoni Stern. Je ne lis pas encore l’italien dans le texte – même si j’y travaille – et heureusement que des petits malins comme ces ours-là nous offrent des traductions de ce genre.

 

Je sens, pour ma part, que je vais passer quelques temps chez l’auteur. Mais aujourd’hui, je peux bien vous parler de En attendant l’Aube, qui est un réel petit bijou. Pourtant, il n’est pas facile de me convaincre à la lecture de nouvelles  - grands saints mis à part, Saint Borges, patron de la nouvelle, ayez pitié – et encore moins aux récits guerriers ou du genre. Mais là j’avoue que quelques jours après lecture, je suis encore sous l’émotion.

 

On pourrait dire simple. Mais cette écriture est avant tout élégante, raffinée, troublante. Les sujets sont souvent durs, précis, tranchants. Même dans leurs recoins les plus détournés. La lettre à Jacopo da Bassano qui termine ce petit recueil en est un exemple. C’est magistral ce qui s’écrit ici.

 

Ahh. Vraiment. Et passez donc à la librairie, je vous confierai le bouquin, et nous en parlerons…

Irène Grätz

 

 

 

Par Irène Grätz (Filleke) - Publié dans : Elles ont vu, lu, entendu
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Vendredi 24 avril 2009

Arrête de me regarder, poupée. De porcelaine. Pas le teint, ténébreuse enfant, la fragilité. J’aimerais t’enlever, te poser dans un berceau de plumes, nuages molleton, ouate médicament. Placer ta tête sur un oreiller d’affection et ne plus jamais contempler ton visage miniature s’agiter dans ton sommeil peuplé de monstres que je ne peux pas combattre. Prends garde, inquisiteur de rêves, je m’intruse et te perce ! Je t’arracherais le cœur, le broierais entre mes doigts vengeurs si je n’avais pas si peur que tu le remplaces par celui de ma bébé princesse ! Minuscule adorée. Do ré mi, ton solfège est tronqué. La musique résonne de notes nasillardes, de ces gens qui t’ont dans le née à côté du nid, oisillon aux ailes cassées. Rafistolées, trop jeune pour t’envoler, t’ont volé des années, les insouciantes, celles du paradis, courses cul nu, confiance. Ces cons fiancés à la drogue enfantent des éclopés, clopin-clopant sur le chemin de la vie. Où d’autres barbotent sur la mousse, que du gravier pour ceux-ci. Je tousse mes mots d’amour chérie-chérie, je ravale mes expectorations, tort de croire que ça va changer. Je ne peux rien changer puisque ce n’est pas de moi que tu attends le présent, mais de ceux qui t’ont forcé le passé. Ah, venir plus tôt, agir, facile à dire. Avenir, rose, utopistes. La réalité cartoon n’existe que dans les dessins animés, version conte de fées. Carabosse s’est crashée dans ton berceau, y a laissé une dent, pointue, canine, planquée dans ton soulier. Rien à faire, à part marcher, oublier la douleur ou... l’apprivoiser.

Marie-Christine Buffat

Par Marie-Christine Buffat - Publié dans : Blessures
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Jeudi 2 avril 2009

Hier soir, j’ai visionné le DVD de « Le jour où la terre s’arrêta », avec Keanu Reeves dans le rôle principal. Une histoire de science-fiction, avec un extra-terrestre qui veut sauver la terre, en train d’étouffer sous la main de l’homme. Film de genre un peu convenu, dira-t-on, tendance écolo, avec l’inévitable moralité de fin (en l’occurrence, dans celui-ci, le message est : les hommes changent quand ils sont au bord du précipice). Preuve à l’appui, ce jeune garçon élevé par sa belle-mère qui s’évertue à la conchier du début à la fin. Mais bien sûr, au moment où sa courte vie risque de s’arrêter nette, il se tourne plein d’amour vers sa tutrice et l’appelle maman. Ce qui, comme de bien entendu, va émouvoir l’extra-terrestre qui donc renonce aussi sec à exterminer la race humaine, qui est teeeeellement attachante (les chiens aussi, mais bon, eux ils peuvent crever, c’est pas grave). Tout est bien qui finit bien, sauf pour les figurants qui ont été engloutis par une nuée d’insectes métalliques. Sans déconner.

 

En résumé, un film pas franchement transcendant, au thème mille fois abordé et visité, qu’on range dans sa boîte au clap de fin sans même prendre la peine d’éteindre le poste de TV, laissé pour le coup en veilleuse (en vrai, je l’éteins, mais si je l’avoue, je casse mon image de nana hyper rebelle). Sauf que dans le boîtier, en l’occurrence, se trouve la version originale du film, tournée en 1951. Alors on regarde un peu, pour comparer l’évolution des effets spéciaux et du scénario, histoire de se moquer. Et on n’est pas déçu, parce que franchement, elle est un peu ridicule l’assiette en poterie censée représenter une soucoupe volante, tout comme le robot  interprété par un acteur en combinaison bouffante (qui fait des plis à l’entrejambe, bonjour Monsieur…) Pour les effets sonores et de lumière, ils ont dû engager la famille « Rodriguez » des petites annonces d’Elie Semoun, c’est sûr. Bonne poilade.

 

Pourtant, je n’ai pu m’empêcher de constater une vraie similitude. Un seul et unique point commun. Le cheval de bataille, en 51, était « l'utilisation de la puissance atomique et des risques que la Terre peut faire encourir à l'équilibre précieux de tout l'univers. En 2008, le message est « préserve la terre et respecte la nature si tu ne veux pas détruire ta planète. » Faut croire qu’en 57 ans, on n’a toujours pas compris.

Par Marie-Christine Buffat - Publié dans : Elles ont vu, lu, entendu
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Mercredi 1 avril 2009
Le Viking de ma vie que j'ai (1 m 90, 130 kilos, roux à crinière quand on s'est connus aujourd'hui cheveux courts, comment tu veux que je l'appelle, genre Edge(1) en moins chevalin) c'était son anniversaire il y a deux jours. Il a pas pris cher puisqu'il est plus jeune que moi et je te permets pas de dire que 34 c'est déjà vieux, et ce même si tu as moins de 20 ans. 34 ans c'est à peine le début de l'âge adulte, comme tu vas te le voir démontré pas plus tard que tout de suite : c'est extrêmement vert, jeune et frais.

Donc ... le Viking jeune, vert, et frais d'une année de plus, fait partie de cette catégorie de la population (les "hommes" me souffle-t-on) qui ne te donne JAMAIS d'idées pour son anniv (ou Nowel, puisque le Pernowel est magique et qu'il doit trouver par lecture wifi des pensées ...) ; donc, soit tu as LA révélation ("oooh un dépoileur de trous de nez, il fallait pas mon amour") soit tu lui offres une chemise (déclinable en : cravate, veste, costard, string panthère ...) mais même si tu l'as humilié publiquement à dessein la fois d'avant, pour rien au monde il ne te guidera, parce que ce que lui il aime c'est la surpriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiise. Coup de pot (pour lui et pour moi : c'est la plaie d'offrir un cadeau bof) cette année c'était une année Révélation !

J'y ai acheté,



pour Wii,



le famoso "Guitar Hero".


Eh ouais.

Guitar Hero tu sais c'est le jeu où on te fournit une guitare en plastique Playschool (mon dieu pourvou qué l'homme il lise pas ...) avec cinq touches de couleur sur le manche, que tu dois activer pile au bon moment et de la bonne manière quand sur l'écran s'affiche la couleur correspondante. Si tu fais tout bien en rythme et avec la manière, tu peux vraiment t'y croire, dans les baskets d'un Kirk Hammett (en moins tatoué) ovationné par une foule hystérique en délire.

Fut-ce vraiment une inspiration divine.... depuis deux jours je m'interroge. Parce que depuis deux jours, l'homme n'est plus lui-même. Sous mes yeux zébahis, et dès après que le paquet fut déchiqueté dans un délai que même ma fille aînée ne pourra égaler avant de longues années de pratique (2 secondes 58 centièmes, elle est trrrrèèèès loin avec ses 6 secondes 03), le rockeur qui sommeillait en lui a pris le contrôle de son corps. Mais d'un coup. Et pour te situer, l'homme son trip c'est plutôt AC-DC et Metallica que Sting et Dire Straits ... genre ...

Depuis deux jours, donc, à l'heure de la sieste, l'homme que le docteur Kawashima gratifie d'un "22 ans" s'en déleste encore d'une bonne dizaine d'un coup, et je me retrouve avec un ado à peine attardé (ah, on me souffle qu'à 34 ans ce n'est ni dramatique ni exceptionnel) qui malmène sa "gratte" comme un furieux, torsepoil, jambes écartées bien posées au sol, et donne, en plus de furieux coups de pouce de la main droite et de coups de bassin à la Pelvis Elvis, de la voix heureusement à peu près en rythme. "Heureusement" parce que de la voix, je t'assure, il en a. Hier il était tellement enthousiaste quand le coach lui a dit "Hagar, tu déchires" que j'ai vu le moment où il pétait, en plus de mon tympan survivant, la table basse d'un grand coup de guitare !

L'étonnant c'est que la métamorphose est à effet permanent ! Il est venu me réveiller de ma somnolence bienheureuse devant la mièvrerie de l'après-midi de la 6 pour me signaler que "t'as vu y'a des autocollants pour décorer la gratte c'est délire ! ouaaaaah regarde y'a un viking !"

... o tempora ...

C'est difficilement que j'ai pu l'empêcher de l'accrocher au mur une fois artistiquement décorée comme une R5 tunée, et il a boudé un fameux moment. Jusqu'à ce qu'on aille se coucher en fait...

... o mores ....

Bon, je t'avoue, je regrette quand même pas mon achat. Parce que le hard-rockeur, même boudeur, une fois couché ben ça t'a le câlin viril et décidé, et même si ça sent un peu fort tu le laisses prendre les choses, toutes les choses, en main, et Rock'n'Roll !! Enfin j'me comprends.


Epilogue subreptice : Ce matin sur Ebay j'ai posé une enchère pour la batterie. Qu'on peut jouer avec un autre jeu ... que j'y ai mis une enchère dessus aussi ... et je me suis acheté un tatouage de Hell's angels en décalcomanie. Groaaaaar.


Marie-Laetitia GAMBIE


_____________________

(1) Edge, c'est THE méchant pleutre à crinière rousse de la WWE. Ouvre ton Google et va chercher bonheur à testostérone. Amateuses (littéralement a-mateuses d'ailleurs) de chétifs à lunettes s'abstenir ... Moi j'aime le poil et je le vis bien.
Par Marie-Laetitia Gambié - Publié dans : J'me marre
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Samedi 21 mars 2009
qui agitent la Suisse, décidément toujours enfermée dans sa bulle, concerne l'inhumation de Griselidis Real au Cimetière des Rois.
Le cimetière des rois, c'est un peu le père Lachaise des Helvètes, encore qu'il y ait sur le territoire de la confédération helvétique tant de défunts célèbres qu'on a dû les disséminer un peu partout. Mais bon, on trouve aux Rois les plus fameux des fameux, de Calvin à Borges en passant par Davy, Lachenal, Piaget ou François Simon.
Or donc, les édiles de la ville ont décidé de faire une place dans ce cimetière à madame Réal, essentiellement connue pour avoir pris la tête de la "révolution des prostituées" dans les années 70 à Paris, et à partir du début des années 80 en Suisse.
Une partie de ceux  et celles qui l'ont cotoyée vantent son humanité et son courage, ainsi que ses qualités d'écrivain. D'autres, témoins eux aussi de son activisme, émettent de solides réserves.
La question qui est au coeur du débat est simple. Ses qualités d'écrivain, discutables (ses livres sont des autobiographies, certainement intéressantes du point de vue du témoignage mais loin des oeuvres littéraires d'un Borgès) ne justifient pas son entrée au panthéon. Son activisme, son militantisme visant à faire reconnaître la prostitution comme un libre choix et, selon ses propres termes, un acte révolutionnaire, n'apparaissent pas forcément à tous - et surtout à toutes, comme le meilleur moyen de défendre la cause des femmes.
Alors, les os de l'égérie des péripatéticiennes doivent-ils cotoyer ceux des grands auteurs, scientifiques ou artistes qui reposent tranquillement dans les allées ombragées du Cimetière des Rois ?
Très franchement, qu'est-ce que ça peut bien foutre ? Ne serait-il pas plus judicieux, pour les uns et les autres, d'employer leurs énergies à soulager la misère des femmes (et des hommes) effectivement contraints (tes) à la prostitution, par la force ou par la misère, plutôt qu'à se battre autour d'un symbole dérisoire ?
Par Marie Rennard - Publié dans : Vous vous en foutez mais ...
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Vendredi 20 mars 2009
Eric Besson, ancien membre du Parti Socialiste rallié à l’UMP, et désormais à la tête du ministère de l’Intégration, de l’Identité Nationale et du Développement Solidaire (sic), a récemment imaginé d’offrir un titre de séjour aux immigrants clandestins qui accepteraient de dénoncer ceux qui les ont aidés à prendre pied sur le territoire français.

Nous n’usons d’italiques que parce qu’Eric Lefebvre, porte parole de l’UMP, vaguement conscient peut-être de l’énormité du propos, a pris la peine, pour venir en aide à son collègue Besson, d’expliquer aux illettrés choqués que nous sommes et qui bêtement nous insurgions, la substantielle différence qui existe entre dénonciation et délation.

« Si la délation est condamnable car se faisant au détriment de gens honnêtes, la dénonciation est un devoir républicain prévu dans la loi et permettant de lutter contre les délinquants »  nous dit-il.

Voilà bien les politiques, qui se prétendent lexicographes et font mentir les dictionnaires.

Or que disent les dictionnaires, et tout d’abord l’essentiel TLF  ? Que la délation est « une dénonciation, généralement secrète, dictée par des motifs vils et méprisables ».


Littré  lui-même, définit la délation comme « une dénonciation, mais toujours en mauvaise part », et ne nous donne comme définition de la dénonciation que deux synonymes, « accusation et délation ».


On le voit, la différence entre les deux termes est la seule appréciation subjective de la portée morale de l’acte, changeante selon les temps, les circonstances, les gouvernements, et la morale de chacun. Rajoutons à cela que celui qui est victime de dénonciation, pour quelque cause que ce soit, en éprouve des effets variables selon, entre autres, son éducation, sa couleur de peau, son sexe, sa position sociale ou son influence, et on comprendra, sans doute, que la justice ne peut, et ne doit pas fonctionner sur l’exercice des passions de voisinage ou la promesse d’une récompense.


Messieurs Besson et Lefebvre auront beau rajouter, et ils auront raison, que la dénonciation est également un terme de droit criminel qui désigne - toujours suivant la définition de Littré « la déclaration, faite à la justice, d’un crime ou d’un délit par celui qui en a connaissance », ils ne pourront que reconnaître l’infamie, l’ignominie du procédé, admettre qu’une pratique qui n’est jamais associée qu’à des adjectifs particulièrement négatifs ne peut devenir un outil de justice, et déplorer avec nous qu’on trouve désormais un site web dédié à l’exercice de la dénonciation  ou des modèles de lettres d’accusation , que l’expéditeur aura soin de ne pas signer, dans le respect des traditions de ce type de littérature.


Marie RENNARD
Par Marie Rennard - Publié dans : Mot à maux
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Mardi 24 février 2009

 

Trois petits mots écrits sur un mail, send, je t’aime. Réception, je respire. Ça sent bon l’avenir. Flash-back sur nos nuits, ton regard, ta bouche. Tes lèvres quand elles bougent et me soufflent : on ne se quittera jamais, hein ? Pas tout de suite, pas encore. Et pour aller où d’abord ? Dans un monde sans ton rire qui éclate et résonne, tourbillon de confettis, tournicoti tournicota, qu’est-ce que deviendrait mon coeur sans toi ? Moi, je ne sais pas m’en occuper, il est trop délicat. C’est un cœur menteur, il ferait semblant. Il jouerait les durs, celui qui s’en remet, celui qui n’a pas peur, mais nous, on saurait bien que ce n’est pas vrai. Regarde-le cet abruti, à s’emballer dès qu’il reconnaît ton pas. Il tape, tape, "couchez" le pépère ! Pour un peu, il pisserait par terre. Tu ne le vois pas ? Mets ta main, juste là, sur mon sein. Ne t’y fie pas, il se cache, se terre, sous ma fière poitrine, barricade illusoire mais ô combien utile. Alors que tant d’autres se sont perdus sur ces monts, si peu ont creusé un peu plus profond, mettant à vif cet incorrigible sensible, bien planqué sous l’amas d’artifices arrogant. Tu le sens ? Parfois il s’emballe, quand il est content, comme lorsque ton nom s’affiche sur mon portable. Je le calme un peu, lui dis : "attends mon vieux, tu te précipites, attention au précipice ! S’il venait à te lâcher du haut d’une falaise, pour une grosse vache au regard de braise ?" Je le blâme, hors de question d’être trahie par mon propre organe. Et pourtant il exulte dès qu’il t’aperçoit. Ta démarche, ton odeur, le son de ta voix. Lorsque ma main caresse ta peau, cet ignoble crétin se prend pour un chamallow. Alors te quitter, à vrai dire je n’y songe pas. Il faudrait, promis tu te tais, que mon cœur puisse battre sans toi.

Marie-Christine BUFFAT
Par Marie-Christine Buffat - Publié dans : Polésies
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Jeudi 19 février 2009
 "Et alors maman ch'est quand que tu nous racontes la chuite de Grigri et Chaminou ?"

La phrase humide sort de la bouche empoucée de ma fille aînée qui me regarde d'un ton (si si je t'assure) suppliant depuis son lit...

Ouaaah dur ! Parce que ce soir justement, Maman elle est explosée au Myolastan et qu'elle se voyait bien aller mourir dans son bain avant d'échouer entre les mains expertes de l'homme sous une couette accueillante et chaude, écoutant d'une oreille plus que distraite le déroulement du téléfilm jusqu'à céder, enfin, aux avances éhontées de Morphée que même il serait goîtreux avec une jambe de bois Maman elle dirait oui .... Ben raté !

La deuxième merveille de mes jours, de la chambre attenante, reprend en choeur :
"mamaaaaan, tu racontes Grigri et Chaminou ce soir ? ils sont venus dans ta tête ?
- moooooffffffffgluuuuuurbps
- qu'est ce que tu dis maman ?
- à peu près moooooffffffffgluuuuuurbps mais en pire ... ?
- ça veut dire oui ?"

Là je sais que ma descendance ne me lâchera pas. Elle est unie. Elle est solidaire. Elle a sorti ses yeux de bébé phoque et de chaton PTT ... Je vois qu'elle est prête à tout pour m'extorquer la suite des aventures palpitantes dans les caves à fromage de ses deux personnages, que dis-je, ses HEROS. Et quelque part ça me fait chaud au coeur, et même plus que le myomyo qui quand même pétard me détend méchamment et ça fait du bien par où ça passe.

Je soupire comme une diva qu'on bisse, et me cale entre leurs deux portes.

Le viking que la petite avait capté ne compatit pas, il a même l'audace de s'installer tout à son aise et de sembler vouloir se fendre d'un bon rire, il ouvre un laaaaarge bec mais mon regard de serial killeuse le lui cloue illico presto. Un peu de sérieux, dame, je cherche !

Qu'est-ce que je vais ti bien pouvoir leur faire faire à ces deux-là ?

Histoire de gagner un peu de temps je me la joue "Previously ..." et je récapitule avec l'espoir - fol - qu'une fois repartie en arrière et remise sur les rails avec un peu d'élan, mon imagination débordante va accoucher d'une suite toute seule comme par enchantement ...

"Il était une fois ...
- tu dessines pas en même temps ce soir maman ?" tente la grande, soucieuse de m'accaparer dans SA chambre pour illustrer sur SON tableau mon propos.
- ah non pas ce soir ma douce.
- ooooh j'aime bien quand tu dessines en même temps
- ...
moooooffffffffgluuuuuurbps ne me coupe pas dans mon élan - mens-je effrontément.
...
- Vous vous rappelez où nous avons laissé Grigri et Chaminou la dernière fois ? lancé-je dans le but inavouable de m'entendre répondre ce "non" qui me contraindrait à leur resservir la même histoire que la dernière fois
- ouiiiiii, dans un stéréo parfait... bon cette fois-ci faut vraiment que je m'y colle hein...

Heureusement, au bout de quelques phrases un peu embrumées, la langue se délie et les idées se font plus claires. Je parle. Elles écoutent de toutes leurs fibres et à un moment je crois même que j'ai attrapé le Viking avec ! Je me prends au jeu. Je suis trop forte du monde ! J'ai même plus envie de m'arrêter. Je suis la nouvelle JKRowling et personne ne le sait. Chéri tu es en train d'assister à un truc de fous mais je ne t'en veux pas de bailler c'est l'effet de l'hypnose. Tous les trois boivent mes paroles, je sens que je suis prête pour une émission enfantine en direct live, je suis super chaude.


Chéri titube.
Je reprends mes esprits. Je sors de la transe.

Les deux poucinettes réclament à grands cris la suite ! la suite !
Je suis belle, je souris et mon meilleur profil c'est lequel déjà ?
Je les embrasse sous les acclamations et quitte la scène, royale, pour rejoindre la baignoire. Je sens que je tiens un truc très fort.

Quand même, pour un best-seller international traduit en 50 langues, je vais devoir trouver un meilleur titre. Le bain me délasse, putain ce que ce sera bon quand j'aurai une baignoire à remous dans notre ranch.

"Chériiiiii ???
- mmmmfffffffff ....
- Je crois que je vais devoir reprendre mon nom de jeune fille mon amour ....
-
mmmmfffffffff ????!!!
- Non franchement ... Marie-Laetitia Gambié en japonais c'est imprononçable"


Marie-Laetitia GAMBIE
Par Marie-Laetitia Gambié - Publié dans : Je fantasme si j'veux
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Mardi 10 février 2009
Asseyons-nous côte à côte, nos souffles à l’unisson, sur la mousse tiède et jaunie. Le soleil descendra bientôt derrière la grange, disque, croissant, rai rouge qui s’éteint, obscurité montante. Nos pupilles s’accoutumeront à la nuit qui se tend.

Les constellations d'août, que tu découvres avec ravissement, et quelques-étoiles filantes, éclats de voix parmi les murmures, transperceront bientôt tout-à-fait les ténèbres.

Nous verrons apparaître les bêtes que nos peurs oublient le jour, l’ombre difforme d’une araignée en équilibre sur le fil du muret, le vol éreinté d’une chauve-souris qui semble se hisser à chaque battement d’ailes puis retomber abattue, nageuse exsangue, en zigzags erratiques.

C’est alors seulement, avec beaucoup de chance, humbles et transparentes, figées, ne respirant que par la bouche, que nous pourrons apercevoir très loin à l’orée des bosquets communaux la biche dont je te parlais hier, avec ses deux faons, tu sais ? Cette grâce inquiète qui la fait se mouvoir si souplement émeut tant nos regards que toute la nature autour semble se resserrer sur elle.

Lorsqu’elle sera repartie, désaltérée ou effrayée par nos bruits domestiques – la ville est proche – nos yeux obnubilés n’auront pas perçu la nuit se refermant sur nous. Nous aurons froid comme après un rêve.

Je prendrai ta petite main dans la mienne pour que tu n’aies pas peur. Nous rentrerons, chuchotant à peine, le pas léger étouffé par les herbes que je tarde à couper, fendant les chants des criquets qui se taisent puis reprennent après nous.


Marie-Laetitia Gambié
Par Marie-Laetitia Gambié - Publié dans : Des jolies choses et tout c'qu'on peut po dire
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Lundi 26 janvier 2009

Et voici la bouille de Marie-Christine, adorable isn't she ?


Marie-Laetitia Gambié
Par Marie-Laetitia Gambié - Publié dans : Vous vous en foutez mais ...
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Jeudi 22 janvier 2009
Ben oui, j'y reviens. Parce que chaque fois ça me navre. Nâvre, même.
Jusqu'à présent, et depuis quelques années, on évaluait en CE2 et en 6ème les "acquis" de nos enfants. Je passe sur ce que je pense desdites évaluations, vous le savez déjà, ou bien faites comme si. Désormais, on va également évaluer leurs acquis fondamentaux en CM2. J'ai téléchargé hier ces évaluations, parce que je suis curieuse, et parce que quand je lis que des enseignants s'insurgent qu'on soumette aux élèves ces exercices - qui portent sur la totalité du programme de l'année, dès le mois de Janvier, je m'interroge.
Un enfant de dix ans - environ, qu'on soit en janvier ou en décembre n'y change pas grand chose, ne peut plus identifier un plus que parfait parce qu'il ne l'a pas encore appris.
Ca devrait pas me surprendre, j'ai été prof, j'ai trois gosses, y'a un moment que j'ai compris.
Notre école primaire, laique, publique et obligatoire a été l'un des meilleurs systèmes éducatifs du monde, celle qui donnait les mêmes chances à un fils de prolo qu'aux enfants des nantis. Elle est devenue, par l'intercession d'une longue succession de réformateurs, une machine à rendre con les plus brillants - dont quelques uns survivent malgré tout, et encore plus cons les pas très reluisants. On n'apprend plus à l'école ni à avoir la tête bien faite, ni même bien pleine. Malgré tous les efforts de nombre d'enseignants qui voudraient bien - mais qu'on contraint à travailler de façon tellement incohérente qu'ils n'ont aucune chance d'y arriver. On continue à faire redoubler des gosses à tour de bras (et peut être pas si fiers de la méthode, puisque la France a refusé de rendre publics ses chiffres pour l'année dernière), on persiste à ne leur rien enseigner, mais à leur faire tout découvrir par l'intercession d'intervenants - l'écologie, le recyclage des déchets, les méfaits de la cigarette, l'indispensable attention à l'équilibre alimentaire, les OGM, les MST, je t'en passe et des meilleures, et sans capote.
S'intéresse-t-on à la respiration des mamifères qu'au lieu de se pencher sur un manuel de biologie, on enferme un hamster dans une cage transparente qu'on vide d'air d'un petit coup de pompe, et on laisse la classe constater que ça nique la bestiole. Et les poissons alors ? Ben suffit de virer sur le bord du bureau le poisson rouge qui jusque là tournait paisiblement dans son bocal quand on part en récré, et on verra bien dans vingt minutes si qu'y respire encore.
Sûr qu'après ça, y'a peu de temps pour le plus que parfait. Déjà, pour le présent, c'est pas gagné. Pourquoi ? Essayez, vous, de comprendre quelque chose aux conjugaisons en apprenant d'abord les trois personnes du singulier du présent, pour poursuivre avec les mêmes à l'imparfait et au futur avant de passer, trois mois plus tard, aux personnes du pluriel... brillant hein ?
Chaque fois que j'essaie de comprendre le pourquoi de ce genre de méthodes, je me fais une syncope. Trop dur pour moi. D'autant que dès le collège, on passe - avec l'apprentissage du passé simple, et même, vers la troisième, du subjonctif, à des notions de linguistique que j'aurais pensé réservées à des spécialistes. Tiens, l'autre jour, mon plus jeune, en quatrième, devait retrouver dans un texte des "référents déictiques". Si, et si l'un d'entre vous sait ce que c'est sans aller chercher comme des cons(1), je m'engage à fermer ma gueule ad vitam au sujet de l'école.
Bref, tout ça pour dire que c'est un beau gâchis, tous ces gosses tout neufs qu'on leur laisse aux mains de l'école, et qu'elle nous immole dès la maternelle au nom d'idéologies à la con dont on n'a rien à battre.  D'autant que si l'Education Nationale compte, comme tous les corps, quelques bras cassés, elle regorge aussi d'enseignants qui vouraient bien qu'on les laisse enseigner. Misère.


Marie RENNARD

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(1) Il va de soi que je parle de lecteurs dont la linguistique n'est pas le métier.
Par Marie Rennard - Publié dans : Petits déboires ordinaires de citoyennes
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Mercredi 21 janvier 2009
Moi j'dis ça comme ça hein, mais y'un fil qui tourne sur les blogs des Princesses .... vi vi .... paraît que certaines mettent leur trogne en photo, mais pour quelques jours seulement .... mais j'ai rien dit hein, c'est pas moi !


Marie-Laetitia
Par Marie-Laetitia Gambié - Publié dans : Vous vous en foutez mais ...
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